Archives de catégorie : Politique

Pour un Valais durable (Rencontre avec Isabelle Darbellay-Métrailler)

Le Regard Libre N° 8 – Jonas Follonier

Isabelle Darbellay Métrailler, l’actuelle présidente d’Avenir Ecologie, une association valaisanne, a accepté de répondre à nos questions. Très active dans le PLR Valais depuis une dizaine d’années, elle a également été présidente des Femmes libérales-radicales valaisannes et responsable du bureau valaisan de l’égalité.

Jonas Follonier : Décrivez-nous l’association Avenir Ecologie que vous présidez.

Isabelle Darbellay-Métrailler : Avenir Ecologie est une association, créée en 2011 dans le cadre des élections nationales pour lesquelles elle avait présenté une liste apparentée au PLR. Notre association défend une écologie responsable qui réconcilie écologie et économie. Nous pensons en effet que l’écologie a beaucoup d’atouts qu’il faudrait mieux mettre en avant. C’est la seule façon d’assurer un développement durable pour notre pays et notre planète. Continuer la lecture de Pour un Valais durable (Rencontre avec Isabelle Darbellay-Métrailler)

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Le libéralisme aujourd’hui

Le Regard Libre N° 7 – Jonas Follonier

L’interview de Frédéric Jollien, président de la section suisse des European Students For Liberty.

Le Regard Libre: Qu’est-ce que le libéralisme?

Frédéric Jollien: Le libéralisme est une philosophie politique affirmant le droit naturel de chaque être humain. Le principe de ce droit est que chaque individu est propriétaire de lui-même et de son activité. C’est une condamnation de l’agression, celle-ci étant définie comme une atteinte à la propriété d’autrui contre son consentement.

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Regard libre sur le Valais

Le Regard Libre N° 5 – Sébastien Oreiller et Jonas Follonier

Monsieur Pascal Couchepin, conseiller fédéral de 1998 à 2009, a très aimablement accepté de répondre aux questions du Regard Libre, et nous a donc reçus chez lui, dans le jardin de sa maison à Martigny.

S. O. et J. F. : Tout d’abord, un grand merci pour le temps consacré à cet entretien qui nous tenait à cœur. Cela fait maintenant cinq ans que vous n’êtes plus conseiller fédéral. Etes-vous toujours autant passionné par la politique, ou est-ce que votre regard sur celle-ci a changé ?

Pascal Couchepin : Le regard s’est détendu. Il est peut-être plus critique, pour des raisons objectives sans doute, par le fait même que je ne suis plus au cœur de la politique, par exemple. En tout cas, les problèmes actuels sont plus difficiles à résoudre. Le corps électoral réagit par vagues d’émotions.

Si l’on se replonge dans le passé de notre canton, force est de constater que les mouvements radicaux et libéraux de la Suisse moderne, devenus rapidement importants dans le Bas-Valais, ont été à l’origine d’une dynamique de modernisation, d’industrialisation et de socialisation du Vieux Pays. Selon vous, quelles ont été les grandes étapes qui ont érigé le Valais moderne ?

Le Valais fut conquis par les Romains vers 50 après J.-C. Puis, l’époque savoyarde influença fortement le Bas-Valais. Rappelons que le Prince-Evêque fut nommé Comte du Valais ; le Bas-Valais constituait un pays sujet. Si l’on regarde le patrimoine architectural de ce dernier, il est plus modeste que celui de Loèche, de Rarogne ou encore de la Vallée de Conches, ce qui témoigne de la prospérité du Haut. Continuer la lecture de Regard libre sur le Valais

«Marine Le Pen vous dit MERCI!»

Le Regard Libre N° 5 – Jonas Follonier

On ne peut qu’espérer que le succès du Front national aux élections européennes déclenche une puissante dynamique d’auto-questionnement de la part des différents partis politiques français, surtout PS et UMP. Cela fait maintenant plusieurs décennies que nous assistons en France au creusement d’un intervalle de plus en plus significatif entre les élites politiques et la population.

Tout ce que le peuple ne peut plus supporter – en particulier les dérives du néocapitalisme financier et les abus du libertarisme soixante-huitard – les partis traditionnels n’en tiennent pas compte, bien trop bien dans leur bain constant: à la gauche dure, un anti-capitalisme purement et naïvement économique qui ne tient pas compte des exagérations de la gauche bobo-libertaire; à la droite dite «classique», un «conservatisme libéral» qui leur fait s’exprimer sur des problèmes de société (la laïcité ou la sécurité par exemple) mais qui se satisfait d’un libéralisme exclusivement financier et copieusement critiqué par les citoyens.

Tout cela, Jean-François Kahn, journaliste et essayiste, le dénonce et le développe dans son dernier ouvrage, Marine Le Pen vous dit MERCI!. Il y explique notamment en quoi les abandons respectifs des différents partis ont érigé un escalier au parti lepéniste; un escalier roulant, puisque le FN n’avait presque pas besoin de s’avancer pour gagner!

