Archives par mot-clé : afrique

« Amour et Psyché » d’Omar Porras, un voyage dans l’empyrée

Le Regard Libre N° 38 – Thierry Fivaz

Les 27 et 28 mars derniers était présenté au Théâtre du Passage, à Neuchâtel, Amour et Psyché. Première création d’Omar Porras pour le TKM (2017) : retour sur un moment d’émerveillement.

Il y avait une fois une jeune femme qui s’appelait Psyché. Fille de roi, Psyché était si belle et si pure que son insolente et incomparable beauté en vint à provoquer la colère de Vénus, déesse de l’amour et de la beauté. Responsables du courroux divin : les charmes de la jeune femme. Ces derniers étaient si rares et si merveilleux qu’ils en allaient jusqu’à faire perdre la raison à ceux qui les avaient contemplés. Emerveillés, les hommes en vinrent à croire qu’ils tenaient en la jeune femme une Vénus nouvelle – et mortelle. C’est ainsi que, progressivement, les autels de la divinité furent délaissés au profit de ceux que l’on érigea en l’honneur de Psyché.

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Sudan Archives, « Come Meh Way »

Les mélodies du jeudi – Alexandre Wälti

Un article également consultable sur LeMurDuSon.ch

Wow ! L’expression est soudaine et s’accompagne d’une jouissance musicale immense. Pourquoi ? Parce que je découvre à l’instant le premier EP de la violoniste autodidacte Sudan Archives et ça envoie fort et bien. Quelque part entre Fela Kuti, Tchaïkovsky, Erykah Badu et Nicolas Jaar.

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« Loin de Douala », et l’Afrique vous manque

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

Roger veut boza. C’est-à-dire qu’il veut partir pour l’Europe. Le jeune Camerounais n’en peut plus de Douala. Il rêve de football, il rêve de liberté. Le garçon est en effet beau gosse aux yeux des filles, et excellent joueur avec le ballon. Mais l’école ne l’intéresse pas : là, il est simplement mauvais. Honte pour la famille. Heureusement, le petit frère, Jean, sauve la mise niveau études : il est brillant. En revanche, avec les filles et les ballons, point de succès.

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« Le désert… c’est comme l’idée de l’éternité », mars 1970 – août 1979

Le Regard Libre N° 27 – Loris S. Musumeci

Jours fastes (6/6)

Riches et profondément attachants que ces Jours fastes s’étendant de 1942 à 1979. La correspondance des deux époux écrivains Corinna Bille et Maurice Chappaz s’achève dans les parfums d’Afrique et les couleurs d’Asie par le cinquième chapitre : « Le désert… c’est comme l’idée de l’éternité » (1970 à 1979).

L’Afrique post-familiale

« Mais le désert, Maurice, le désert… c’est comme l’idée de l’éternité qu’on ne peut comprendre avant de la vivre. »

Telle est la première impression marquante du voyage de Corinna vers l’Afrique. Le désert. Contemplé dans l’éternité d’un regard ébloui au hublot. L’aventurière n’est pas au bout de ses surprises. Elle a encore tout à découvrir du nègre continent. De plus, les retrouvailles avec son fils Blaise, établi à Abidjan pour le travail, ne sont qu’un prétexte trop heureux. Continuer la lecture de « Le désert… c’est comme l’idée de l’éternité », mars 1970 – août 1979

Rwanda, la terre du silence

Le Regard Libre N° 20 – Justine Aymon (notre invitée du mois)

Les jeunes de l’Association Tête au Cœur, établie à Sion en Valais, sont partis découvrir le Rwanda avec ses tragédies et ses beautés. Ils ont été accueillis par le Foyer de charité de Remera, situé au nord du pays. Le groupe a pleuré, ri, chanté, dansé, vécu trois semaines durant avec les membres de la communauté.

Une paix. C’est le premier ressenti que j’exprimerais en parlant de ce voyage, de ce pays. La paix des silences.

Il y a le silence des paysages. Ce pays aux mille collines, ces sentiers en terre rouge, ce lac aux îles innombrables, ces volcans aux flancs luxurieux, cette savane vivante d’animaux sauvages, ces champs interminables, ces couchers de soleil rouges.

Il y a le silence de la vie, une vie sans complication quotidienne ni pensée futile, une vie que l’on ne s’imagine pas, que l’on ne théorise pas, une vie que l’on accueille. Cette population si réjouie par l’étranger et la nouveauté, si généreuse et pleine d’amour envers celui qui se présente, dans les repas offerts, les chants d’accueil, les cadeaux de départ. De la danse, beaucoup de danse, et du chant, des messes animées par le djembé, des journées ponctuées par le travail de la terre dans les villages et par des services au foyer, la cuisine, le repassage, la vaisselle, les cours de français. Des femmes et des hommes pieds nus, la tête surplombée par de grandes charges, des bébés accrochés au dos de femmes, d’enfants. Il y a là une vie simplement vécue, sans pourquoi et sans demain. Et une passion, une passion indicible pour la vie. Continuer la lecture de Rwanda, la terre du silence