Archives par mot-clé : maladie

«A deux mètres de toi», et à mille lieues de ce à quoi je m’attendais

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

Elle est jolie, intelligente, vierge, a de sympathiques copines, un meilleur ami gay, met un point d’honneur à tout bien faire et vient d’une famille déchirée mais aimante. Il est ténébreux, un peu artiste, cache une profonde sensibilité et des blessures inguérissables derrière ses discours sarcastiques et nihilistes. Dans l’univers des histoires romantiques pour adolescents, ces deux-là étaient forcément destinés à se rencontrer, voués à s’aimer. Un premier contact difficile, quelques allusions sexuelles, une complicité qui se crée au fil de nombreuses conversations malgré les différences…

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«CODA», la musique comme thérapie

Le Regard Libre N° 49 – Ivan Garcia

Documentaire consacré au musicien et compositeur japonais Ryuichi Sakamoto, Coda donne à voir son rapport à la musique, qu’il considère à la fois comme une thérapie individuelle et un moyen d’éveiller la société à certaines thématiques telles que l’écologie ou la nature humaine.

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Alexandra Lamy et José Garcia chamboulent tout

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Chamboultout réunit sous la direction d’Eric Lavaine un José Garcia en pleine forme d’acteur et une Alexandre Lamay au sourire plus doux, plus franc et plus tragique que jamais, interprétant une histoire très touchante. Un exemple de plus d’un cinéma français réussi et universel.

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« La cité lassitude » : du fonctionnaire d’Etat ressurgit l’adolescent rêveur

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

« Mathias aimait la vie, mais se gardait de tout ce qui lui donnait un parfum doucereux ou consolateur. Les filles et le jazz l’attiraient davantage pour leur part de rugueux mystère que pour leur facile beauté et s’il ne papillonnait que brièvement dans le camp des fragiles conquêtes, c’est qu’il craignait encore de s’y consumer. Une part de lui était devenue méfiante et répugnait à l’abandon qui dévore. Il devinait bien qu’il était charmeur, mais il pensait devoir son attraction à l’originalité de ses idées et non à la finesse de ses traits. Son ego et ses succès le trompaient. Il était juste attachant nigaud quand il se croyait profond raisonneur. »

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« Candelaria », une fresque délabrée d’un couple au crépuscule

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

La Havane, Cuba, 1994. L’île subit l’embargo économique américain. Des voix d’opposition retentissent à la radio, les gens envahissent les rues pour protester contre la crise, mais le vieux couple que nous suivons semble passer à côté de ces événements, trop occupé à assouvir ses propres besoins primaires – un repas chaud, de l’eau courante, de l’électricité. Candelaria, proche des quatre-vingts ans, travaille encore – les conditions économiques l’obligent –, malgré son âge avancé, comme femme de chambre dans un établissement touristique. Le soir, dans un local, elle chante des airs typiques accompagnée d’un petit orchestre.

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« The Seen and Unseen » de Kamila Andini

Festival International de Films de Fribourg – Jonas Follonier

Une salle d’hôpital, à Bali. L’écran montre un rideau flou, qui s’ouvre tout à coup sur l’antre du patient. C’est l’histoire d’un enfant malade. « Tantra a une tumeur dans le cerveau […] Ses sens sont touchés. » Des mots que la mère ne comprend pas. Ne peut pas comprendre. Que le père tente d’expliquer, se faisant l’intermédiaire du médecin. Tantra, le garçon malade, a une sœur jumelle, Tantri.

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Sébastien Meier et les nuits lausannoises

Le Regard Libre N° 35 – Nicolas Jutzet

Quelle bonne nouvelle ! Son troisième livre est dans la lignée des deux précédents. Haletant par sa trame et touchant par la profondeur, parfois perturbante, des personnages. L’auteur démontre une fois encore qu’il est capable de traiter avec talent de thématiques difficiles, sans tomber dans le pathos et la simplification à outrance. Après Les ombres du métis et Le Nom du père, place à L’Ordre des choses.

Il y est question de maladie physique et psychique, de drogues, de prostitution, de relations libres et de bien d’autres choses. Souvent caricaturés et ostracisés, ces thèmes deviennent, sous la plume de l’auteur suisse romand, banals et captivants. Si mal nommer les choses ajoute du malheur au monde, mal en parler fait au minimum pareils dégâts. Continuer la lecture de Sébastien Meier et les nuits lausannoises

Des insectes dans l’assiette ?

Regard sur l’actualité – Hélène Lavoyer

Cette semaine, un évènement tout suisse a su ne pas être éclipsé par les tristes nouvelles de Barcelone et les aventures trumpiennes : l’annonce du début des steaks… de grillons, vers et criquets. « Dégueu ! ».

Lors des grillades, végétariens et omnivores ont épicé le débat. D’un côté, il y a les « pro », de l’autre, les répugnés. On comprend bien que les vers, qu’on évite et qui sont plutôt gage de pourriture, dégoûtent. Les criquets et les grillons, leur place est dans un champ.

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« L’Amant double », du sexe aux tourments

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 3 juillet 2017, 20h30 – 21h00

« Hélas, Chloé, il n’y a pas de monstres, il n’y a que des êtres humains, comme toi, moi et Paul. »

La monstruosité, Chloé – interprétée par Marine Vacth, sexe symbole de Jeune et jolie – la connaît dans ses atroces maux de ventre. Elle a suivi une multitude de régimes, elle a même arrêté le gluten, mais rien n’y fait. Vagin en observation sur gros plan à l’écran. « Je crois que c’est surtout psychologique, dans votre tête », estime sa gynécologue. Elle l’envoie donc chez un psychanalyste, Paul Meyer – Jérémie Renier, une partie de lui en tout cas.

La thérapie procède doucement, dans la bienveillance et dans l’écoute. Trop de bienveillance, qui finit par unir sous Aphrodite docteur et patiente. Heureusement, Chloé la perturbée va mieux. Ses douleurs ont brûlé sous le feu de l’amour. Elle emménage chez Paul, et retrouve même un travail, en tant que gardienne dans un musée d’art contemporain. Le couple traduit la joie de la relation apaisante dans d’incessantes copulations effrénées. Paul en arrive jusqu’à demander Chloé en mariage ! Emoustillée de tant d’affection, elle accepte. Et la cassure profonde lorsque celle-ci sort du musée où elle travaille et aperçoit son compagnon avec une autre. Ce dernier nie. « Ce n’était pas moi. » