Archives par mot-clé : adaptation

«Si Beale Street pouvait parler»: un film qui parle par ses violons

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Un jeune couple marche. La caméra les suit en plan avion. Les violons de la bande originale l’accompagnent. Ils s’embrassent pudiquement. Coupure. On se retrouve en prison. L’amoureux, Fonny, est d’un côté de la vitrine. Elle, Tish, se trouve de l’autre côté. Elle vient le visiter pour lui annoncer une grande nouvelle malgré les circonstances. «On va avoir un bébé.» La vie n’est pas facile pour les Noirs de New York dans les années septante. Elle l’est encore moins pour une femme qui accumule les tares d’être dans la minorité raciale et d’être mère célibataire. Sa famille s’unit pour aider Fonny à sortir de prison. Il clame son innocence, si tant est qu’il soit vraiment innocent.

Continuer la lecture de «Si Beale Street pouvait parler»: un film qui parle par ses violons

« Tomb Raider », le début de l’aventure

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Lara Croft, jeune femme resplendissante et motivée au possible, refuse d’admettre la mort de son père, disparu dix années plus tôt lors d’un voyage en Asie. Souvent absent, le paternel avait pourtant réussi à nouer une relation forte avec sa fille, qui peine aujourd’hui à faire le deuil. Quoi de plus logique, en l’absence d’enquête et de corps ?

L’héroïne, en conflit avec sa riche famille depuis lors, doit se débrouiller pour vivre et spécialement, pour payer les traites au club de boxe où elle peut expurger tant sa vitalité que sa haine. Un besoin indispensable. Car sans signature de sa part, l’héritage conséquent du père, le château familial et les nombreuses entreprises, sont coincées dans une attente désagréable pour l’ensemble des acteurs. Juridiquement la mort du père doit être validée par la signature de son héritière de sang.

Continuer la lecture de « Tomb Raider », le début de l’aventure

« Anna Karenina » : La névrose est plus belle en VO

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Le langage claque aux oreilles. La sécheresse du russe, langue originale du film, laisse au spectateur la mission délicate et exigeante de s’imaginer l’équivalent dans sa langue. Ce qui, bien qu’aidé par les sous-titres, représente un exercice ardu. Ce film est sans doute une source de motivation inégalable pour apprendre l’alphabet cyrillique, tant la spontanéité des échanges semble prégnante et juste. La magie se perd quelque peu dans la traduction, mais l’essentiel reste.

Le charme des acteurs principaux, Elizaveta Boïarskaïa dans le rôle d’Anna Karénine et le renversant amant, Maxime Matveïev, qui se glisse parfaitement dans les habits du Comte Vronski, est indiscutable. En face, le mari éconduit, d’une froideur saisissante, Vitaliy Kishchenko, ravira les fans de Poutine, tant sa ressemblance est saisissante. Continuer la lecture de « Anna Karenina » : La névrose est plus belle en VO