Archives par mot-clé : guerre

«Midway»: vous m’avez déçu mon général!

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Midway raconte la guerre du Pacifique entre les Etats-Unis et le Japon pour se focaliser ensuite sur les premiers jours de juin 1942, sur la Bataille de Midway. Les Japonais, en supériorité, ont tendu un piège aux Américains, pour les achever une bonne fois pour toutes. Ils voulaient continuer leur campagne du Pacifique, sans avoir dans les pattes la puissance navale américaine qui n’était à l’époque encore que naissante. Question de chance, de vaillance et de bonnes opérations de décryptage des communications japonaises, les Américains ont fini par l’emporter de justesse, poussant les Japonais dans leur propre piège. Ils ont ainsi évité que «toute la côté est ne soit bombardée et ne parle japonais.»

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«Camille», documentaire sur la Centrafrique et le photojournalisme

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Camille est une jeune photo-reporter française. Elle a décidé de partir en Centrafrique pour couvrir sous forme de reportage photo les conflits qui s’y déroulent. La violence non seulement de la guerre civile, mais aussi de la solitude du photojournalisme qui ne permet jamais de véritable rencontre, vont la bouleverser. Camille est un film basé sur des faits réels.

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La vie d’AndrEas Altmann, un témoignage percutant

Les bouquins du mardi – Amélie Wauthier

De ses parents, Adreas Altmann n’avait gardé que l’exemplaire de Mein Kampf qu’avait reçu le couple pour son mariage. Un livre, et de mauvais souvenirs. 

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«A son image»: un roman en funérailles

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«De tous les chants de la messe de funérailles, le Sanctus est le seul dont les paroles ne subissent aucun changement parce qu’il n’y est pas question des hommes, de leur naissance et de leur mort, mais seulement du Seigneur, le Dieu des Armées. Les cieux et la terre sont remplis de Ta gloire– la caresse du bout des doigts sur les paupières, la pulpe de l’index. Simon regarde danser la flamme du cierge guettant toujours le sourire d’Antonia et il ferme les yeux. Dans la messe chantée aujourd’hui, telle qu’elle a été élaborée au cours des siècles dans un minuscule village du centre de la Corse, ce ne sont pas seulement les paroles du Sanctus qui sont immuables mais aussi sa mélodie si bien qu’en l’écoutant les yeux fermés, il est impossible de savoir si l’office auquel on assiste est celui des défunts ou celui des vivants.»

Corse, 2003: Antonia est retrouvée au fond d’un ravin. Sur la route de l’Ostriconi, éblouie par les rayons d’un doux soleil d’août, sa voiture s’est laissée aller à la chute dans le vide. La famille apprend la nouvelle; elle en est meurtrie. Plus particulièrement son oncle et parrain qui, outre la tristesse qui l’accable, doit affronter l’épreuve de célébrer les funérailles. Il est prêtre, malgré lui. Trop dur de faire le récit de la vie de la jeune femme. Il ne veut s’en tenir qu’à la simple et stricte liturgie. On n’en apprend pas moins qu’Antonia était photographe passionnée mais amère. Elle a rêvé toute sa vie de couvrir les grands événements du monde, telles les guerres. Elle l’a fait, en Yougoslavie. Sans résultat. Pour le reste, ses photos consistaient à raconter la vie locale; à couvrir les mariages de son objectif. 

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«Los Fantasmas Del Caribe» ou l’identité fragmentée

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Le passé fait que le présent est différent. Quelque part entre deux temps verbaux, deux époques, deux réalités, l’identité trouve malgré tout un fil fragile sur lequel progresser en équilibriste.

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L’«Indignation» de Philip Roth

Le Regard Libre N° 43 – Alexandre Wälti

Dossier spécial Philip Roth (3/4)

Mourir bêtement d’un coup de baïonnette par refus de subordination à n’importe quel ordre moral. Finir déchiqueté sur le champ de bataille comme un bout de viande parce qu’on a refusé l’inculcation d’une quelconque tradition. Est-ce que cela en vaut la peine? La question fait écho au terme «indignation» – le sentiment de colère qui soulève une action qui heurte la conscience morale, le sentiment de la justice – titre du roman de feu Philip Roth.

