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Gérald de Palmas : histoire d’un style

Le Regard Libre N° 29 – Jonas Follonier

A quarante-neuf ans, l’auteur-compositeur-interprète se place parmi les vedettes de la pop française de qualité. Actuellement en pleine tournée, durant laquelle il défend les titres de son dernier album, Gérald de Palmas cultive un véritable style musical.

Une substantifique pop rock, un son légèrement urbain, des guitares omniprésentes, une voix nasillarde mais harmonieuse : nous avons affaire à du de Palmas. Plus que quiconque dans la vague des chanteurs français de sa génération, Gérald Gardrinier – on comprend qu’il ait choisi un nom de scène, emprunté à sa grand-mère maternelle – possède ce qu’on appelle une « patte ». Une patte que l’on reconnaît aussitôt à l’écoute d’un de ses morceaux. Lire la suite Gérald de Palmas : histoire d’un style

« Rock ‘n roll », un film qui fait honte

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

L’idée de départ était bonne : créer une comédie sur soi-même, une satire autobiographique. Tel était le pari de Guillaume Canet, acteur et réalisateur français dans la vie et… dans le film en question. Dans son cinquième long-métrage, Canet n’est pas le seul à jouer son propre rôle : il s’entoure de sa compagne Marion Cotillard, de son ami producteur Alain Attal, du musicien Yodelice et compte sur la participation de stars telles que Kev Adams et un certain… Johnny Hallyday.

Dans cette auto-fiction, Guillaume Canet atteint la quarantaine et réalise, à cause de propos tenus par une jeune actrice sur un tournage, qu’il est passé dans la catégorie des vieux acteurs et qu’il n’est plus un objet de désir sexuel pour le public féminin. Il est fini, fichu. Il n’est plus rock. Pire encore : il ne l’a jamais été. Cette révélation sonnera le début d’un volonté pour le moins déjantée de changer son image et de paraître plus jeune. Lire la suite « Rock ‘n roll », un film qui fait honte

Sion sous les étoiles : une réussite !

Le Regard Libre N° 19 – Jonas Follonier

Du 15 au 18 juillet 2016, la plaine de Tourbillon a réuni quelque 45’000 personnes pour la troisième édition du festival Sion sous les étoiles. La scène sédunoise a vu se succéder notamment L.E.J, Maître Gims, Johnny Hallyday, Black M, Francis Cabrel, UB40, Alice on the Roof, Kendji Girac, Michel Polnareff, Pony Pony Run Run ou encore Indochine. Il y en a pour toutes les générations, mais aussi pour tous les goûts. Si je m’y suis rendu du vendredi au dimanche, c’est bien pour voir mes trois plus grandes idoles : Hallyday, Cabrel et Polnareff. Comme quoi, ce ne sont pas que de vieux chanteurs pour les vieux, mais avant tout des légendes vivantes qui, à elles seules, réunissent les générations.

Et Johnny en est le meilleur exemple. Le vendredi 15 juillet 2016 restera dans l’histoire du festival, tant le public fut unanimement abasourdi par la qualité du concert que nous a présenté le Taulier. Avant lui, c’est Maître Gims qui a fait le show, et mes préjugés le concernant se sont vite estompés : en effet, il a fait valoir une voix magnifique et une musique remarquable. Or l’ambiance a bel et bien changé une fois la nuit tombée, et il est bouleversant de vivre ce moment. A 22h30, la batterie du centre de la scène s’est élevée dans les airs, laissant arriver en-dessous Johnny Hallyday dans un nuage de fumée. Celui-ci commence son concert par l’une de ses dernières chansons, Rester vivant. Cela sonne vrai, cela donne. S’ensuit, impeccablement rodée, une série de tubes que tout le monde chante : de Noir c’est noir à L’envie en passant par Requiem pour un fou, Johnny ne chante pas seul, mais avec 15’000 choristes totalement fascinés. Lire la suite Sion sous les étoiles : une réussite !

Une chanson anti-hippies

La richesse de la chanson française (6/6)

Un article de Jonas Follonier paru dans Le Regard Libre N° 18

Pour le dernier volet de « La richesse de la chanson française », nous allons nous intéresser à une chanson de Johnny Hallyday. Plongeons-nous dans le contexte de 1966, une année importante car elle constitue pour moi le début de la période musicale la plus impressionnante de la chanson française du XXe siècle : 1966-1968.

En effet, c’est en l’espace de ces trois ans que vont éclore les titres les plus paradigmatiques de la nouvelle génération de chanteurs : La Poupée qui fait non, Love me, please love me, L’Amour avec toi et Le Bal des Laze de Michel Polnareff ; Les play-boys et Il est cinq heures, Paris s’éveille de Jacques Dutronc ; La Javanaise et Bonnie and Clyde de Serge Gainsbourg ; Noir c’est noir de Johnny Hallyday.

