Archives du mot-clé Cinéma

À l’écoute du piano Clara Haskil

Les mercredis du cinéma. La critique de midi – Hélène Lavoyer

Le 7 janvier 1895, à Bucarest (Roumanie), naissait Clara Haskil. Démontrant une disponibilité pour la musique dès son plus jeune âge, elle deviendra la pianiste interprète des grands compositeurs tels que Brahms, Mozart, Schubert ou Scarlatti. Discrète de son vivant, c’est sa capacité d’interprétation qui a subsisté et s’est imposé grâce à un style unique, d’une pureté transcendant le concret pour s’occuper, sans artifices, de musique. La légende Haskil brûle encore d’un feu vif dans le monde musical, comme à Vevey où le concours international Clara Haskil décerne, parfois, un prix qui ne se mérite pas uniquement grâce à la technique mais surtout à l’interprétation même. À l’occasion de la 27ème édition, le réalisateur Pierre-Olivier François livre le portrait d’une femme à la vie mouvementée et au caractère indomptable.

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« La Planète des singes : Suprématie »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 2 octobre 2017, 20h30 – 21h00

« Je t’ai offert la paix, et tu as tué ma famille. »

Après les deux premiers épisodes des Origines et de l’Affrontement, César vit au cœur d’une forêt reculée avec sa tribu de singes. Malgré l’isolement de ces derniers, le colonel McCullough et sa milice indépendante voient toujours en eux une menace pour l’humanité. Une nuit, ils leur lancent une attaque secrète pour imposer l’autorité des hommes. La lutte, bien que brève, provoque la mort tragique de nombreux singes, dont celle l’épouse et de l’aîné de César.

Le chef du clan avait offert la paix au colonel, mais suite aux événements, l’heure des représailles arrive. Submergé par la haine, César s’aventure à sa recherche. Il est accompagné dans la quête assoiffée de vengeance par trois sages et vaillants compagnons de diverses races simiennes : Maurice, Rocket et Luca. La route est longue, dure, douteuse. Elle ne manque pas de surprises, qui finissent par mener le singe face à l’ennemi ; dans des conditions terribles, vers des révélations inattendues.

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« Valerian et la Cité des mille planètes »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 7 août 2017, 20h30 – 21h00

« Faites la paix avec votre passé ou vous n’aurez pas d’avenir. »

Alpha, une station cosmopolite. Au fil des siècles, tous les peuples terrestres puis extraterrestres s’y sont posés. Son organisation onusienne présente administrations et ministères d’une grandeur pour le moins spatiale. Parmi ses fonctionnaires les plus vaillants, elle compte les jeunes agents Valerian (Dane DeHaan) et Laureline (Cara Delevingne). Après une opération rocambolesque au « Big market » à cheval entre diverses dimensions, les deux se voient confier une nouvelle mission : protéger le Commandeur Filitt, chef des armées.

Une menace s’est en effet incrustée dans la station. Une espèce de peuple inconnue y occupe une zone dont aucune force de l’ordre n’est parvenue à sortir. Mystère absolu jusqu’au moment où ces êtres aux allures d’avatars cameroniens surgissent en plein conseil de sécurité, paralysent tous les gardes et enlèvent le Commandeur. Valerian doit le sauver coûte que coûte. En outre, il est certain d’avoir déjà connu ces étrangers en songe. De là commence pour le héros une aventure vers les profondeurs du risque et de son âme. Laureline, non moins son amoureuse que sa collaboratrice, le suit.

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« Dunkerque», et les visages de la guerre

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 7 août 2017, 20h30 – 21h00

« Ce film est dédié à tous ceux dont la vie a été ébranlée à Dunkerque. »

La rue est déserte. Seuls quelques coups de feu retentissent dans le silence de la mort. Des cadavres de papier volent çà et là. Un jeune soldat anglais court, seul. Il rejoint la plage pour quitter ce bastion de défaite : Dunkerque. Les Allemands ont pris en otage les Alliés. Enfermés comme des rats au bord de la mer, ce sont 400’000 hommes qui attendent le salut, qui « attendent un miracle ».

En parallèle, des bateaux de plaisance britanniques s’engagent pour aller libérer leurs soldats ; les destroyers ne suffisant pas. Quarante infimes kilomètres divisent les deux côtes, mais les bombes des avions de l’Axe compliquent fortement la mission. C’est de ce fait dans l’air que se joue la troisième histoire de Dunkerque. Un preux aviateur de la Royal Air Force, quasiment à vide de carburant, virevolte dans un combat sans merci pour protéger les bateaux et la plage de l’ennemi.

