Rubrique: Philosophie
Le droit au blasphème, un concept contre-productif

Le droit au blasphème, un concept contre-productif

ARTICLE LONG FORMAT, Antoine Bernhard | Lors du massacre de «Charlie Hebdo» et du récent attentat de Conflans-Sainte-Honorine, un thème a envahi la scène politique et médiatique, surtout française: le «droit au blasphème». Ses défenseurs l’invoquent au nom de la laïcité et de la liberté d’expression, les islamistes en font un motif de plus pour détester la France et l’Occident. Certes, la formule est efficace. Mais qu’en est-il de sa pertinence?
Colère et tristesse virales de BHL

Colère et tristesse virales de BHL

Nous sommes tous d’accord. Nous marchons tous dans la même direction. Unis contre le coronavirus. Solidarité d’une humanité qui tremble face à une épidémie dite sans précédent. Nous sommes en guerre contre le coronavirus. Nous vaincrons à coups de masques et de flacons de gel hydro-alcoolique, et grâce à l’héroïsme de nos médecins. Amen! Le monde ne sera plus comme avant. #plusjamaisça! Hourra! L’humanité se lève dans un élan de prise de conscience sans précédent. Protégeons-nous, protégeons nos proches! Donnons-nous tous la main – euh… non pardon! gardons quand même un mètre de distance et bannissons tout contact physique… – pour dresser une barrière face au grand Satan qui avance pour nous tuer.
Cap sur la pensée d’Afrique noire

Cap sur la pensée d’Afrique noire

Les écrits sur la philosophie négro-africaine s’occupent surtout d’analyser dans quelle mesure elle existe. Il s’agit d’un débat complexe et sans fin. C’est pourquoi nous avons trouvé plus intéressant de dégager quelques éléments typiques de cette pensée. C’est une manière de couper ce nœud gordien pour aller à l’essentiel: philosophie ou pas, qu’est-ce qui caractérise la pensée de l’Afrique noire et en quoi a-t-elle apporté quelque chose à l’humanité?
La justice sociale, une justice?

La justice sociale, une justice?

En mai dernier, lors d’un discours en vidéoconférence qui prenait pour thème le financement du développement des pays pauvres, notre actuelle Présidente Simonetta Sommaruga a défendu son projet de société globale: moins inégale, plus durable et mieux capable de relever les défis que traînent à leur suite les changements sociétaux, au rang desquels la pandémie actuelle et le changement climatique. Mais si cette intervention banale m’a frappé, c’est qu’elle désirait aussi que le monde de demain fût… plus juste! Par-là, la conseillère fédérale socialiste n’entendait pas vraiment parler de justice, mais de justice sociale. Qu’est-ce donc que cette notion que l’on croise si souvent? Peut-elle entretenir un rapport avec la justice traditionnelle?
George Steiner: la pensée et l’homme

George Steiner: la pensée et l’homme

Le grand intellectuel George Steiner s’est éteint en février dernier. C’est toute une bibliothèque qui a brûlé avec lui. Heureusement, il n’en reste pas que des cendres, mais une série d’ouvrages capitaux, d’entretiens riches – et des esprits changés à jamais.
«99 francs»: un roman plus kundérien qu’il n’y paraît

«99 francs»: un roman plus kundérien qu’il n’y paraît

D’après le sociologue Michel Maffesoli, qui s’est exprimé dans l’émission «Face à l’info» du 9 mars dernier, nous nous trouvons au carrefour de deux époques; à un temps de la quantité sommes-nous peut-être en train de revenir à un temps de la qualité. Si tel est le cas, peut-être le XXIe siècle sera-t-il celui du roman, qui lui seul est capable d’exprimer les vérités non quantifiables. A de maints égards, et sans doute de façon surprenante, «99 francs», le roman de Frédéric Beigbeder dénonçant la tyrannie de la publicité et qui inaugure la trilogie mettant en scène Octave Parango, peut se lire selon cette conception-là du roman – celle Milan Kundera.