Archives par mot-clé : lumière

Pierre Soulages et son «outrenoir» interrogent les regards à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 42 – Loris S. Musumeci

Après une exposition sur Cézanne l’année dernière et une autre sur Toulouse-Lautrec en début d’année – plus classiques en leur genre – le visiteur de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny, en Valais, se retrouve face à un Pierre Soulages plutôt surprenant. La salle principale est métamorphosée: du blanc, du noir. Contraste avec la douceur des peintures figurant la Sainte-Victoire et les portraits paysans de Cézanne ou la Belle Epoque chaude et enjouée de Toulouse-Lautrec. L’exposition «Soulages: Une rétrospective» est à voir jusqu’au 25 novembre.

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«Le côté obscur de la lumière», ou le pouvoir selon Oskar Freysinger

Les lundis de l’actualité – Nicolas Jutzet

C’est un exercice inédit, rafraîchissant. Par la franchise de son auteur, le dernier livre d’Oskar Freysinger est une réjouissance pour tout amoureux de la politique. Au cœur du pouvoir, nous suivons, jour après jour, la violence de la fonction pour un homme qui sort du cadre, qui n’était pas programmé. On le croyait intouchable, on le découvre sensible, tourmenté. Les lecteurs du Regard Libre connaissent l’Oskar Freysinger artiste, au plus tard depuis son interview dans l’édition 38. Avec son nouveau livre Le côté obscur de la lumière, il nous donne l’occasion de mieux comprendre l’homme qui se cache derrière le politicien. Entre poèmes et affirmations, c’est assurément le livre de la rentrée en Suisse.

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«Les Frères Sisters»: le bon, la brute et la Nature

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Deux frères, le Far West et la lumière. Le Français Jacques Audiard présente Les Frères Sisters. Il se rapproche du blockbuster, sans que son film ne le devienne. Il a un pied dans les codes du western et l’autre dans ceux de l’esthétique visuelle. Une aventure dans laquelle de la brutalité naît une forme de fraternité.

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« 3 jours à Quiberon » pour 3 contrastes de Romy Schneider

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Pour certains vous êtes une sainte tragique ; pour d’autres, une putain. »

Un cerf-volant de toile blanche vole dans le ciel blanc. Il s’y noie. Egaré par le vent. Çà et là. Poussé par les vagues célestes. Retenu par les nuages. « Regarde, il monte. » Romy Schneider est en cure au Sofitel de Quiberon, en Bretagne. La vedette tâche d’y soigner les contrastes de sa vie. L’alcoolisme souffert, la sobriété désirée ; l’inconstance affligeante, la constance affligée ; le malheur réel, le phantasme du bonheur.

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« Hostiles », le plus grand western de notre siècle

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Joseph Blocker, capitaine de cavalerie, reçoit la mission d’escorter un chef de guerre Cheyenne, un assassin ayant toutefois purgé sa peine, dans son Montana natal, quelque part dans la Vallée des Ours. Difficile pour ces antiques ennemis de faire route commune et d’affronter les obstacles qui vont s’imposer à eux. Western classique de part en part et cependant chargé d’une forte identité singulière, Hostiles est un véritable événement du septième art.

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Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 31 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, en Valais, accueille une centaine d’œuvres du maître d’Aix. L’exposition se tient du 16 juin au 19 novembre. Se laissant apprécier pour ses tonalités variées, elle place à l’honneur autant les portraits que les natures mortes ou les paysages de Cézanne. Ces derniers gardent cependant un rôle particulier à jouer : ouvrez grand votre esprit, les terres du peintre se mettent à chanter.

Après un passage des impressionnistes Degas, Manet, Gauguin, Van Gogh, Morisot, Renoir et Monet, c’est Paul Cézanne qui habite les murs de la Fondation artistique. Il est d’ailleurs un emblème de ce mouvement. Père de la modernité picturale, il choqua par son style épais et tacheté. Il permit l’audacieuse innovation d’une lumière qui fait vivre autant les paysages que les visages. Cela ne se déploya pas sans un manque de reconnaissance à son époque, et une grande solitude.

