Archives par mot-clé : prison

«Flammes sur #Lesbos», le livre que l’on aurait voulu aimer

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

Il y a des bouquins qui, sur le papier, auraient tout pour plaire. C’est le cas de Flammes sur #Lesbos. Le concept de narration «roman-reportage» est original, le thème de la migration en Grèce mérite d’être mis en lumière et les probabilités d’enrichissement après lecture promettent d’être hautes. Et pourtant… on s’ennuie de bout en bout. Du moins, cela a été mon cas. A garder: les brillantes prises de position des différents personnages et l’analyse pertinente de la situation sur l’île de Lesbos. Pour le surplus, je rangerai cet ouvrage dans la case  «excellent reportage», mais malheureusement pas dans «roman».

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«Ennemi de Dieu»: le titre était prometteur

Les bouquins du mardi – Amélie Wauthier

Généralement, je me laisse guider par la couverture des livres pour arrêter mes choix en librairie. Un auteur que j’affectionne, une image racoleuse, un titre alléchant. Je ne lis jamais la quatrième de couverture, j’ai horreur de savoir où je mets les pieds. J’aime le goût du risque. Me jeter dans l’inconnu. Si l’ennemi de mon ennemi est mon ami, Ennemi de Dieu et moi étions faits pour nous aimer. En théorie. La prochaine fois, je lirai le synopsis. Ou du moins, juste quelques lignes…

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«La Plateforme»: non-explication du film

Le Netflix & chill du samedi – Loris S. Musumeci

«Est-ce que vous savez à quoi il sert ce trou?» 

Préparation du buffet. Plats exquis. Le chef contrôle chaque plat dans le détail. C’est prêt: on envoie. La nourriture est disposée en grandes pompes, mais sur une plateforme en béton. Celle-ci descend le long d’une tour souterraine organisée en niveaux qui tient davantage du trou. A chaque niveau vivent deux résidents, qui disposent de quelques instants, sans possibilité de garder des aliments de côté sous peine du châtiment, pour se nourrir à la table de la plateforme qui s’arrête à chaque étage. Pour continuer sa descente. Les résidents des niveaux supérieurs ont l’embarras du choix pour manger, mais plus la plateforme descend et moins il reste à manger. Et ce qui finit par rester est peu appétissant, voire dégoûtant. Les résidents des étages supérieurs n’hésitent pas à vomir ou à déféquer sur le buffet une fois qu’ils ont rempli leur ventre ou léché des miettes de restes çà et là.

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Tartuffe en Pologne

Les mercredis du cinéma – Fanny Agostino

Faussaire, faussaire, ne vois-tu donc aucune rédemption possible? C’est ce que semble nous signifier le quatrième long-métrage du Polonais Jan Komasa. Nommé aux Oscars, le film La communion (Corpus Christi pour son titre original) évoque la spirale mensongère dans laquelle s’enferme un jeune délinquant se faisant passer pour un prêtre. L’habit ne fait-il vraiment pas le moine?

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«Sur ma peau»: l’histoire d’un martyr de la justice

Le Netflix & chill du samedi – Alissa Musumeci

Stefano Cucchi, trente-et-un ans, est arrêté le 15 octobre 2009. Consommation et trafic de drogue, à Rome, sa ville, la sua Roma.

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«Le Traître»: la tragi-comédie de la mafia et de l’Italie

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Dans tragi-comédie, il y a tragédie et comédie. En réalité, si la mafia est génératrice de tragédies, elle ne semble rien comporter de bien comique. En cinéma, et dans le domaine de l’art en général, on sait pourtant arranger la réalité à la guise d’un scénario. On sait transformer une vie banale en un spectacle. Pour le cas du Traître, le réalisateur Marco Bellocchio n’arrange pas la réalité et ne s’attaque pas à une figure banale.

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«Le Mars Club»: un Médicis étranger en prison

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #3

Le Regard Libre N° 49 – Loris S. Musumeci

«C’est dans le silence de la cellule qu’on est taraudé par la seule et vraie question. La seule à laquelle il est impossible de répondre. Le pourquoi et le comment. Non pas le comment au sens pratique du terme, l’autre. Le comment as-tu pu faire une chose pareille. Le comment as-tu pu.»

Le Mars Club: voilà le genre de roman qui est fait pour plaire aux médias et à la critique. Sa protagoniste principale, Romy Hall, est une femme qui travaille comme strip-teaseuse au Mars Club. Elle est traquée par un ancien du Vietnam, Kurt Kennedy, qui ne fait plus la différence entre le club miteux où il a été client et la vie privée de la jeune femme, objet de tous ses phantasmes et du peu d’amour qu’il lui reste dans le cœur. Lasse et apeurée, elle finit par tuer ce bon vieux Kurt.

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« Papillon », le corps est narrateur

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« J’arrive pas à croire que t’aies pris perpet’. »

Paris, 1931. L’ambiance est swing, l’ambiance est folle, l’ambiance est chaude. Henri Charrière, surnommé Papillon, travaille comme cambrioleur pour une organisation criminelle. Son chef, un vieux diable aux dents pourries, semble admirer le jeune employer tout en sachant qu’il garde discrètement des parts de la rapine. Travail terminé, Papillon rentre avec sa petite amie, une danseuse travaillant pour le même patron que lui ; ils passent une nuit d’amour.

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Eduardo Nunes : « Vous pouvez composer un film comme vous composez une musique »

Le Regard Libre N° 38, dossier spécial FIFF 2018 – Loris S. Musumeci

« Tu verras, il est adorable », m’avait-on dit au service de presse. Cela s’est confirmé. Le réalisateur brésilien Eduardo Nunes a mis toute sa tendresse dans les images délicates et les sons précis d’Unicorn (Unicórnio) qu’il a présenté au Festival International de Films de Fribourg. Rencontre autour d’un café à l’Ancienne Gare, quartier général du festival.

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« Five Fingers for Marseilles »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Il faut s’armer ; il faut qu’ils nous craignent. »

Marseilles, un village d’Afrique du Sud, où « cinq enfants luttaient pour la liberté ». Des policiers blancs semaient la terreur. L’un des cinq, Tau, apprit à tuer ; par besoin de vengeance, par soif de justice. Il finit en prison. Vingt plus tard, il en sort et revient au village. La situation ne s’y est guère améliorée. Les citoyens vivent dans la souffrance permanente de savoir leur petite Marseilles étouffée de corruption.

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