Avec «Comment est ta peine?», Biolay tutoie les anges

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Article inédit – Jonas Follonier

«Comment est ta peine? La mienne s’en vient, s’en va.» Benjamin Biolay n’a sans doute jamais été aussi touchant. Volver, Palermo Hollywood, … tout ça, c’était déjà de haute facture, qu’on s’entende. Mais il semblerait bien que Benjamin se soit encore bonifié au prix d’un énième émoi. Comment est ta peine? ouvre, deux mois avant, le neuvième album de l’auteur-compositeur-interprète, Grand Prix, dont la sortie est prévue le 26 juin. Et même si les autres titres devaient moins plaire que cette chanson d’ouverture, ce qui est peu probable, il deviendrait quand même un incontournable de l’artiste français. Car cette chanson est sensationnelle tant sur la fond que sur la forme et justifie à elle seule un petit article.

Le clip, avec l’actrice Nadia Tereszkiewicz

Comment décrire au mieux ce single-tube, cette peine pleine de joyaux musicaux? C’est un titre obsédant sans être obèse, ultra-efficace et ultra-léché à la fois. S’ouvrant avec un son de synthé distordant et distordu qui n’aurait pas déplu au regretté Christophe, Comment est ta peine? reprend toutes les caractéristiques les plus intéressantes de l’univers musical de l’artiste: guitares funk-rock, ambiance brute et baroque, voix se situant entre Gainsbourg et Gainsbarre, texte recherché, mais direct, le tout soutenu par des nappes de sons électro. En fait, c’est un Benjamin Biolay pur jus. Un sacré BB, dont le résultat est plutôt inattendu. Car cette nouvelle exploitation de l’éternel chagrin amoureux sonne à l’arrivée comme une chanson dansante, entraînante, et pas du tout comme une complainte… A moins que les titres dansants soient des complaintes.

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Les trois plus grands coups de génie du morceau, c’est assurément l’arrivée du piano de concert eighties à 2:46, la variation qui s’ensuit au niveau de la mélodie et des paroles – «Comment va ta vie?», avec une allitération typique du chanteur-poète – et, et et et, la formidable réponse de la principale intéressée «La mienne, comme ça comme ci», à 3:30, avec un écho et une reverb juste parfaits. Quand j’ai appris, au terme d’une centième écoute, que c’est la voix d’Anaïs Demoustier que l’on entend, j’ai compris pourquoi je suis tombé amoureux de cette chanson. S’il s’agit de ma favorite dans la nouvelle génération des actrices française, ça y est, je crois bien que Biolay est arrivé au sommet de mon classement dans sa génération de chanteurs.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Image: Capture d’écran YouTube

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