Archives par mot-clé : covid-19

Bertrand Kiefer: «Banaliser cette pandémie serait une régression pour l’humanité»

ENTRETIEN LONG FORMAT, Jean-David Ponci | Prendre au sérieux les vaccino-hésitants et les anti-passe sanitaire, tenter de répondre à leurs questions en opposant des arguments à leur positionnement, nous aide tous à déceler les failles de nos sociétés et à repenser ensemble les notions de solidarité et de liberté. Entretien avec le médecin et théologien Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse.

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Nietzsche, le poète des lendemains qui chantent

ARTICLE LONG FORMAT, Enzo Santacroce | Nietzsche, le philosophe aux multiples facettes, a aussi bien été récupéré et détourné par l’idéologie nazie que par les forces anarchistes qui animaient les étudiants de mai 68. Comment expliquer que la pensée de cet esprit brillant ait été embrigadée par le brun et par le rouge? Les propos fragmentés et volontairement choquants que le philosophe allemand a formulés ont certainement contribué à l’inscrire dans les malentendus. Toutefois, sa critique lucide d’une société occidentale vivant désormais sans transcendance est d’une brûlante actualité, en ce sens que la seule valeur acceptable de nos jours est celle de la santé comprise comme l’anéantissement de la souffrance. Très tôt conscient de ce déclin, Nietzsche a élaboré une réponse tonique en se basant sur la volonté qu’exprime le corps enfin réhabilité dans sa dimension désirante.

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Gestion du Covid en Suisse: trop de fédéralisme… ou pas assez?

Le Regard Libre N° 79 Jonas Follonier

L’affaire serait entendue: si la Suisse ne comptait pas dans son système politique l’outil du fédéralisme, la gestion du Covid aurait été plus efficace. Ou plutôt, principe de précaution oblige, «moins inefficace». Le fait que la Confédération, malgré ses pouvoirs spéciaux durant cette période spéciale, doive consulter les cantons avant de prendre des décisions importantes pour protéger la santé publique apparaît absurde aux yeux de nombreux commentateurs – de profession ou de salon. Et que ces mêmes cantons puissent prendre des mesures contradictoires entre eux n’est guère plus supportable pour ceux qui aiment à rappeler, fameux refrain, que «le virus ne connaît pas de frontières» – ce qui est vrai. Qu’à un moment donné, au début de la crise, il ait suffi de passer de l’autre côté de la limite Neuchâtel-Berne pour aller manger au restaurant, serait le révélateur parfait de cette «cacophonie».

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Epicure, chantre du confinement et de la décroissance

Le Regard Libre N° 77 Enzo Santacroce

Série «Les préjugés à l’égard des philosophes», épisode #2

S’il est un philosophe dont le nom est associé à un préjugé tenace, c’est bien le penseur grec du IIIe siècle av. J.-C.: Epicure. En effet, qui n’a jamais entendu le terme d’épicurien pour désigner une personne appréciant la bonne chère et les vins raffinés? En réalité, l’expression «vivre en bon épicurien» détourne de son sens premier l’enseignement du maître grec pour qui la recherche du plaisir doit être prudente et mesurée. Plus essentiellement, cultiver simplement les sensations agréables permet de répondre aux malheurs de la vie et aux angoisses qu’ils provoquent, selon le philosophe. Dans notre actualité, sa stratégie du repli serait comparable au confinement et ferait les beaux jours des décroissants.

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«Las de penser la crise, nous nous sommes mis à la réciter»

CHRONIQUE, Quentin Mouron | Dans sa lettre à Jamblique, Porphyre le mettait en garde contre la tentation d’accéder à Dieu – ou à l’Un – autrement que par l’usage patient de la raison. Dans sa réponse, connue sous le nom de «De Mysteriis», Jamblique défend sa propre compréhension de l’union avec Dieu qui, dit-il, ne peut se faire ni par la compréhension de la théologie, ni par la maîtrise des concepts philosophiques, mais bien par la pratique active de la théurgie. L’emploi de la discursivité rationnelle – et, partant, de la dialectique – se voit ainsi subordonné à la pure scansion des formules magiques et des invocations, les mots acquérant le statut de reliques enchantées maniées pour leur sonorité, pour leur matérialité, en dehors de toute exigence sémantique, en dehors de tout système linguistique.

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«Le public réceptif aux théories du complot s’est élargi»

ENTRETIEN, Max Moeschler | La crise du coronavirus et le lot d’interrogations, de précarité et de frustrations qu’elle a apporté a été le théâtre, au cours de l’année écoulée, de l’émergence de nombreuses théories du complot dont l’ampleur n’a cessé de grandir. A distinguer des opinions critiques envers la gestion de la crise ou du doute inhérent à la science elle-même, ces thèses simplistes et pour certaines d’entre elles dangereuses sont bel et bien là. Comment expliquer le succès du conspirationnisme, à l’heure du Covid-19? Retour aux fondamentaux avec Laurent Cordonier, sociologue et spécialiste de ce phénomène.

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La gestion du virus confrontée au voile de l’ignorance

ARTICLE LONG FORMAT, Jonas Follonier et Lauriane Pipoz | La philosophie peut-elle nous éclairer dans la gestion du Covid-19? Oui, notamment grâce à la théorie de la justice de John Rawls. Ce philosophe anglais propose une expérience de pensée ayant pour but de trouver les principes d’une société juste. Appliquée à la gestion du virus, elle permet de se demander si les décisions du Conseil fédéral respectent la norme de l’impartialité, qui elle seule permet de protéger les intérêts de tous – y compris leurs libertés.

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Un «Nuage rose» qui nous fait penser à un certain virus

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

The Pink Cloud raconte l’arrivée dans le ciel d’un mystérieux nuage rose, qui va imposer un confinement strict à la planète entière. Ce film brésilien sort le 8 avril et a été écrit avant la période maudite du coronavirus. L’air de famille est bluffant.

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La peur de l’intelligence s’invite à l’université

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Début janvier 2021, des étudiants de la Sorbonne ont protesté contre la tenue, annoncée il y a quelques jours, des examens partiels «en présentiel» dans la plupart des facultés. La révolte sourd et gronde même, si l’on en croit la presse française, d’autant que la rentrée 2020 s’était déjà déroulée dans un climat de haute tension, en lien avec la situation sanitaire et la difficulté de trouver des places dans les amphithéâtres. Si ces raisons matérielles conduisent légitimement certains étudiants à faire part de leur mécontentement, de tout autres motifs, systémiques quant à eux, auraient dû les pousser à s’insurger bien plus tôt, pour tenter de sauver une institution en fin de règne, pour ne pas dire en fin de course. Mon expérience dans sept universités différentes en témoigne.

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Le corps au temps du Covid-19

ARTICLE LONG FORMAT, Stéphanie Perruchoud | Dans l’attente de nouvelles mesures prises pour pallier aux difficultés liées à la situation sanitaire actuelle, un vent de consternation se fait de plus en plus ressentir. Nous nous demandons combien de temps cette situation durera, mais surtout combien de temps nous supporterons les distances sociales, le port du masque, l’éloignement de nos proches, ou encore le renoncement à certaines activités habituelles. Dans cette perspective, un paradoxe nous saisit – et moi la première : dans quelle mesure pouvons-nous préserver la santé du corps tout en renonçant à notre propre corps? Derrière ce paradoxe, il y a encore la question suivante: qu’est-ce qu’une vie humaine?

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