Archives par mot-clé : dystopie

«The dead don’t die», chef-d’œuvre ou navet?

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

Qu’ont en commun Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Steve Buscemi, Tom Waits et même Iggy Pop? Une gueule, certes. Une filmographie prestigieuse, évidemment. Et les faveurs du réalisateur Jim Jarmusch, également. Dirigés à plusieurs reprises par ce dernier, c’est dans The dead don’t die, présenté en ouverture et en compétition pour la Palme d’or au festival de Cannes 2019, qu’il a fait le choix de réunir toutes ses «muses». Un casting détonnant, des partis pris audacieux, une esthétique résolument kitsch, une morale ambigüe et un humour pour le moins particulier: on frise le nanare ou on effleure le génie. C’est selon.

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«Simili-love», la quête d’un homme

Les bouquins du mardi – Ivan Garcia

Dans un monde – à quelques années près – de notre quotidien, contrôlé par une multinationale gargantuesque, Maxime, scénariste de séries télévisées désenchanté et aliéné, vit une idylle avec Jane, une androïde. A travers cette romance à doses de Simili-love, le protagoniste finit par avancer, à la recherche de son humanité, au sein d’une civilisation en ruines.

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«Le complot contre l’Amérique»

Le Regard Libre N° 43 – Clément Guntern

Dossier spécial Philip Roth (1/4)

La dystopie de Philip Roth, auteur mondialement reconnu et apprécié, peint la vie dans une Amérique devenue antisémite. L’histoire modifiée révèle nos angoisses, brise nos certitudes et ravive une peur qui jusque-là sommeillait en nous.

Le livre de Philip Roth, publié en 2004 aux Etats-Unis, ne fait certainement pas partie de ses œuvres les plus connues ou que l’on citerait spontanément en discutant de la trace qu’il a laissée pour la littérature. Pourtant, tout autant que d’autres, Le Complot contre l’Amérique a sa place entre Pastorale américaine (1997) et La Tache (2000). Les préoccupations qui ont jalonné son œuvre y sont présentes, comme la place du Juif ou le rôle de l’histoire. Mais ce roman reste surtout celui de la peur, celle qui plane sur nous en permanence et pour toujours.

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« Cómprame un revólver» ou l’enfance volée

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Virginia Eufemi

Mexique, à une date indéterminée, les narcotrafiquants ont pris le pouvoir d’une zone désertique du pays. Dans une caravane près d’un stade de baseball vivent un père et sa fille âgée de huit ans environ (Matilde Hernández Guinea) ; l’homme (Rogelio Sosa) doit entretenir le terrain – dont l’ordre détonne avec le chaos ambiant – et être au service de la bande sans pitié de dealers. Dans ce carré de monde ravagé par la violence et la terreur, il n’y a plus de femmes. Elles sont enlevées, comme la mère et la sœur aînée de notre petite protagoniste et narratrice.

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