Un titre symphonique

Daniel Marchesseau, commissaire de l’exposition, s’est tout naturellement inspiré de l’état d’âme du personnage pour le choix du titre : Le Chant de la Terre. C’est le nom d’une symphonie de Mahler, dont les liens à Cézanne paraissent parler d’eux-mêmes. Dans un entretien au Figaro, le commissaire expliquait : « Ce sentiment de terrien qui est celui de Cézanne, ce marcheur accroché à sa lande, à sa terre, mort après avoir peint des heures sous la pluie, m’a semblé en profonde résonnance avec Le Chant de la Terre de Mahler. J’ai réécouté cet ensemble de lieder écrit pour voix seule : Cézanne lui aussi est seul, et l’orchestration de ses coloris, de ses panoramas, de ses mondes intérieurs, donne à sa peinture une dimension symphonique. La rencontre avec Mahler m’a semblé naturelle. » Continuer la lecture de Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Les bases de la photographie

Le Regard Libre N° 9 – Joséphine Vuignier

Tout photographe désireux de sortir du mode automatique a dû intégrer des notions techniques de photographie avant de pouvoir jouer avec ces dernières afin de progresser et de créer les effets désirés. Ces bases techniques relèvent du domaine de la physique et de la chimie, ensuite viennent les bases académiques (règles des tiers, perspectives, etc. ). Il y a trois principes importants à prendre en compte pour commencer la photographie et avoir la bonne quantité de lumière : la sensibilité, l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation.

La sensibilité (ISO ou ASA) : Jadis, dans la photo argentique se trouvaient sur la pellicule des grains d’argent qui réagissaient à la lumière (importance de la chimie). Lorsque la lumière « frappait » les grains, ils noircissaient ; sans lumière, ils ne réagissaient pas (d’où les négatifs). Le concept reste le même lors du passage au numérique, les grains d’argent sont juste remplacés par des capteurs. Ces capteurs ou grains ont un certain taux de réaction à la lumière, indiqué par les ISO (appelé ASA sous l’ère de l’argentique). Plus les ISO sont hauts, plus les capteurs sont sensibles à la lumière, donc moins il en faudra ; au contraire, plus les ISO sont bas, moins les capteurs seront sensibles, par conséquent plus de lumière sera nécessaire. Pour un paysage au soleil fort de Barcelone, on choisira une faible sensibilité, par exemple 100 ISO pour ne pas obtenir une photo surexposée (trop claire). Pour un concert à faible éclairage, on favorisera une grande sensibilité 6400 ISO, afin que la photo ne soit pas sous-exposée (trop sombre). Le choix de la sensibilité modifie aussi le bruit (effet « pixellisé », granuleux). Si la sensibilité est faible (petit nombre), il y aura peu de bruit. A l’inverse, si la sensibilité est haute (grand nombre), il y aura plus de bruit. On privilégie donc une basse sensibilité pour les photos d’architecture où les détails sont importants. L’impact du bruit reste tout de même négligeable.

ISO 100 ISO 6400
Beaucoup de lumière Peu de lumière
Peu de bruit Beaucoup de bruit

L’ouverture du diaphragme : Le diaphragme est l’équivalent de la pupille de l’œil, il doit s’adapter à la lumière. En cas de fort ensoleillement, il faut une petite ouverture pour laisser passer moins de lumière et dans la pénombre une grande ouverture, toujours dans le but d’obtenir un résultat ni surexposé ni sous-exposé. La notation f/2 correspond à une grande ouverture, f/16 à une petite.

L’ouverture du diaphragme influence la profondeur de champ (importance de la physique), c’est à dire la zone dans laquelle le sujet de la photo sera net. Une grande ouverture (chiffre bas) crée une courte profondeur de champ. On opte donc pour ce type de réglage dans les portraits afin d’avoir un « flou artistique », ou « bokeh », à l’arrière-plan. A l’inverse, une petite ouverture (chiffre haut) crée une grande profondeur : nous l’utilisons généralement pour les paysages en vue d’une netteté sur tous les plans.

La vitesse d’obturation : Autrement appelé temps de pose ou durée d’exposition, il s’agit du laps de temps durant lequel la lumière frappe les capteurs. Si nous manquons d’éclairage, la vitesse d’obturation devra être plus longue (1’’) que s’il y a beaucoup de lumière (1/2000 sec). Ce paramètre permet de créer une impression d’immobilité ou de mouvement. Si vous voulez photographier un cycliste à vive allure et désirez l’avoir net, une vitesse rapide sera nécessaire. Si vous souhaitez un effet filé vous opterez pour un temps de pose plus long.

