Archives par mot-clé : ennui

«Flammes sur #Lesbos», le livre que l’on aurait voulu aimer

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

Il y a des bouquins qui, sur le papier, auraient tout pour plaire. C’est le cas de Flammes sur #Lesbos. Le concept de narration «roman-reportage» est original, le thème de la migration en Grèce mérite d’être mis en lumière et les probabilités d’enrichissement après lecture promettent d’être hautes. Et pourtant… on s’ennuie de bout en bout. Du moins, cela a été mon cas. A garder: les brillantes prises de position des différents personnages et l’analyse pertinente de la situation sur l’île de Lesbos. Pour le surplus, je rangerai cet ouvrage dans la case  «excellent reportage», mais malheureusement pas dans «roman».

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«Sankhara», une expérience à méditer

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«Je n’étais plus seule et libre pour toute ma vie à venir. Je me devais d’être là et de préserver cette sécurité pour eux. Ce n’était pas bien clair et je croyais à l’époque en vouloir à Sébastien d’avoir encore cette vie sociale dont je ne disposais plus. Il essayait de me comprendre, me proposait de prendre le relais quand il rentrait, de m’échapper un peu… Pour aller où? Faire les magasins? Voir des amies? Elles qui ne parlaient que de mes bébés et du travail que je devais avoir avec des jumeaux? Je n’en avais aucune envie. […] Je me sentais grosse et fatiguée. Comme si j’avais encore mes bébés à l’intérieur. J’étais vide et pleine à la fois. Quand je ne m’occupais plus des jumeaux, quand je ne les nourrissais pas, quand je ne les berçais pas, mon corps était inutile et laid. Il n’avait plus d’existence hormis celle que lui donnaient mes enfants.»

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Madame Bovary, c’est nous!

Les bouquins du mardi – Edition spéciale «Les coronarétrospectives de la littérature» – Jonas Follonier

J’attendais avec impatience d’écrire un jour sur Madame Bovary, mon roman préféré même si je ne l’ai jamais vraiment lu (voir plus bas). Selon moi, il n’y a pas de chose d’importance qui ait été écrite et qui ne soit pas contenue dans cette œuvre de Flaubert. Un livre sur rien, mais où tout est présent, sur fond d’ennui et de répétitions. Commentaire.

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«Stalker»: un classique métaphorique de Tarkovski à (re)découvrir

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: La coronarétrospective du cinéma vous présente Tarkovski – Jonas Follonier

«Qu’était-ce exactement? La Chute d’une météorite? Des visiteurs venus du fin fond du Cosmos? Quoi qu’il en soit, notre pays qui n’est pas bien grand vit apparaître une chose inouïe – ce qui a été appelé la Zone. Nous avons commencé par y envoyer des troupes. Nul n’en est revenu. Alors nous l’avons bouclée à l’aide d’importantes forces de police… Et sans doute avons-nous bien fait. Au reste, je n’en sais rien… C’était un fragment d’une interview du Prix Nobel professeur Walles.»

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«Une affaire de famille», un grand film malgré l’ennui

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une affaire de famille, c’est une histoire de famille, une histoire de vols, une histoire de tendresse, une histoire de secrets. Osamu est à la tête d’une famille défavorisée de cinq personnes qui vit dans une pièce aux allures de trou à rat. En honnête homme, non seulement il travaille au quotidien à des cambriolages mesurés, mais il forme aussi son fils à cette activité. 

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De la souffrance à l’ennui

La citation de la semaine – Jonas Follonier

« La vie oscille, comme un pendule, de la souffrance à l’ennui. »

Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation

Oui, mais la souffrance comme l’ennui sont de puissants moteurs de création artistique !

Crédit photo : © Jonas Follonier

« Foxtrot », entre absurdité et humanité

Festival International de Films de Fribourg – Jonas Follonier

Foxtrot fait partie des très bons crus proposés à la trente-deuxième édition du Festival International de Films de Fribourg (FIFF). Celui-ci a descerné hier le Grand Prix du jury à Black level. Le public, quant à lui, s’est prononcé pour le long-métrage What will people say. Foxtrot, salué aussi bien par les critiques internationales que par les spectateurs fribourgeois, aurait mérité de figurer parmi les gagnants.

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«Faute d’amour», un film qui en dit long sur les maux de notre époque

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Genia (Mariana Spivak) et Boris (Alexeï Rozin) s’apprêtent à divorcer, chacun étant embarqué dans une nouvelle aventure sentimentale. Leur fils Aliocha (Matveï Novikov), douze ans, n’en peut plus de leurs disputes et sanglote en silence. Il manque si cruellement d’amour de la part de ses parents que ceux-ci mettront du temps à remarquer sa fugue. Ou son enlèvement, qui sait. Sa disparition ne va cependant rien arranger à la haine que les époux en voie de séparation se vouent l’un pour l’autre.

Faute d’amour, c’est le film que la presse francophone adule en ce moment à une quasi-unanmitié. Il faut dire que ce cinquième long métrage du cinéaste russe Andreï Zviaguintsev a remporté le Prix du Jury au Festival de Cannes. La force de ce film? Son réalisme, d’une part, et son art, d’autre part. Deux éléments qui, bien assemblés, donnent lieu à un chef d’œuvre – ne pensons qu’à Flaubert dans le domaine de la littérature, qui a réussi à glisser le plus grand génie littéraire dans Madame Bovary, un roman a priori difficile à lire par l’ennui qui lui est intrinsèque.

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