JAK’S, un groupe de… indie garage power pop

Article inédit – Jonas Follonier

Rappelez-vous. Rappelez-vous cette époque ou ces histoires que vous ont racontées vos parents, oncles ou tantes. Ces années septante, puis ces années deux mille, où survenaient, telles des générations spontanées, des créations par centaines de groupes de garage rock. Depuis, du moins dans nos contrées helvétiques, ce style est quelque peu tombé en désuétude. Même si beaucoup de locaux continuent à créer du rock dans leurs garages, la mode voudrait que l’on intéresse davantage aux bières artisanales qu’on y brasse.

Alors, pour une fois, foin de mousses et place aux riffs de JAK’S. Apparu à Grenoble en 2014, ce trio français a un message on ne peut plus clair: «on aime ce qui va vite, ce qui frappe fort et ce qui reste irrésistiblement dans la tête!» Expérience confirmée à l’écoute de leur premier EP Act 1 – on dirait que le titre a été choisi exprès pour que les journalistes écrivent des redondances – sorti le 4 avril dernier. Les cinq titres qui composent cette aventure studio sont claquants, électriques, entraînants, dévergondés, directs.

Un brin nostalgiques, toutefois. Cette facette triste de la gaîté que l’on trouve dans le rock dès les années septante, justement. C’est la fête, mais elle est déjà finie, pourrait dire l’autre. Si My Head est clairement mélancolique, basée sur un rythme lent et des paroles languissantes, Lady Cocaïne et This Morning sont dans une espèce de jeu d’équilibre musical entre muscles et muscat. Another Love, la chanson qui ouvre le bal, et Let Me Go Away sont dans cette rapidité extrême où l’adolescence passe à tout allure. C’est la musique qui justement permet de la rendre éternelle. Les gens du garage rock sont d’éternels teenagers.

(De g. à d.) Joris, Olivier et David, membres du groupe JAK’S © ADLSR

Mais attention, attention, attention. Si l’on veut pinailler, on ne saurait parler simplement de garage rock – même si la pédale fuzz, génératrice des fameuses distorsions qui caractérisent le genre, est évidemment au rendez-vous. Selon la pochette – et le mec qui leur a filé cette étiquette, qui «met toujours des noms à rallonge pour les genres musicaux», comme me l’explique Joris, le batteur du groupe – JAK’S fait de l’indie garage power pop. «On a beaucoup d’influences indie rock, garage rock et power pop», précise ce dernier. D’accord, les gars. Personnellement, j’y ai vu aussi un peu de The Cure dans la voix. Sauf que parler de new wave serait hors sujet. Et de toute manière, The Cure n’est pas new wave.

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Passons. Quel plaisir d’apprendre de la bouche de ces garçons qu’ils tournent depuis six ans dans toute la France et… l’Europe de l’est. Les temps qui courent leur ayant joué un drôle de tour, toutes leurs dates qui étaient prévues pour présenter leur premier bébé ont été annulées. Et reportées à «on ne sait pas quand». Les trois membres du groupe profitent alors du confinement pour faire évoluer leurs morceaux et composer des trucs chacun dans leur coin, qu’ils mettent ensuite en commun. En fait, c’est comme ça qu’ils travaillent déjà à la base. «On enregistre des démos chacun de son côté, parfois juste des riffs, ensuite on se les envoie et on se retrouve en répétition pour les assembler et en faire quelque chose», détaille David, le guitariste.

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Vu qu’ils se sont retrouvés strictement coincés chez eux comme tous les Français, ils ont tenté une petite session musicale à distance, avec des cartes son et tout un matériel qu’il serait inutile de décrire. Résultat: bof, presque rien n’a fonctionné. Olivier, David et Joris se réjouissent donc de reprendre les nombreuses jams qui faisaient leur quotidien dans le fameux «monde d’avant». Et bien sûr de remonter sur scène. De notre côté, on se réjouit les voir en concert. Peut-être même en Suisse, tiens – JAK’S en a pris bonne note.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Image d’en-tête: JAK’S © ADLSR

JAK’S
Act 1

Autoproduction
2020
5 titres

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