Lorsque vous prendrez votre prochaine photo, focalisez-vous sur l’effet que vous désirez rendre. Faites le réglage adéquat et adaptez les autres paramètres afin d’atteindre une exposition correcte. Dorénavant, vous pouvez abandonner le mode automatique et gérer avec précision le rendu de vos photos.

Crédit photo : © lhommetendance.fr

François-Xavier Putallaz : « Noël passe aussi par les symboles »

Le Regard Libre N° spécial « Noël 2015 » – Loris S. Musumeci

François-Xavier Putallaz est professeur de philosophie à l’Université de Fribourg notamment, membre du Comité national d’éthique et membre du Comité international de bioéthique de l’UNESCO.

Loris S. Musumeci : Nous approchons de la grande fête de Noël. Les rues sont illuminées, les centres commerciaux se transforment en étouffants labyrinthes desquels on ne peut sortir tant que l’on n’a pas trouvé, haletant en folie, tous les cadeaux parfaits pour nos proches. Dans cette période d’affolement, il nous plairait de comprendre le véritable sens du Noël. Pourriez-vous nous décrire ce que cette fête est originellement ?

François-Xavier Putallaz : Noël est inouï ! La naissance d’un être humain, déjà, est magnifique, car c’est l’éclosion d’une vie nouvelle. Alors pensez : une seule fois dans l’histoire, un homme est né, dont la personne est Dieu lui-même. A Noël, Dieu est né en tant qu’homme. Celui qui n’a pas de commencement, Celui par qui tout a été fait, Celui qui tient toute chose au-dessus du néant, le voici qu’il naît petit enfant : pauvre, fragile et dépouillé. Noël, c’est ce mystère de l’amour. Comment ne pas le célébrer chaque année ? C’est l’événement le plus inouï de l’histoire humaine ! Continuer la lecture de François-Xavier Putallaz : « Noël passe aussi par les symboles »

Albert Camus, ou la tragédie du bonheur

Le Regard Libre N° 10 – SoΦiamica

« Le bonheur après tout, est une activité originale aujourd’hui. La preuve est qu’on a tendance à se cacher pour l’exercer. Pour le bonheur aujourd’hui c’est comme pour le crime de droit commun : n’avouez jamais. Ne dites pas, comme ça, sans penser à mal, ingénument : « Je suis heureux ». Car aussitôt, vous verriez autour de vous, sur des lèvres retroussées, votre condamnation : « Ah ! vous êtes heureux, mon garçon ? Et que faites-vous des orphelins du Cachemire, ou des lépreux de la Nouvelle-Zélande, qui ne sont pas heureux, eux ? » Et aussitôt, nous voilà tristes comme des cure-dents. Pourtant moi, j’ai plutôt l’impression qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur. » – Albert Camus

La philosophie de Camus est très proche de l’existence qu’il mena. Il naît en 1913 à Mondovi (Algérie) d’une famille pauvre et analphabète ; les siens déménagent très tôt à Alger (suite au décès du père, à la guerre) et permettent ainsi la rencontre du petit Camus et de l’instituteur Louis Germain, qui verra du talent en lui et convaincra sa famille à l’inscrire au lycée malgré leur pauvreté. Sa première lutte sera celle du langage : il s’est voulu le porte-parole de tous ceux qui, démunis ou n’ayant pas pu aller à l’école, ne pouvaient pas parler. Il découvrira à la même période les inégalités dues à la pauvreté, et étonnement le football pour les contrer ! Gardien de but, on le décrira comme « solitaire dans sa cage, mais solidaire dans l’équipe ». Il se lance plus tard dans des études de philosophie.

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L’avenir du radicalisme et du libéralisme

Le Regard Libre N° 9 – Jonas Follonier

C’est en 2009 que fusionnèrent officiellement le Parti radical démocratique et le Parti libéral suisse. Les deux mouvements furent d’avis de rassembler leurs forces pour contrer leur baisse progressive d’électorat. Si une telle stratégie s’avère sensée dans le domaine de la politique politicienne, celle qui veut obtenir des résultats, qu’en est-il de ces deux courants de pensée d’un point de vue plus idéologique, dans le domaine absolu, cette fois, de la philosophie politique ? Libéralisme et radicalisme, quèsaco ? Continuer la lecture de L’avenir du radicalisme et du libéralisme