Archives par mot-clé : deuil

«Shutter Island», ou le poids d’un deuil amoureux

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Leonardo DiCaprio – Jonas Follonier

La puissance d’un film comme Shutter Island n’est plus à démontrer. De même pour le talent de son acteur-vedette, Leonardo DiCaprio. Tout est réussi dans ce film, à commencer par l’incertitude qu’il réussit à maintenir chez le spectateur, jusqu’à la fin. Faisant de cette œuvre la sœur d’Inception, portée par le même Leo et sortie aussi en 2010. Mais ce qui fait la force de Shutter Island, c’est le deuil amoureux qui est en filigrane. Ce thème a été trop peu commenté. Alors «let’s go».

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«The Grudge»: quel est l’intérêt des films d’horreur?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Quand quelqu’un meurt la rage au ventre, une malédiction advient.»

Classique dans ses caractéristiques, The Grudge est un vrai film d’horreur qui fonctionne comme un film d’horreur, avec les codes du film d’horreur. Nicolas Pesce donne d’ailleurs suite avec sa réalisation à la trilogie mythique du cinéma d’épouvante qui porte le même titre, qui elle-même est tirée du Grudge originelle venant du Japon. Cette série de cinq films est désormais devenue une tradition. Et ça marche toujours. Parce que vraiment, ça fait peur!

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Comment te dire «Adieu»?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Ce n’est pas le cancer qui tue, c’est la peur.» 

Comment dire adieu à une personne qui est sur le point de prendre la route pour une destination dont elle ne reviendra jamais? Comment dire adieu à sa grand-mère à qui on a diagnostiqué un cancer en phase terminale, et qui se croit malgré tout en parfaite santé? L’Adieu (The Farewell) raconte les adieux de toute une famille à sa matriache, entre les rires et les larmes.

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Sandrine Perroud sort son premier roman

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Active dans la vulgarisation scientifique, férue d’écriture journalistique et de musique à ses heures perdues, Sandrine Perroud, Lausannoise de trente-sept ans, sort Les esprits aux Editions de l’Aire. Son premier roman et l’intelligence qui se dégage de cette femme lorsqu’on discute avec elle annoncent un itinéraire littéraire prometteur.

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«François, portrait d’un absent»: un prix Décembre d’amitié

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #2

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

«Ça arrive comme une vague.
Cette nuit-là, j’ai compris ce qu’était une voix blanche. La voix de Jérôme était blanche.
Maintenant, les souvenirs affluent. Ça arrive comme une vague.»

François est mort, emporté par une vague, avec sa fille Bahia. François faisait du cinéma et de la radio. François était un fou de l’existence. Il fumait, buvait; aimait la vie, le travail, la précision. Il était «beau et contradictoire». Dans un livre à la frontière entre l’essai, le témoignage, la poésie et le roman, Michaël Ferrier peint le récit d’une amitié. D’aventures en anecdotes, sourire aux lèvres et larme à l’œil, le portrait d’un absent fait irruption sur la page blanche pour offrir à celui qui n’est plus une présence dans la littérature.

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«Casse-Noisette et les Quatre Royaumes»: un film-féérie en deux actes

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

C’est la veille de Noël, la jeune Clara (Mackenzie Foy) reçoit de son père (Matthew Macfadyen) un présent que la mère de Clara, désormais défunte, avait préparé pour elle: un coffret argenté en forme d’œuf. Seul bémol, il manque la clef pour l’ouvrir. Ça tombe bien, parce que la famille doit se rendre à la somptueuse fête de Drosselmeyer (interprété par un magnifique Morgan Freeman), le parrain de Clara, et c’est lui-même qui a confectionné cet œuf. La recherche de cette clef entraînera la jeune fille dans un royaume peuplé de souris, de soldats et de doux et gentils habitants qui l’aideront dans sa quête. Mais attention, les apparences sont souvent trompeuses.

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« Hotel Jugoslavija » : un regard sur la Yougoslavie et sa nudité

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Il y a la grande Histoire, celle qui dirige ; et il y a la petite Histoire, celle qui subit, celle des gens. »

Nicolas Wagnières traite d’un bâtiment de la grande Histoire, l’Hotel Jugoslavija à Belgrade. Le film est pourtant de l’ordre de la petite Histoire. Ce documentaire n’a en effet rien d’un article encyclopédique qui voudrait se consacrer à la connaissance de l’édifice lui donnant son titre. Le réalisateur livre un regard personnel de la Yougoslavie et de l’hôtel qui le hante, si symbolique à ses yeux d’un temps révolu. Il présente à l’écran également l’Histoire « des gens », ceux qui ont cru en la fédération yougoslave, qui ont porté dans leur cœur l’Hotel Jugoslavija, mais qui ont subi aussi la mort d’une nation et qui la voient aujourd’hui nue et détruite.

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Angélique Eggenschwiler: «Je conçois la langue comme un absolu»

Les lettres romandes du mardi – Jonas Follonier

Angélique Eggenschwiler est une étudiante en anthropologie et chroniqueuse au quotidien La Liberté. Native de Fribourg, elle a publié son premier ouvrage il y a deux ans aux Editions de l’Hèbe. Parfum de Térébenthine est un recueil de petits textes « adulescents », comme elle aime le préciser elle-même, se situant entre la prose et la poésie. Portés par la cohérence d’une tristesse sensuelle, ce sont de petits portraits humains que nous propose la jeune femme de vingt-cinq ans, que nous avons rencontrée la semaine dernière à Neuchâtel.

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« Notre-Dame des égarées », jusqu’au silence éternel

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

« Hélène surtout, Provençale dont les parents s’étaient établis ici, ville qui était alors française, a proclamé : « Je suis du Rhône, vaille que vaille ! » Quant à Karel, issu de Prague, il est désigné à jamais comme « homme du Rhin » par la piquante demoiselle. »

Elle est du Rhône, il est du Rhin. Ils se rencontrent dans le Colmar occupé de la fin du XIXsiècle. Les deux travaillent dans le pensionnat « très sélect » pour filles. Elle enseigne le latin et le français ; lui la musique. Leurs regards se croisent. Le sentiment amoureux n’est pas direct, mais finit par s’imposer comme une évidence. L’amour advient, meut les corps, et les unit au soir de la Saint-Sylvestre. Le résultat : « Stella vient de naître en ce 10 octobre 1894 ».

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Philippe Forest : « De certaines expériences extrêmes, on ne peut jamais rien dire »

Le Regard Libre N° 37 – Loris S. Musumeci

Philippe Forest est un homme de lettres reconnu pour ses amples connaissances en la matière. Il est professeur de littérature et contribue à de prestigieuses revues telles que la NRF. Depuis la mort de sa fille, Pauline, arrachée à la vie toute petite par un cancer, Philippe Forest a commencé à écrire des romans, liant la démarche du deuil à celle de l’écriture. Après plusieurs grands succès, comme son premier roman, L’Enfant éternel (1997), ou Sarinagara (2004), l’auteur se livre à une réflexion romanesque sur l’oubli. Nous l’avons rencontré à Fribourg.

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