Archives du mot-clé guerre

« Les Heures sombres », de Joe Wright

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

10 mai 1940, Winston Churchill devient le Premier Ministre du Royaume-Uni. Mais il n’est pas le premier choix, et l’heure est grave, car l’Europe est en guerre. C’est un Gary Oldman métamorphosé qui a eu la tâche exigeante, mais très réussie, d’endosser le rôle de l’indomptable et déterminé Churchill. L’acteur rend un hommage inimaginable à cette figure à la fois forte, mais aussi en proie à des moments de faiblesse et de vulnérabilité que le film met en scène avec brio.

En effet, le réalisateur Joe Wright a su insister sur le fait que Churchill est aussi un homme qui demeure seul dans ses idées et ses actes. Personne ne le soutient en ce début mai 1940. Ces heures sombres sont esthétiquement présentes, la plupart des scènes politiques se déroule en intérieur, avec des lumières tamisées et dans des pièces étroites. Du côté privé, Churchill se trouve dans de grands espaces avec de hautes fenêtres qui laissent généreusement le soleil illuminer le visage de ses proches. Lire la suite « Les Heures sombres », de Joe Wright

« Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Respire. Concentre-toi sur ce que tu ressens. Que vois-tu ? »

Le traditionnel incipit défile du milieu au haut de l’écran, en jaune, sous la glorieuse musique de John Williams, cependant que les troupes de la Résistance vivent d’énormes difficultés. Explosions. Missiles. La flotte du Premier Ordre est déterminée à détruire la base principale des bons, dirigée le vaillant général Leia Organa (la regrettée Carrie Fisher, disparue il y a une année). Les guerriers du Bien réussissent néanmoins à semer pour une durée incertaine l’ennemi, au prix de nombreux martyrs.

En parallèle, la jeune Rey (Daisy Ridley) arrive sur la planète isolée d’Ahch-To. Elle y est envoyée par la Résistance pour convaincre Luke Skywalker (Mark Hamill), dernier Jedi, de revenir y joindre son art du combat mystique et hors du commun, sans quoi celle-ci se retrouverait définitivement vaincue. Rey, en outre, cherche un maître pour la guider dans son mystérieux appel de la Force. La désespérance du héros d’autrefois le pousse à prononcer un refus catégorique au visage de la débutante. « Il est temps d’en finir avec les Jedi », lui affirme-t-il même.

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« Les Gardiennes » : plongée dans la vie féminine de la guerre

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Il faudra être forte demain. »

Alors qu’entre 1914 et 1918 des corps d’hommes jonchent le sol dans un silence de mort, une autre bataille se mène loin du front : celle de femmes ordinaires, à qui la guerre prit maris, pères, frères et amis. C’est par exemple l’histoire de « Madame Hortense » (Nathalie Baye) et de sa fille Manon (Laura Smet), qui afin de survivre continuent tout comme des milliers d’autres à travailler les champs abandonnés des hommes. La famille réside en France au « Paridier », un domaine agricole qu’elles maintiennent à la sueur de leur corps. Tout aurait été d’une plus grande difficulté si elles n’avaient pas engagé Francine (Iris Bry), petit bout de femme robuste et travailleuse.

Le fils de Madame Hortense – Georges (Cyril Descours) – revient en permission ; un amour sincère naît en lui pour Francine qui se retrouve aux anges. La fin de la guerre aurait pu permettre des retrouvailles, mais c’était sans compter l’effort de Madame Hortense pour placer des rumeurs de racolage avec des soldats américains sur Francine plutôt que sa fille Manon. Licenciée, humiliée et enceinte, Francine doit s’en aller. Elle mettra au monde son enfant, et l’orpheline deviendra mère célibataire à la voix douce et puissante, permettant aux couples de danser leurs retrouvailles.

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Le monde va-t-il aussi mal qu’on le pense ?

Le Regard Libre N° 33 – Clément Guntern

Il existe chez l’homme actuel une propension à penser que le monde, la société dans laquelle il vit, va au plus mal. Ce qu’il voit autour de lui ne le laisse guère accepter le contraire ; les guerres, les famines et la violence sont omniprésentes.

Il n’est pas nécessaire d’aller au bistrot pour l’entendre. Ce discours, si répandu dans les médias ou en politique, dépeint un monde empli de dangers et de catastrophes. Des intellectuels se mêlent aussi au concert des alarmistes se lamentant sur le monde dans lequel nous vivons. Des personnalité dont nous attendrions d’avoir la capacité d’analyser les problèmes contemporains se laissent dicter leurs propos par les sentiments du moment, tel l’ancien chef d’état-major des armées des États-Unis qui parlait il y a trois ans d’un monde qui n’avait « jamais été aussi dangereux qu’aujourd’hui ».

