Rubrique: Arts visuels
La journée: faire de sa vie une existence

La journée: faire de sa vie une existence

ARTICLE LONG FORMAT, Vinciane Vuilleumier | C’est l’aube d’un nouveau monde et la terre tremble. L’humain s’est emmêlé dans son propre cataclysme et ceux qui ont survécu se débattent dans la toile d’araignée: que doit être demain? On est en Allemagne, 1920. Le roi est tombé, les factions s’enflamment, l’un prend le pouvoir et puis c’est l’autre. L’individu est pièces rapportées, on se déchire et on se reprend comme on peut. Quelle expérience ce doit être, en vérité, de traverser une si violente tempête – le monde ne sera jamais plus comme avant, c’est vrai. L’homme et ses extases, l’homme et ses haines, l’homme et ses chimères – l’homme dans l’entre-deux qui ne peut que perdre pied.
Rencontre sur papier au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel

Rencontre sur papier au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel

ARTICLE LONG FORMAT, Aude Robert-Tissot | A la genèse d’une exposition collective se cache bien souvent une rencontre. Alors qu’elle séjourne de manière générale entre le commissaire de l’exposition et les artistes, ou du moins avec leur travail, parfois, la rencontre, la vraie, demeure entre les artistes invités. A la vue d’une des œuvres exposées au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, une intuition émerge: la rencontre entre deux artistes se distingue des autres; elle semble individuante.
L’art n’est pas seulement dans les musées

L’art n’est pas seulement dans les musées

ARTICLE LONG FORMAT, Vinciane Vuilleumier | On ne sait jamais où et quand l’art se présentera. L’idée peut paraître étrange à une étudiante en fin de master d’histoire de l’art, mais dans les faits, beaucoup de personnes ne pratiquent pas l’art des musées. Je le pratiquais peu aussi, à l’époque, avant de tomber dans les mots, dans tout ce que l’art muséal fait dire, penser et rêver. Le musée, c’est un lieu ouvert et public où on rassemble plein de choses qui sont supposées avoir du sens – et elles en ont, c’est vrai, quand on nous le dit.
Smallville sort les griffes

Smallville sort les griffes

Pablo Picasso, alors en pleine gloire, dessina un jour dans un restaurant un croquis à même la nappe. Le patron de l’établissement lui proposa de lui offrir son repas en contrepartie de son dessin et de sa signature. Picasso répondit très amusé et pas dupe qu’il pouvait s’acquitter de son repas avec son dessin, mais qu’il ne cherchait pas à acheter tout le restaurant avec sa signature. Une anecdote qui en dit long sur la place de la signature dans le marché de l’art et du vif intérêt qu’elle suscite chez les collectionneurs. Exposée fièrement, telle une part sacrée de son créateur, la signature représente souvent bien plus qu’une simple authentification. Reflet de la personnalité, l’autographe ou plus généralement la griffe peut posséder une certaine qualité plastique et esthétique. Signatures (X) est une exposition d’art contemporain du collectif d’artistes neuchâtelois Smallville.
Le dessin et les coutures de l’image

Le dessin et les coutures de l’image

ARTICLE LONG FORMAT, Vinciane Vuilleumier | Les œuvres sur papier exercent toujours sur moi une fascination particulière. Peut-être est-ce dû au fait que le support est toujours présent et joue un rôle actif dans l’image – il est l’espace négatif qu’on utilise pour faire jaillir la lumière, après tout. Sur une toile, une couche picturale lisse et unifiée laisse l’illusion qu’on est face à une image, seulement – la technique est si parfaite qu’elle masque l’objet et la création sous l’apparence d’une scène. Sur une feuille, les traces font émerger le dessin mais la surface marquée reste visible – son grain, sa teinte, les marques du temps et de l’usure, elle prête sa matière à la composition.
La beauté comme émotion

La beauté comme émotion

ARTICLE LONG FORMAT, Vinciane Vuilleumier | Les tableaux nous apprennent à voir. Ils exercent notre sensibilité: par les tableaux, le pays deviendra paysage. Alain Roger parle de l’artialisation in visu: les productions culturelles, artistiques ou littéraires, constituent dynamiquement des régimes de vision en nous montrant comme voir esthétiquement des portions du réel qu’on survolait jusqu’alors. Le premier pays a être devenu paysage, c’est la campagne, puis il y a eu le bord de mer, l’immensité de l’océan, le spectacle grandiose des Alpes. A force d’avoir vu de si belles représentations, on porte un œil neuf et sensible sur le réel lorsqu’il se présente dans ces formes contemplées ailleurs.