Archives par mot-clé : covid-19

Epicure, chantre du confinement et de la décroissance

ARTICLE LONG FORMAT, Enzo Santacroce | S’il est un philosophe dont le nom est associé à un préjugé tenace, c’est bien le penseur grec du IIIe siècle av. J.-C.: Epicure. En effet, qui n’a jamais entendu le terme d’épicurien pour désigner une personne appréciant la bonne chère et les vins raffinés? En réalité, l’expression «vivre en bon épicurien» détourne de son sens premier l’enseignement du maître grec pour qui la recherche du plaisir doit être prudente et mesurée. Plus essentiellement, cultiver simplement les sensations agréables permet de répondre aux malheurs de la vie et aux angoisses qu’ils provoquent, selon le philosophe. Dans notre actualité, sa stratégie du repli serait comparable au confinement et ferait les beaux jours des décroissants.

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«Las de penser la crise, nous nous sommes mis à la réciter»

CHRONIQUE, Quentin Mouron | Dans sa lettre à Jamblique, Porphyre le mettait en garde contre la tentation d’accéder à Dieu – ou à l’Un – autrement que par l’usage patient de la raison. Dans sa réponse, connue sous le nom de «De Mysteriis», Jamblique défend sa propre compréhension de l’union avec Dieu qui, dit-il, ne peut se faire ni par la compréhension de la théologie, ni par la maîtrise des concepts philosophiques, mais bien par la pratique active de la théurgie. L’emploi de la discursivité rationnelle – et, partant, de la dialectique – se voit ainsi subordonné à la pure scansion des formules magiques et des invocations, les mots acquérant le statut de reliques enchantées maniées pour leur sonorité, pour leur matérialité, en dehors de toute exigence sémantique, en dehors de tout système linguistique.

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«Le public réceptif aux théories du complot s’est élargi»

ENTRETIEN, Max Moeschler | La crise du coronavirus et le lot d’interrogations, de précarité et de frustrations qu’elle a apporté a été le théâtre, au cours de l’année écoulée, de l’émergence de nombreuses théories du complot dont l’ampleur n’a cessé de grandir. A distinguer des opinions critiques envers la gestion de la crise ou du doute inhérent à la science elle-même, ces thèses simplistes et pour certaines d’entre elles dangereuses sont bel et bien là. Comment expliquer le succès du conspirationnisme, à l’heure du Covid-19? Retour aux fondamentaux avec Laurent Cordonier, sociologue et spécialiste de ce phénomène.

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La gestion du virus confrontée au voile de l’ignorance

ARTICLE LONG FORMAT, Jonas Follonier et Lauriane Pipoz | La philosophie peut-elle nous éclairer dans la gestion du Covid-19? Oui, notamment grâce à la théorie de la justice de John Rawls. Ce philosophe anglais propose une expérience de pensée ayant pour but de trouver les principes d’une société juste. Appliquée à la gestion du virus, elle permet de se demander si les décisions du Conseil fédéral respectent la norme de l’impartialité, qui elle seule permet de protéger les intérêts de tous – y compris leurs libertés.

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Un «Nuage rose» qui nous fait penser à un certain virus

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

The Pink Cloud raconte l’arrivée dans le ciel d’un mystérieux nuage rose, qui va imposer un confinement strict à la planète entière. Ce film brésilien sort le 8 avril et a été écrit avant la période maudite du coronavirus. L’air de famille est bluffant.

Lire la critique (en libre accès)

La peur de l’intelligence s’invite à l’université

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Début janvier 2021, des étudiants de la Sorbonne ont protesté contre la tenue, annoncée il y a quelques jours, des examens partiels «en présentiel» dans la plupart des facultés. La révolte sourd et gronde même, si l’on en croit la presse française, d’autant que la rentrée 2020 s’était déjà déroulée dans un climat de haute tension, en lien avec la situation sanitaire et la difficulté de trouver des places dans les amphithéâtres. Si ces raisons matérielles conduisent légitimement certains étudiants à faire part de leur mécontentement, de tout autres motifs, systémiques quant à eux, auraient dû les pousser à s’insurger bien plus tôt, pour tenter de sauver une institution en fin de règne, pour ne pas dire en fin de course. Mon expérience dans sept universités différentes en témoigne.

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Le corps au temps du Covid-19

ARTICLE LONG FORMAT, Stéphanie Perruchoud | Dans l’attente de nouvelles mesures prises pour pallier aux difficultés liées à la situation sanitaire actuelle, un vent de consternation se fait de plus en plus ressentir. Nous nous demandons combien de temps cette situation durera, mais surtout combien de temps nous supporterons les distances sociales, le port du masque, l’éloignement de nos proches, ou encore le renoncement à certaines activités habituelles. Dans cette perspective, un paradoxe nous saisit – et moi la première : dans quelle mesure pouvons-nous préserver la santé du corps tout en renonçant à notre propre corps? Derrière ce paradoxe, il y a encore la question suivante: qu’est-ce qu’une vie humaine?

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Derrière la notion de souveraineté, la fin de la naïveté

ARTICLE LONG FORMAT, Clément Guntern | L’année 2020, en plus d’avoir connu une pandémie à l’impact incommensurable, a marqué le retour, ou plutôt la renaissance, d’une notion que l’on disait désuète, inadaptée, voire dangereuse: celle de souveraineté. En l’espace de quelques mois, la question est redevenue centrale. Mais un vocabulaire anachronique tend à éclipser le vrai enjeu: non pas le repli des nations sur elles-mêmes, mais la poursuite d’une régulation équilibrée de la mondialisation.

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L’indécent enfermement de nos aînés

Le Regard Libre N° 68 – Giovanni F. Ryffel (courrier des lecteurs)

Les mesures restrictives dans les maisons de retraite sont un scandale d’inhumanité. Il y a des personnes qui souffrent d’une solitude lacérante, arrachées comme elles le sont à leurs proches; les dépressions les plus mortifiantes ne peuvent être guéries que par le contact et la présence vivante des proches, et c’est précisément ce qu’on limite maintenant au-delà de toute prudence raisonnable; cela débouche en une évidente injustice. Il y a même ceux qui sont en phase terminale de la vie et qui ne peuvent pas être correctement accompagnés par ceux qui les aiment. Est-ce une lutte efficace contre le Covid que de leur imposer une mort solitaire?

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L’avertissement de François Sureau

Le Regard Libre N° 68 – Jonas Follonier

L’an dernier, l’avocat, écrivain et désormais académicien français François Sureau publiait chez Gallimard son tract Sans la liberté. Avec cet essai au titre fort, l’auteur y peignait et dénonçait une société – la société française actuelle – ayant perdu peu à peu son Etat de droit. Une société «sans la liberté», qui lui faisait froid dans le dos et qui trouverait pour seule issue favorable un amour retrouvé pour la liberté politique. S’il est intéressant de se replonger dans ce texte pour un éditorial, c’est que, justement, il trouve des résonances évidentes avec notre société, la société suisse, et, de manière encore plus marquante, avec ce que la gestion actuelle de la crise nous fait traverser.

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