Héritée de l’époque des luttes entre grandes puissances au XIXe siècle, la neutralité a pu servir la Suisse à traverser les guerres du siècle suivant. Mais le pays n’a pas su donner une nouvelle base doctrinaire à sa politique extérieure depuis.
En Suisse, on a de plus en plus tendance à relativiser la neutralité par des adjectifs flous et par un rapprochement de cette notion avec des alliances de défense. Cela témoigne d’une inconstance et d’un manque de conscience historique.
Réalité historique, enjeux politiques... présentation de notre grand dossier consacré à le neutralité dans le contexte actuel, à retrouver dans notre édition papier (Le Regard Libre N°96) et ici même.
Le 28 février 2022, la Suisse créait la surprise en décidant d’appliquer à son tour les sanctions européennes contre la Russie. Ce renoncement de fait à une certaine neutralité a engendré une crise du discours politique, notamment au plus haut niveau. Analyse.
La neutralité n’a jamais été soumise à une définition corsetée. Toute son histoire le démontre. Elle dépend du bon vouloir des autres puissances et ne prend son sens que si l’on accepte de la saisir dans le contexte du moment.
Professeure d’histoire à l’université de Genève, Irène Hermann est spécialiste de la neutralité suisse. Si cette dernière est particulièrement scrutée aujourd’hui, elle n’a jamais été univoque pour l’historienne, qui la démythifie au regard du passé. Entretien.
Le cinéma est doublement un art de la lumière. Il sculpte l’image, le mouvement et le rythme. Et il crée des personnages pour incarner, souligner, concrétiser des idées, des caractères. Avec «A Forgotten Man», quatrième film du Suisse Laurent Nègre, cette lumière se fait historique, en une forme limpide et sublime.