Sofia Coppola: la connaissez-vous vraiment?

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Les coronarétrospectives du cinéma – Indra Crittin

Quand on grandit dans une famille à la fibre artistique, aux côtés de celui que l’on surnomme le «Napoléon du cinéma», on est forcément plus enclin à vouloir faire des films! Bienvenue chez les Coppola, une dynastie qui s’étale sur trois générations d’artistes talentueux. Tandis que certains — comme c’est le cas pour Nicolas Cage, neveu de Francis Ford Coppola — ont préféré changer de nom pour se forger leur propre réputation, Sofia Coppola a depuis longtemps creusé son sillon, tout en conservant son patronyme. Portrait.

L’ascension puis la chute de «Domino»

Sa carrière d’actrice débute alors qu’elle a à peine un an, sous le pseudonyme de «Domino», dans la scène du baptême du Parrain (1972). Elle figure également dans les deux autres volets de la trilogie de son père; au total, elle participe au tournage de huit de ses films, dont Outsiders (1983) et Peggy Sue s’est mariée (1986). D’autres réalisateurs l’engagent sur leurs projets, notamment Tim Burton, pour un second rôle dans son court métrage Frankenweenie (1984).

Malgré sa performance qualifiée de désastreuse dans le second rôle qu’elle interprète dans Le Parrain 3 (1990) — peut-être n’aurait-elle pas dû remplacer l’actrice malade en dernière minute! — qui lui vaut les Razzie Awards de pire second rôle féminin et de pire révélation, Sofia Coppola continue d’apparaître devant la caméra. D’une part, dans des clips musicaux de groupes de rock, de Madonna ou encore des Chemical Brothers (clip réalisé par son futur premier mari, Spike Jonze); d’autre part, au casting du premier long métrage puis d’un clip insolite (Funky Squaredance de Phoenix) réalisé par son frère, Roman Coppola, ainsi que dans l’épisode I de Star Wars.

Sofia Coppola © Wikimedia

Passage derrière la caméra

Après avoir fréquenté une école d’art en Californie, elle se forme auprès de Karl Lagerfeld, à Paris. Si elle s’essaie à différentes choses — elle photographie entre autres pour le magazine Vogue et lance sa propre ligne de vêtements —, c’est en réalisant un court métrage qu’elle comprend que c’est une combinaison de ses intérêts avec le design, la photographie et la musique. Sa volonté de réaliser un film est née après avoir lu The Virgin Suicides, roman que Sofia Coppola adapte en 1999. La bande originale, composée par Air, reçoit plusieurs distinctions. Son succès critique se confirme quatre ans plus tard lorsque Lost in Translation remporte l’Oscar du meilleur scénario original, le César du meilleur film étranger ainsi que trois Golden Globes. Notons que c’est seulement la troisième femme nommée aux Oscars en tant que meilleure réalisatrice, succédant à Lina Wertmüller (Pasqualino, 1977) et Jane Campion (La Leçon de piano, 1994).

A Cannes, les critiques sont mitigées devant la diffusion du film biographique Marie Antoinette (2006), nouvelle adaptation d’un roman éponyme. Le futur Louis XVI est interprété par son cousin, Jason Schwartzman. On retrouve sa nièce, Gia Coppola, dans le département costume de Somewhere (2010), qui lui vaut le Lion d’or à Venise. Peu après, l’inspiration lui vient à la lecture d’un article publié dans Vanity Fair, révélant les agissements d’un gang de jeunes prêts à tout pour être célèbres. The Bling Ring voit donc le jour. Sa dernière adaptation à ce jour, qui a remporté le Prix de la mise en scène à Cannes en 2017, s’intitule Les Proies.

De plateaux de tournage en plateformes

Habituée des plateaux de tournage dès son plus jeune âge, Sofia Coppola a également réalisé des clips musicaux pour plusieurs groupes de rock, à l’instar de The Flaming Lips, The White Stripes et Phoenix (dont son mari Thomas Mars est chanteur). Son goût pour la culture «indépendante» n’empêche pas la diffusion de ses dernières productions sur deux célèbres plateformes: Netflix, pour sa comédie musicale A Very Murray Christmas (2015) et Apple TV, pour son septième long métrage actuellement en post-production, On the Rocks. De plus, la cinéaste a annoncé récemment son souhait de réaliser sa première série pour Apple TV: une adaptation du roman d’Edith Warthon Les beaux mariages (1913).

Des têtes familières

L’artiste a collaboré régulièrement avec l’actrice Kirsten Dunst (The Virgin Suicides) et Bill Murray (formant avec Scarlett Johansson un duo désormais célèbre dans Lost in Translation). Son cousin, Robert Carmine, elle le dirige à deux reprises, dans son court métrage Lick the Star (1998) ainsi que dans The Virgin Suicides. Sa société de production, American Zoetrope, à l’origine cofondée par son père et par George Lucas — qui ne fait depuis plus partie de l’équipe, ce qui lui permet désormais à elle et son frère de développer leurs projets. Elle est la (co-)scénariste de tous les films qu’elle a réalisés.

Après ce petit tour d’horizon, la rédaction vous propose de (re)découvrir son œuvre, avec:

The Bling Ring (2013)
Lost in Translation (2003)
Virgin Suicides (1999)
Les Proies (2017)

«Il semble que la plus grande difficulté soit de trouver la fin. N’essayez pas de la trouver, elle est déjà là.» Sofia Coppola

Ecrire à l’auteure: indra.crittin@leregardlibre.com

Crédit photo: © Pathé

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