Archives par mot-clé : clint eastwood

Avec «La Mule», Clint Eastwood n’a plus rien à prouver

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dix ans après Gran Torino, Clint Eastwood (88 ans) revient à l’écran avec La Mule, dont il assure également la réalisation. Coup de projecteur sur un coup de maître, à voir de toute urgence.

Earl Stone est un octogénaire ayant passé sa vie dans l’horticulture. Les orchidées constituent sa passion au point qu’il leur a consacré tout son temps, au détriment de sa famille. Sa fille ne lui parle plus depuis des années, son ex-épouse est totalement dévastée elle aussi. Ruiné et solitaire, le vieil homme accepte alors un petit boulot qui ne lui demande en apparence que de faire le chauffeur. Sauf que son coffre contient de la cocaïne, et qu’il devient, d’abord sans le savoir, la mule d’un des plus grands cartels de drogue du Mexique. S’ensuivent pour Earl une dizaine de courses plus dangereuses les unes que les autres, un séjour chez le grand boss du cartel, prostituées et viagra inclus, une partie de cache-cache avec le FBI et, surtout, une tentative de rattraper le passé avec ses proches.

Lire la suite de la critique

Le 15h17 pour Paris

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Après American Sniper et Sully, Clint Eastwood se penche à nouveau sur des héros américains modernes peu connus du grand public dans Le 15h17 pour Paris. Mais cette fois, sa réalisation est différente puisque ce ne sont pas des acteurs qui interprètent des personnages, mais les protagonistes d’un événement qui jouent leur propre rôle. Ce long-métrage est une remise en scène de l’attentat déjoué dans un train du 21 août 2015 à destination de Paris.

Continuer la lecture de Le 15h17 pour Paris

Western et mélancolie: «Lucky»

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Jamais aucun film n’avait réussi à capter cette atmosphère-là. En un tour de force admirable, John Carroll Lynch signe un long-métrage qui restera comme la première trace d’un nouveau genre, mais aussi la dernière. Lucky est une œuvre complète et réunit tous les ingrédients pour allier western et mélancolie. Notre article grand format.

Lucky est la première réalisation de John Carroll Lynch, un acteur déjà confirmé dans le cinéma américain, qui a tourné auprès des plus grands, à l’instar de Clint Eastwood. Avec ce premier long-métrage s’inscrivant dans le cinéma indépendant, Lynch s’empare d’un genre qu’il est tant difficile de renouveler, défi qu’il relève néanmoins avec succès: le western.

Il y a un fait qu’on ne peut pas négliger. L’acteur nonagénaire se trouvant au centre de Lucky, portant d’ailleurs le même nom, qui est son sujet comme son objet, est décédé le 15 septembre, entre la fin du tournage et la sortie du film. Moi-même, je ne le savais pas au moment de la projection. Mais à l’écriture de cette critique, cette dimension funèbre prend tout son sens et son importance, car nous avons bien affaire à un film hommage. Continuer la lecture de Western et mélancolie: «Lucky»

« Hostile », ou quand le cinéma ose dépasser la frontière des genres

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Il fallait oser. Marier en un film le cinéma d’épouvante fantastique et le drame romantique. Tel a été le défi de Mathieu Turi avec son premier long-métrage. Ce jeune cinéaste français se lance dans une carrière prometteuse : le film qu’il a présenté hier soir au NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival) succède à une expérience cinématographique remarquable. Fort de deux courts métrages qui ont marqué les mémoires, Mathieu Turi a travaillé comme assistant réalisateur auprès de géants tels que Clint Eastwood, Quentin Tarantino ou encore Woody Allen.

Hostile, c’est l’histoire d’une femme écorchée par les épreuves de la vie, qui se retrouve enfermée dans son véhicule suite à un accident. Une situation catastrophique, d’autant plus que l’humanité se trouve à un stade de reconstruction post-apocalyptique et que des créatures inquiétantes rodent la nuit pour déchiqueter toute présence humaine. Le huis clos que nous propose Mathieu Turi est un film d’horreur habilement ficelé. Surtout, il est composé d’une autre dimension fondamentale : une série de « flash-back » romantiques. Continuer la lecture de « Hostile », ou quand le cinéma ose dépasser la frontière des genres

« Sully », du grand Clint Eastwood

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Sully retrace l’épisode réel du pilote américain Chesley Sullenberger, qui, le 15 janvier 2009, à New York, dut faire face à une situation inédite dans toute l’histoire de l’aviation : une collision avec des oiseaux avait provoqué la perte des deux réacteurs de l’avion, quelques instants après le décollage. Sullenberger, entre instinct et expérience, opta pour un amerrissage d’urgence sur le fleuve Hudson. Un choix fou, s’inscrivant contre le protocole. Tous les passagers survécurent.

Rien que cet événement aurait pu inspirer à Clint Eastwood le chef d’oeuvre actuellement sur les écrans. Or ce sont les conséquences du 15 janvier 2009 qui restent les plus intéressantes et qui se trouvent au centre de l’intrigue de Sully : si la presse comme l’opinion populaire saluèrent dès le début l’exploit du commandant Sullenberger, le Conseil national de la sécurité des transports, lui, estime que le pilote aurait pu choisir une option moins dangereuse que celle d’un amerrissage sur le fleuve, et ouvre l’enquête. Continuer la lecture de « Sully », du grand Clint Eastwood