Or en 1966, ce dernier sort la chanson Cheveux longs et idées courtes dans l’album La génération perdue. Cette dernière a un destinataire précis : le chanteur barbu Antoine. Celui-ci, la même année, sort son premier succès : Les Elucubrations d’Antoine. Dans l’un de ses couplets, Antoine présente Johnny comme étant une idole démodée : « Tout devrait changer tout le temps / Le monde serait plus amusant / On verrait des avions dans les couloirs du métro / Et Johnny Hallyday en cage à Medrano. » Lire la suite Une chanson anti-hippies

Permettons Noël

Le Regard Libre N° spécial « Noël 2015 » – Jonas Follonier

« A vous autres, hommes faibles et merveilleux, Qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu. Il faut qu’une main posée sur votre épaule Vous pousse vers la vie, Cette main tendre et légère. » Ainsi s’ouvre la meilleure chanson du monde, Quelque chose de Tennessee. Ainsi s’ouvre notre édition spéciale NOËL 2015.

Les fêtes de fin d’année constituent la période où les familles se réunissent et où l’on clôt l’année en beauté, avec un flot d’amour et d’optimisme. Or au moment où l’on expose ses projets pour l’an prochain, où l’on revient sur les grands moments que nous avons vécus, où l’on s’émerveille des récits d’autrui, il y a des personnes qui souffrent de leur faiblesse, de leur vieillesse, de leur maladie, de leur solitude surtout. C’est le moment où l’homme qui n’a rien (ou croit ne rien avoir) a le plus conscience de ce néant. Lire la suite Permettons Noël

Les polnarévolutions

Article partagé par Michel Polnareff sur sa page Facebook le 4 août 2016.

Le Regard Libre N° 8 – Jonas Follonier

Qui est Michel Polnareff ? Que peut-on retenir de son œuvre, de ses révolutions musicales ? Tels seront les deux grands défis de cet article, auxquels je vous invite naturellement à vous intéresser : le jeu en vaut la chandelle. En effet, méfiez-vous de l’image que vous vous faites de cet homme, qui, bien au-delà de ses lunettes et cheveux blonds ondulés qui le caractérisent pour un public large, n’est rien d’autre qu’un génie.

C’est dans la froideur et la tristesse d’une enfance rythmée par le ceinturon facile de son père et la pression qu’il subissait quant à son niveau musical que le jeune Michel, très bon élève, s’avéra très vite (et dut surtout s’avérer) être un pianiste virtuose. La rigueur extrême et étouffante de son cadre familial le poussa à claquer la porte de son foyer à l’âge de vingt ans pour aller, beatnik, jouer de la guitare sur les marches du Sacré-Cœur.

Il est donc très important de bien prendre en compte l’ambivalence qu’il y eut durant son enfance entre le bagage musical classique qu’il acquit et la cruauté du père : par exemple, son fils lui ayant demandé qu’il lui achète une fleur pour l’offrir à une jeune fille qu’il convoitait, L. Polnareff alla acheter un cactus pour son fils pourtant très sage. Ce dernier pointant une mine surprise, l’autorité paternelle lui jeta le cactus à la figure. Lire la suite Les polnarévolutions

Birdy, une exception qui confirme la règle

Le Regard Libre N° 1 – Jonas Follonier

Dans notre période musicale marquée par des chansons éphémères, aux paroles ridicules et à la musique tout sauf créatrice, une virtuose mystérieuse nous laisse entrevoir un espoir éclatant : il s’agit d’une musicienne britannique qu’on nomme Birdy, auteur du tube récent Wings. Avouons qu’elle ne laisse pas indifférent : âgée d’à peine 17 ans lors de la sortie de son dernier album Fire Within, elle incarne ce qui caractérise les grands de ce monde : charme du corps et beauté de l’esprit, innovation et légère nostalgie, simplicité et profondeur.

Jasmine Van Den Bogaerde – c’est son véritable nom – est née en 1996 à Lymington. Elle apprit à jouer du piano avec sa mère dès l’âge de sept ans. Un an plus tard déjà, elle composait ses premières chansons. Ce souffle vivace qu’on retrouve chez les auteurs du Sturm und Drang allemand ou chez les compositeurs romantiques l’accompagnera jusqu’à ce jour dans un tourbillon de mélancolie, de cohérence musicale et d’aspiration à l’esthétique. Lire la suite Birdy, une exception qui confirme la règle