Archives du mot-clé guerre

Mouvement déterminé

La citation de la semaine – Loris S. Musumeci

« Son mouvement est déterminé, sa tête parfaitement droite. Ce qu’Albert voit, surtout, c’est son regard clair et direct, au lieutenant. Totalement résolu. Tout s’éclaire d’un coup, toute l’histoire. C’est à cet instant qu’Albert comprend qu’il va mourir. »

Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut 

© Loris S. Musumeci pour Le Regard Libre

« Foxtrot », entre absurdité et humanité

Festival International de Films de Fribourg – Jonas Follonier

Foxtrot fait partie des très bons crus proposés à la trente-deuxième édition du Festival International de Films de Fribourg (FIFF). Celui-ci a descerné hier le Grand Prix du jury à Black level. Le public, quant à lui, s’est prononcé pour le long-métrage What will people say. Foxtrot, salué aussi bien par les critiques internationales que par les spectateurs fribourgeois, aurait mérité de figurer parmi les gagnants.

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« L’Insulte », un procès volé

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Je vous préviens, il doit s’excuser. »

Toni (Adel Karam) est fier. Sa femme attend un enfant et il économise pour acheter l’appartement où vivra sereinement la famille. Son garage de mécanicien est à deux pas du bâtiment. Les heures supplémentaires ne font pas peur à ce chrétien libanais qui voit le travail comme une grâce. Yasser (Kamel El Basha) est aussi fier et travailleur que Toni. Différence de base : c’est un réfugié palestinien musulman.

Un matin, la gouttière du balcon de Toni coule. Yasser, contremaître sur le chantier dans le quartier de ce dernier, lui demande de pouvoir effectuer les travaux nécessaires. Le chrétien refuse avec arrogance ; le musulman s’obstine est met quand même la gouttière aux normes. Vexé que la légère réparation se soit faite sans son autorisation, Toni casse à coups de marteau le travail de Yasser, lequel lui lance un « sale con ! ». Les tensions montent progressivement, jusqu’à en arriver aux poings. L’affaire finit au tribunal, dans un procès qui prend des proportions inattendues, convoquant l’histoire douloureuse des deux hommes et l’Histoire qui les a forgés.

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Le 15h17 pour Paris

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Après American Sniper et Sully, Clint Eastwood se penche à nouveau sur des héros américains modernes peu connus du grand public dans Le 15h17 pour Paris. Mais cette fois, sa réalisation est différente puisque ce ne sont pas des acteurs qui interprètent des personnages, mais les protagonistes d’un événement qui jouent leur propre rôle. Ce long-métrage est une remise en scène de l’attentat déjoué dans un train du 21 août 2015 à destination de Paris.

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« La Douleur », quand le flou dit tout

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Ce qui est sûr, évident, c’est que ce texte-là, il ne me semble pas pensable de l’avoir écrit durant l’attente de Robert. »

Juin 1944. Marguerite est écrivain. Elle attend son mari, Robert Antelme. Résistant, il a été arrêté par les collabos. Dans un Paris toujours occupé, la jeune femme maintient son engagement auprès du réseau de Résistance. Là, elle travaille au côté de Dyonis, meilleur ami de son mari, avec lequel elle semble entretenir une relation amoureuse ; distante, ambiguë, mais sensuelle.

Pour obtenir des informations sur Robert, Marguerite fréquente un agent français de la Gestapo, Pierre Rabier, qu’elle méprise. Lui, en revanche, paraît séduit par ses yeux, son écriture, son air mystérieux. Malgré tout, il tâche de lui soutirer des informations sur le réseau résistant. Elle reste discrète et prudente, au point d’en être malade d’angoisse. « Je suis son flic », se dit-elle en son for intérieur, lorsque la peur la quitte, et qu’elle pense prendre pouvoir sur le flic en question. Se sentant tous deux menacés l’un par l’autre, ils cessent de se voir. Reste néanmoins l’attente agonisante et douloureuse d’un mari peut-être mort, peut-être en vie ; peut-être aimé, peut-être haï.

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« Les Heures sombres », de Joe Wright

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

10 mai 1940, Winston Churchill devient le Premier Ministre du Royaume-Uni. Mais il n’est pas le premier choix, et l’heure est grave, car l’Europe est en guerre. C’est un Gary Oldman métamorphosé qui a eu la tâche exigeante, mais très réussie, d’endosser le rôle de l’indomptable et déterminé Churchill. L’acteur rend un hommage inimaginable à cette figure à la fois forte, mais aussi en proie à des moments de faiblesse et de vulnérabilité que le film met en scène avec brio.

En effet, le réalisateur Joe Wright a su insister sur le fait que Churchill est aussi un homme qui demeure seul dans ses idées et ses actes. Personne ne le soutient en ce début mai 1940. Ces heures sombres sont esthétiquement présentes, la plupart des scènes politiques se déroule en intérieur, avec des lumières tamisées et dans des pièces étroites. Du côté privé, Churchill se trouve dans de grands espaces avec de hautes fenêtres qui laissent généreusement le soleil illuminer le visage de ses proches. Lire la suite « Les Heures sombres », de Joe Wright

« Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Respire. Concentre-toi sur ce que tu ressens. Que vois-tu ? »

Le traditionnel incipit défile du milieu au haut de l’écran, en jaune, sous la glorieuse musique de John Williams, cependant que les troupes de la Résistance vivent d’énormes difficultés. Explosions. Missiles. La flotte du Premier Ordre est déterminée à détruire la base principale des bons, dirigée le vaillant général Leia Organa (la regrettée Carrie Fisher, disparue il y a une année). Les guerriers du Bien réussissent néanmoins à semer pour une durée incertaine l’ennemi, au prix de nombreux martyrs.

En parallèle, la jeune Rey (Daisy Ridley) arrive sur la planète isolée d’Ahch-To. Elle y est envoyée par la Résistance pour convaincre Luke Skywalker (Mark Hamill), dernier Jedi, de revenir y joindre son art du combat mystique et hors du commun, sans quoi celle-ci se retrouverait définitivement vaincue. Rey, en outre, cherche un maître pour la guider dans son mystérieux appel de la Force. La désespérance du héros d’autrefois le pousse à prononcer un refus catégorique au visage de la débutante. « Il est temps d’en finir avec les Jedi », lui affirme-t-il même.

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