Peut-on effectivement dire que notre Terre n’a jamais si mal tourné ? Nous allons tenter d’apporter quelques éléments de réponse à cette grande question, en observant à cette fin quelques facteurs-clés sur l’état du monde. Nous nous baserons sur plusieurs mesures telles que les guerres, la pauvreté, la démocratie ou la violence, pour dresser un bilan sommaire de notre époque.

Nous n’avons jamais eu si peu de violence

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Le Moyen-Orient n’en est pas à bout de ses difficultés

Les lundis de l’actualité – Clément Guntern

Le Moyen-Orient n’en est pas à bout de ses difficultés. Les tensions entre les Etats ainsi qu’entre les différentes communautés religieuses ou ethniques apparaissent dans de nombreux pays. Une nouvelle ligne de front s’est ravivée ces dernières années avec une confrontation entre deux puissances régionales que sont l’Arabie saoudite et l’Iran. Ces deux Etats qui représentent chacun une communauté religieuse, respectivement le sunnisme et le chiisme, s’affrontent dans toute la région. La puissance iranienne qui a adopté une position plus agressive dans la région provoque la peur de son rival saoudien, qui voit la république islamique d’Iran se déployer dans tous les conflits.

L’équilibre de la région risque d’être perturbé et la contre-attaque saoudienne n’a pas tardé partout où l’Iran s’est engagé. Notamment au Yémen, où l’Iran soutient les rebelles contre le gouvernement. L’Arabie saoudite s’est vue obligée d’intervenir dans ce pays limitrophe avec le soutien de plusieurs autres pays arabes. En Syrie et en Irak également où le régime iranien a même déployé des hommes pour soutenir les gouvernements en place, chiites bien évidemment. Au Liban, finalement, où Téhéran soutien le groupe armé et parti politique Hezbollah, fervent chiite lui aussi. Lire la suite Le Moyen-Orient n’en est pas à bout de ses difficultés

La neutralité a-t-elle encore une utilité ?

Le Regard Libre N° 32 – Clément Guntern

La neutralité est un concept essentiel à l’existence même de la Suisse. Pourtant, nous pouvons nous questionner sur son utilité actuelle, dans une situation totalement différente que lors de son instauration. Y a-t-il des raisons pertinentes à son maintien ?

Dans une étude sur la sécurité publiée en 2017 par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), la population suisse affirme à 95% être attachée à la neutralité. Pourtant, si l’on observe le monde dans lequel nous vivons, il est de plus en plus difficile de trouver une utilité à la neutralité. Essayons donc de comprendre en quoi la neutralité n’est plus vraiment adaptée aux problèmes du monde qui nous entoure, en nous appuyant en partie sur les travaux du professeur René Schwok.

La neutralité suisse est une neutralité permanente. Que ce soit lors de périodes de conflits ou en temps de paix, la Suisse se considère comme neutre. Cependant, les règles qui régissent la neutralité de temps de paix et celle de temps de guerre sont bien différentes. On les nomme respectivement politique de neutralité et droit de la neutralité.

Droit de la neutralité

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« Au revoir là-haut »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« – C’est une longue histoire compliquée.
– On a tout notre temps. »

Les visages masqués d’une sombre et épaisse poussière sont ceux des soldats dans les tranchées en 1918. La fatigue, la peur et la misère les replient dans leur uniforme bleu. Un seul regard contrastant est aussi assuré que satisfait, élevé par la fumée d’une cigarette : le lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte). Sa fougue le pousse à envoyer des hommes au massacre.

Parmi eux, le jeune Edouard (Nahuel Pérez Biscayart), qui s’amuse à dessiner secrètement son supérieur de manière caricaturale, ainsi qu’un comptable plus âgé, Albert (Albert Dupontel), cachant les dessins de son camarade. En pleine attaque des Allemands, ce dernier se retrouve coincé sous la terre, affolée dans l’éclat d’une bombe, avec le cadavre d’un cheval. Son compagnon le sauve héroïquement, avant de n’être à son tour éjecté par une balle. Son visage est défiguré, en sang. La forme de sa bouche se découvre cruellement envahie par l’absence de mâchoire. Dès lors, les deux amis ne se quittent plus. Lire la suite « Au revoir là-haut »