Rubrique: Philosophie
Le corps au temps du Covid-19

Le corps au temps du Covid-19

ARTICLE LONG FORMAT, Stéphanie Perruchoud | Dans l’attente de nouvelles mesures prises pour pallier aux difficultés liées à la situation sanitaire actuelle, un vent de consternation se fait de plus en plus ressentir. Nous nous demandons combien de temps cette situation durera, mais surtout combien de temps nous supporterons les distances sociales, le port du masque, l’éloignement de nos proches, ou encore le renoncement à certaines activités habituelles. Dans cette perspective, un paradoxe nous saisit – et moi la première : dans quelle mesure pouvons-nous préserver la santé du corps tout en renonçant à notre propre corps? Derrière ce paradoxe, il y a encore la question suivante: qu’est-ce qu’une vie humaine?
Les idées de réaction et de progrès chez Jean Starobinski

Les idées de réaction et de progrès chez Jean Starobinski

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Dans son essai Action et réaction. Vie et aventures d’un couple (1999), originalement composé, mais d’une ferme rigueur intellectuelle, le critique littéraire suisse Jean Starobinski revenait sur les concepts d’action et de réaction, et montrait comment ils avaient servi dans l’histoire des idées, tant scientifiques que médicales, psychologiques, littéraires, philosophiques et politiques. Il en consacrait le dernier chapitre à leur aspect politique. Il n’est pas inintéressant d’y revenir aujourd’hui, car en plus de servir d’illustration à l’Abrégé de métapolitique d’Alain Badiou, paru un an avant l’essai de Starobinski, il démontre la maniabilité aisée, surtout en politique, des termes d’action, ou de progrès, et de réaction, et que rien n’est plus trompeur que des mots d’une telle généralité. Par ailleurs, ils favorisent une tendance à scinder tout sujet politique en deux, toujours à quelques nuances près.
Le droit au blasphème, un concept contre-productif

Le droit au blasphème, un concept contre-productif

ARTICLE LONG FORMAT, Antoine Bernhard | Lors du massacre de «Charlie Hebdo» et du récent attentat de Conflans-Sainte-Honorine, un thème a envahi la scène politique et médiatique, surtout française: le «droit au blasphème». Ses défenseurs l’invoquent au nom de la laïcité et de la liberté d’expression, les islamistes en font un motif de plus pour détester la France et l’Occident. Certes, la formule est efficace. Mais qu’en est-il de sa pertinence?
Colère et tristesse virales de BHL

Colère et tristesse virales de BHL

Nous sommes tous d’accord. Nous marchons tous dans la même direction. Unis contre le coronavirus. Solidarité d’une humanité qui tremble face à une épidémie dite sans précédent. Nous sommes en guerre contre le coronavirus. Nous vaincrons à coups de masques et de flacons de gel hydro-alcoolique, et grâce à l’héroïsme de nos médecins. Amen! Le monde ne sera plus comme avant. #plusjamaisça! Hourra! L’humanité se lève dans un élan de prise de conscience sans précédent. Protégeons-nous, protégeons nos proches! Donnons-nous tous la main – euh… non pardon! gardons quand même un mètre de distance et bannissons tout contact physique… – pour dresser une barrière face au grand Satan qui avance pour nous tuer.
Cap sur la pensée d’Afrique noire

Cap sur la pensée d’Afrique noire

Les écrits sur la philosophie négro-africaine s’occupent surtout d’analyser dans quelle mesure elle existe. Il s’agit d’un débat complexe et sans fin. C’est pourquoi nous avons trouvé plus intéressant de dégager quelques éléments typiques de cette pensée. C’est une manière de couper ce nœud gordien pour aller à l’essentiel: philosophie ou pas, qu’est-ce qui caractérise la pensée de l’Afrique noire et en quoi a-t-elle apporté quelque chose à l’humanité?
La justice sociale, une justice?

La justice sociale, une justice?

En mai dernier, lors d’un discours en vidéoconférence qui prenait pour thème le financement du développement des pays pauvres, notre actuelle Présidente Simonetta Sommaruga a défendu son projet de société globale: moins inégale, plus durable et mieux capable de relever les défis que traînent à leur suite les changements sociétaux, au rang desquels la pandémie actuelle et le changement climatique. Mais si cette intervention banale m’a frappé, c’est qu’elle désirait aussi que le monde de demain fût… plus juste! Par-là, la conseillère fédérale socialiste n’entendait pas vraiment parler de justice, mais de justice sociale. Qu’est-ce donc que cette notion que l’on croise si souvent? Peut-elle entretenir un rapport avec la justice traditionnelle?