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« Wonder Woman»

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 3 juillet 2017, 20h30 – 21h00

« Tu as été mon plus grand amour ; aujourd’hui tu es mon plus grand désespoir. »

Diana (Gal Gadot), princesse de Themiscyra, court à travers une île peuplée uniquement de femmes charmantes, fortes et sveltes. Enfant déjà, elle rêve de se battre comme toutes les autres Amazones. Sa mère, la reine Hyppolite, s’y oppose. Cette petite, née de l’argile et du souffle de Zeus, ne doit pas être mêlée au monde de la guerre, dont les hommes sont responsables à cause d’Arès.

En conscience toutefois du danger que court la tribu de femmes entourée d’un monde perverti, Antiope, sœur de la reine, entraîne sa nièce plus durement que les autres guerrières. Diana a grandi tout en merveille. Elle aperçoit un jour un avion s’effondrer en mer. Habile, elle plonge au secours du pilote. Un espion américain.

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« Le Procès du siècle » et l’exigence de vérité

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« La voix de la souffrance sera entendue. »

Le professeur Deborah Lipstadt (Rachel Weisz) enseigne l’histoire et la littérature juives à l’Université Emory d’Atlanta. La mémoire de l’Holocauste n’est, pour elle, pas seulement une tâche de son métier. C’est un devoir moral. Une vérité à reconnaître comme telle. L’historien anglais à succès, David Irving (Timothy Spall), n’a pas choisi la même direction. Il préfère « remettre en cause les affirmations de la bien-pensance », selon ses dires. Cette témérité le mène progressivement jusqu’au négationnisme pur et dur. Il est prêt à tout pour proclamer sa construction idéologique au sein des plus hautes sphères intellectuelles. Résultat : il colle un procès à sa rivale sémite, qui a impunément critiqué ses ouvrages. Sans concession.

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Rencontre avec Stéphane Marti

Le Regard Libre N° spécial Langue française – Loris S. Musumeci

Stéphane Marti est professeur de littératures française et latine ainsi que de cinéma et photographie pour l’Atelier du Regard qu’il a fondé au Lycée-Collège des Creusets de Sion, en Valais. Amoureux du septième art, il préside la Fondation Fellini. Ses nombreux engagements pour l’art et la culture lui ont valu de nombreuses gratitudes telles que la médaille d’argent de l’Académie des Arts-Sciences-Lettres ou le titre de Cavaliere OSI de la République italienne. C’est un homme simple, dévoué et passionné qui répond généreusement à nos questions.

Loris S. Musumeci : Y a-t-il concurrence entre littérature et cinéma dans une société qui est désormais davantage tournée vers les écrans que plongée dans les livres ?

Stéphane Marti : J’aimerais simplement rappeler que la littérature et le cinéma ne peuvent se concevoir sous le mode de la concurrence. Le mot « littérature » apparaît au XIIe siècle et concerne le savoir issu des livres. La dimension esthétique liée au vocable de « littérature » ne prendra vraiment tout son sens qu’à l’aube du Grand Siècle pour prendre peu à peu la valeur qu’elle a aujourd’hui en tant que travail d’invention ou de réinvention des moyens d’expression et de communication de la langue, cet alliage fabuleux de l’idée avec la musique des mots. Je préfère le terme grec de poïèsis, plus puissant et plus juste, pour signifier le travail créatif de l’artiste, écrivain, musicien, peintre, réalisateur, sans oublier l’orateur qui déploie le langage dans l’espace sonore de l’agora. Notre société est noyée dans un maelström d’images et très curieusement ignore le fonctionnement et les effets de celles-ci. Les images s’accumulent et constituent aujourd’hui, du fait de l’accroissement des technologies de communication et de l’accessibilité à celles-ci, une masse incommensurable et parfaitement insignifiante : chaque usager des technologies contemporaines de communication produit des milliers d’images et de « films » où il est en général l’acteur principal du monde, ou plutôt de son monde. La lecture d’un livre est un acte de liberté, et comme l’affirmait Montaigne, une forme suprême de bonheur, un voyage intérieur vers des espaces plus vastes encore que les Amériques des conquérants. Choisir de passer un heure ou deux dans une salle obscure et entrer dans le point de vue d’un autre, adopter le regard d’un autre sur le monde s’approche aussi d’une forme de lecture, une volonté de trouver une route dans cette jungle d’images, celles qui peuvent nous faire rêver et nous arracher un moment à notre condition. N’oublions pas que le cinéma est né la même année que l’aviation, deux moyens de transport, certes fort différents, l’un esthétique, l’autre industriel, mais tout à fait capables de survoler le monde. Lire la suite Rencontre avec Stéphane Marti