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«Capharnaüm»: entre désespoir et frustration

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

A environ douze ans, Zain s’enfuit de la maison après que son père et sa mère ont accepté d’offrir leur fille, Sahar, onze ans, à leur propriétaire. Mais les rues dans lesquelles déambule le «petit homme» n’ont rien, rien de semblable à celles que nous arpentons ici, en Suisse. Tout d’abord, parce que ce sont les rues de Beyrouth (Liban) et pas celles de Berne, de Bienne ou de Lausanne. Les rues de Beyrouth sont composées de bâtiments aux toits bas, aux portes de tissus ou de métal, cadenassées par des chaînes et sur le pas desquelles se tiennent inlassablement les voisins de paliers, les camarades de misère.

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Yémen : comment comprendre la situation actuelle

Les lundis de l’actualité – Hélène Lavoyer

Dès son étatisation en 1990, les conflits pourrissent le Yémen, terre millénaire, situé au sud de la péninsule d’Arabie. Entre guerres de religion, conflits civils, enjeux géopolitiques et économiques, les gouvernements en action sur le territoire se sont multipliés afin d’intervenir en faveur de l’un des groupes combattant pour le pouvoir. La situation insoutenable vécue par les Yéménites reste cependant un fantôme dans le paysage médiatique européen.

Drôle de surnom que celui d’« Arabie heureuse » porté par le Yémen. En effet, si la zone est l’une des plus irriguées de la péninsule arabique – c’est ce qui lui valut ce sobriquet –, elle n’en reste pas moins lieu d’insondables violences. Et ce, avant même la formation de l’Etat en 1990. Scindé en deux jusqu’alors, partagé entre la République arabe du Yémen – pour la partie nord – et la République démocratique populaire du Yémen. Continuer la lecture de Yémen : comment comprendre la situation actuelle

« Una questione privata »

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Ballotté entre les réminiscences du visage de Fulvia, dont les yeux seuls lui inspiraient bien plus de romances que les pages écorchées des livres qu’il traduisait, et l’actualité oppressante de la guerre contre les fascistes, Miton perce le brouillard insondable dont son quotidien est à présent constitué.

Engagé, déterminé, il n’aura de cesse de chercher l’un de ces « cafards » afin de l’échanger pour son ami de toujours. Mais de l’amitié ou de la souffrance née d’une trahison, laquelle des deux pousse le dandy à vouloir tant récupérer « son » Giorgio ? Car malgré l’amour et la fidélité portée vers lui, le retrouver signifierait également savoir : a-t-il aimé Fulvia, lui aussi ? Et à quel point ? Leurs escapades nocturnes, dont Milton n’avait connaissance, étaient-elles aussi innocentes que la farouche Fulvia ? Continuer la lecture de « Una questione privata »

« Hotel Jugoslavija » : un regard sur la Yougoslavie et sa nudité

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Il y a la grande Histoire, celle qui dirige ; et il y a la petite Histoire, celle qui subit, celle des gens. »

Nicolas Wagnières traite d’un bâtiment de la grande Histoire, l’Hotel Jugoslavija à Belgrade. Le film est pourtant de l’ordre de la petite Histoire. Ce documentaire n’a en effet rien d’un article encyclopédique qui voudrait se consacrer à la connaissance de l’édifice lui donnant son titre. Le réalisateur livre un regard personnel de la Yougoslavie et de l’hôtel qui le hante, si symbolique à ses yeux d’un temps révolu. Il présente à l’écran également l’Histoire « des gens », ceux qui ont cru en la fédération yougoslave, qui ont porté dans leur cœur l’Hotel Jugoslavija, mais qui ont subi aussi la mort d’une nation et qui la voient aujourd’hui nue et détruite.

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