Personne ne présentait une véritable alternative à ce ridicule bipolarisme UMP-PS, une alternative qui eût une vision complète et cohérente. Personne ne s’intéressait aux maux des citoyens; on leur expliquait que l’insécurité n’existait pas, qu’il y avait seulement un sentiment d’insécurité; l’intelligentsia politico-médiatique les traitaient en somme d’imbéciles. Car c’est bien la gauche petite-bourgeoise qui est la grande responsable de ce qui devait arriver, à savoir 25% de voix à la voie frontiste pour les élections européennes.

Cette problématique gauloise est passionnante en soi; elle l’est encore plus pour nous, Suisses, qui nous intéressons à la politique française mais ne nous trouvons pas dans un aussi piètre état que nos voisins. Cette analyse peut donc nous servir d’avertissement, d’anticipation, de préparation à une catastrophe qui pourrait bien aussi arriver dans nos contrées. Que nos partis (re)trouvent une ligne sociétale et socio-économique, voilà mon souhait! Et puisse en particulier quelque mouvement éclairé sortir de son sommeil, afin qu’il redirige l’homme vers la responsabilité et le sens du bien commun.

Voici, pour vous faire goûter au style tordant et à la réflexion excellente de Jean-François Kahn, un florilège de son dernier essai Marine Le Pen vous dit MERCI!:

«Le changement, c’est maintenant. Le changement du changement, c’est après.»

«Pourquoi [Hollande] a-t-il voulu être président? Pour être président.»

«Marine Le Pen chauve-souris clame d’un côté: écoutez ce que je dis sur l’immigration et l’insécurité, je suis plus à droite que l’UMP, voyez mes poils; et, de l’autre: écoutez ce que je dis sur l’Etat, le social, la mondialisation néolibérale, je suis plus à gauche que le PS, voyez mes ailes!»

«[Hollande] se rengorge et (applaudi en cela par sa petite cour) proclame à la camarade cantonade: « Je suis social-démocrate. Je veux prendre exemple sur eux. Ce qui a échoué partout ailleurs, je vais le faire- » L’héritière n’avait plus qu’à engranger. Inespéré. La soupe lui était servie toute chaude. Ave César, ceux par qui tu vas mourir te saluent!»

«Hollande, hyperprésident mais de carton-pâte, fait du Sarkozy sans la folie ni le talent.»

«Comment, en outre, a-t-on pu lier dans le même paquet cadeau – c’est à se les mordre! – d’un côté, les mesures de restriction de dépenses publiques et de l’autre, les allégements d’impôts et de charges en faveur des entreprises?»

«Des socialistes, qui sont au socialisme ce que DSK est à l’abstinence et qui ont remplacé L’internationale par Viens poupoule!, tombent le masque et redécouvrent les vertus d’Antoine Pinay; sur Internet, les réseaux sociaux trouvent peu à peu leur équilibre entre haine de l’autre et détestation de soi.»

«On fait obsessionnellement la chasse aux expressions incorrectement déviantes, mais interdire la mendicité dans les wagons du métro serait le début du totalitarisme.»

«Leur vote a donc, d’abord, la signification d’un crachat. D’un rot de dégoût.»

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo: © France Info

Royalisme, la question française

Le Regard Libre N° 3 – Vincent Gauye

Qui n’a jamais rêvé aux grandeurs disparues de l’Ancien Régime ? Qui n’a jamais imaginé ce que serait la France aujourd’hui si un monarque la régissait ? Mais quel roi ? Qui aujourd’hui peut se déclarer souverain légitime du trône de France ? A les entendre, certains clameraient le nom du Comte de Paris. D’autres prôneraient un gentilhomme espagnol. Mais qu’en est-il réellement ? Il convient désormais de revivre les événements qui ont ébranlé la France au lendemain de la Révolution Française.

Nous sommes en 1830. Un monarque absolu, Charles X, régit la France. Il succède au « roi fauteuil », Louis XVIII. Tous deux frères de Louis XVI, ils incarnent la continuité de la dynastie des Bourbons qui succède aux Valois. J’ai tantôt caractérisé le régime de Charles X d’absolu. En effet, son royalisme conservateur l’appelait à régner selon les principes omnipotents de son illustrissime ancêtre Louis XIV. « J’aimerais mieux scier du bois que de régner à la façon du Roy d’Angleterre. » disait-il. Continuer la lecture de Royalisme, la question française

« Affaire privée », une drôle d’affaire…

Le Regard Libre N° 1 – Jonas Follonier

Le 9 février prochain, le peuple suisse devra se prononcer sur un sujet sensible : l’avortement. Si l’initiative lancée par des milieux religieux conservateurs – notamment le parti évangélique et certains membres du PDC – ne vise pas à le rendre illégal, elle a néanmoins pour but que l’avortement, qu’il soit un choix ou une nécessité médicale, ne soit plus remboursé par l’assurance-maladie. Leur principal argument : il est scandaleux que des personnes contribuent contre leur conscience au financement d’avortements par le biais de l’assurance obligatoire.

Or, n’est-ce pas le principe même du bien commun, de la participation à la société, que de cofinancer des actes, ici médicaux, dont certains sont effectués contre notre volonté ? Si l’on va jusqu’au bout de cette optique adverse, alors pourquoi financer l’hospitalisation d’un homme qui s’est blessé dans un accident dû à sa coupable inattention ? Pourquoi contribuer au traitement de la cirrhose d’un alcoolique ? Continuer la lecture de « Affaire privée », une drôle d’affaire…