Archives par mot-clé : fanny agostino

«La Cravate»: les idées sacrifiées

Les mercredis du cinéma– Fanny Agostino

Ah, les affiches de campagne. Municipales, fédérales ou présidentielles, elles ont toutes en commun ces quelques traits: grand sourire, regard tourné vers l’horizon, arrière-plan neutre, slogan inspiré par un semblant de renouveau et de belles promesses. Mais vous êtes-vous déjà interrogé sur la vie des petites mains qui ont imprimé, distribué puis collé ces affiches? Mathias Théry et Etienne Chaillou se sont intéressés à la cuisine interne des partis politiques français. En suivant l’itinéraire d’un militant du Front National avant et après la campagne de 2017, ce documentaire surprend. Il évite en effet les clichés et les idées reçues de ces vies minuscules condamnées à vivre dans l’ombre du jeu politique et de ses cercles privilégiés.  

Lire la suite de la critique (en libre accès)

«Shadow Game»: la réalité des mineurs clandestins

Les plateformes ciné du samedi – Fanny Agostino

Après leur moyen-métrage De deal (2018) consacré à l’accord passé entre l’Union européenne et la Turquie pour contrôler les flux migratoires entre les îles grecques et l’Anatolie, le tandem hollandais formé par Eefje Blankevoort et Els van Driel continue son examen de la question migratoire à travers sa dimension humaine et sociale. Enquêtrices de terrain, elles nous invitent à comprendre et à suivre le pari dangereux que se sont lancé de jeunes adolescents. Une aventure sans retour que ces derniers nomment «the walking game»: un défi consistant à franchir les frontières ultra sécurisées de la route des Balkans pour rejoindre l’Europe. A n’importe quel prix. Un regard inédit sur les migrants mineurs non accompagnés et leur parcours.

Lire la critique (en libre accès)

«Yalda», quand la téléréalité révèle les coutumes

Les mercredis du cinéma – Fanny Agostino

Le nom de Massoud Bakhshi ne nous est pas familier. Pourtant, le second long-métrage de ce réalisateur iranien pourrait l’imposer dans le champ cinématographique mondial. Après s’être emparé du fossé culturel entre l’Europe et l’Iran à travers la trajectoire d’un universitaire dans Une famille respectable (2012), Bakhshi s’inspire d’un programme télévisé iranien nommé «Lune de miel». Celui-ci permettait à des individus condamnés à mort d’être graciés par la famille de la victime en direct. Sur le modèle de The Voice, le public pouvait se saisir de son téléphone et juger de la sincérité de l’acte de repentance du criminel. Si le cinéaste nous expose un univers dont notre lecture sera forcément dystopique, les codes et les pratiques iraniens sont découverts par le prisme de la téléréalité et permettent d’accéder à une réalité culturelle invisible au cinéma.

Lire la critique (en libre accès)

«Idiot Prayer : Nick Cave Alone at Alexandra Palace», la grâce comme horizon

ARTICLE LONG FORMAT, Fanny Agostino | Longtemps peu enclin à répondre aux questions des journalistes, Nick Cave s’inspire de conversations avec son public pour repenser quarante ans de carrière sous la forme piano-voix. L’australien dispense un récital solitaire en toute transparence. Une confidence magnifique, sans échappatoire et sans tricherie.

Ce contenu est réservé à nos abonnés.

Déjà un compte? Connexion

Pas encore de compte? Voir nos différentes formules d’abonnement

«Bâtards»: un «Black Mirror» édition romande

Article inédit – Fanny Agostino

Depuis un mois, les résidents suisses peuvent accéder à la nouvelle plateforme de streaming de la SSR baptisée «Play Suisse». Avec son interface similaire à celle de Netflix, elle permet de visionner gratuitement des productions helvétiques. C’est le cas de la websérie Bâtards. Dans un décor lunaire et dystopique, des enfants abandonnés se battent dans une télé-réalité pour être adoptés par un couple de célébrités, jusqu’à ce qu’une prise d’otage fasse tout basculer. Un scénario ambitieux qui aurait mérité de se développer dans un format plus long.  

Lire la suite de la critique (en libre accès)

«The Fall»: la série policière avec un coup d’avance

Le Netflix & chill du samedi – Fanny Agostino

Diffusée entre 2013 et 2016, The Fall peut être considérée comme l’une des meilleures réussites dans le genre du polar de cette dernière décennie. Proposant un thriller ne trahissant ni ses promesses, ni sa complexité au fil de ces trois saisons, ce petit bijou britannique nous plonge dans les bas-fonds d’une enquête morbide: une chasse au serial-killer dans les dédales de Belfast, en Irlande du Nord. D’apparence classique, cette production surprend au regard de la profondeur de ses personnages et de la mise en image de la mécanique judiciaire.

Lire la suite de la critique (en libre accès)

«Le bonheur des uns» fait le malheur du spectateur

Les mercredis du cinéma – Fanny Agostino

L’axiome est renversé, mais tout le monde reconnaîtra le proverbe. D’une logique désespérante et cumulant les clichés affligeants, le film de Daniel Cohen est aussi attendu et démonstratif que son titre. Dans cette comédie où le succès du premier roman d’une femme attise la jalousie de ses proches, tout se rapporte à l’aposiopèse.

Lire la critique

«Petite sœur»: quand la Suisse fait du cinéma

Les mercredis du cinéma – Fanny Agostino

Sélectionné pour représenter la Suisse aux Oscars l’année prochaine, Petite sœur, réalisé par le duo féminin lausannois composé par Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, narre la lutte d’une sœur aux côtés de son frère atteint d’une leucémie. Un film solaire, à rebours de ce que l’on pourrait attendre d’un récit où la maladie est le chamboulement causal du drame.

Lire la critique (en libre accès)

«The Bling Ring»: tout ce qui brille… sinon rien

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Sofia Coppola – Fanny Agostino

Entre 2008 et 2009, un groupe d’adolescents californiens défraie la chronique grâce à ses braquages nocturnes; ils ciblent des célébrités comme Paris Hilton ou Megan Fox afin de se servir en bijoux et habits de haute couture pour un montant estimé à trois millions de dollars. Aussi tape-à-l’œil que son titre, le film de Sofia Coppola s’inspirant des faits ne transcendera pas ces teenagers qui font corps avec la société de consommation et la pure jouissance de l’instant.

Lire la rétrospective

«La Route»: le chemin sans fin

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: La coronarétrospective du cinéma d’anticipation – Fanny Agostino

Adaptation du roman écrit par Cormac McCarthy, La Route suit le tragique destin d’un père et de son fils. Destin guidé par une fuite quotidienne alors que le monde n’est plus qu’un vaste terrain vague, dévasté par une catastrophe naturelle. Dans la crasse et la poussière, sous la menace permanente des autres survivants. Vivre avant tout, pour rejoindre le sud et un avenir.

Lire la rétrospective