Archives par mot-clé : été

«Noces»: pour ne pas renoncer à la beauté du monde

Les bouquins du mardi – Edition spéciale «Les coronarétrospectives de la littérature» – Loris S. Musumeci

Quatre lieux, quatre explorations, quatre textes qui célèbrent les noces d’Albert Camus avec des environnements qu’il aime. Ecrits entre 1936 et 1937, ces quatre essais lyriques annoncent qu’un jeune homme d’un peu plus de vingt ans a déjà trouvé les sources d’un bonheur simple, mais d’un bonheur vrai. Et exaltant. Entre descriptions sensitives et sensuelles, méditations et souvenirs d’une jeunesse en cours, les éléments essentiels à l’œuvre d’un Camus en construction surgissent déjà. Ils l’accompagneront jusqu’au Premier homme, resté inachevé. Noces est en ce sens une célébration de l’auteur, une célébration de lecture, une célébration de la beauté de son monde. 

Lire la critique
Publicités

Douliou-Douliou Saint-Tropez avec moi?

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Le coronarire avec Louis de Funès – Loris S. Musumeci

L’été, le soleil, la plage, les vacances, le rythme, la danse, la fête, les balades, l’amour, les jolies filles, les beaux garçons… et les gendarmes. Mais pas de quoi se faire trop de soucis. La gendarmerie de Saint-Tropez se fond dans le décor. En promenade, en terrasse, salutations cordiales, nul besoin de contraventions. La joie règne dans la station balnéaire, et ses agents de sécurité n’en sont que plus débonnaires. C’est le sud et son esprit qui se chargent de l’ordre.

Lire la suite de la rétrospective

La Panne

Le Regard Libre N° 41 – Thierry Fivaz

Quelle ne fut pas ma stupeur lorsque mon ami et rédacteur en chef de la présente revue me rappela qu’il fallait que je lui rende, pour l’édition de ce mois, une chronique. Un exercice qui d’ordinaire m’aurait réjoui mais qui là, honnêtement, me plongea dans un profond embarras. L’air marin a toujours eu sur moi des vertus apaisantes, presque anesthésiantes. Et depuis trois semaines que j’en inspire à haute dose, me voilà transformé en un être calme et serein. Autrement dit : un être insipide, sans intérêt et particulièrement ennuyeux.

Continuer la lecture de La Panne

Pour en finir avec l’été

Thierry Fivaz – Le Regard Libre N° 38

Il suffit de prendre le bus, le train ou simplement de déambuler dans les rues pour savoir qu’elle est arrivée. Le parfum laiteux de la crème solaire et l’odeur acidulée de transpiration laissaient peu de place au doute ; sa venue était imminente. Défiant l’entendement, les habitudes et les statistiques, c’est sans aucun respect des saisons qu’avril et ses températures estivales enfoncèrent le clou. Le mal était fait et plus tôt qu’à l’ordinaire. Aucun moyen d’y échapper ; nous voilà contraints et forcés, comme chaque année, de la supporter : l’effervescence de l’été.

Continuer la lecture de Pour en finir avec l’été

L’été 86

La citation de la semaine – Loris S. Musumeci

« Tout autour on se trouble, s’inquiète, soupçonne un hic, perçoit un aveu de mes trop virulentes dénégations. Ça cache quelque chose, une plaie, une écorchure, une entorse incurable au bonheur.

Toujours j’ai donné le change, mais aujourd’hui me trouve las d’esquiver et pressé d’admettre qu’en effet il y a quelque chose qu’il ne faut pas tarder à raconter.

Le temps est venu quoi qu’il en coûte de remonter à la blessure.

De remonter à 86.

A l’été 86. »

François Bégaudeau, La blessure la vraie

© Loris S. Musumeci pour Le Regard Libre

L’été, pour renouer avec le désir

Le Regard Libre N° 30 – Loris S. Musumeci

Une jeune femme marche dans la rue. Sa robe légère donne aux deux jambes fines et sveltes qu’elle promène un mouvement de valse. Languissante. Strié jaune pastel et bleu clair, le vêtement de lin complète la poésie du bas de son corps. Par une taille modelée tout en grâce et subtilité, ainsi qu’un buste épousant la peau mais aéré. Pour laisser respirer la vie qui bat en son plein.

La fille discrète s’assied doucement à la terrasse d’un café. Ses pieds, chaussés de luisantes ballerines, se croisent sous la chaise de bois tressé. Une fois celle-ci installée avec pudeur, l’instant est à la révélation d’une ineffable face. A peine le voile de lunettes noires retiré, quelques taches de beauté s’envolent vers le soleil brûlant, immobile. Continuer la lecture de L’été, pour renouer avec le désir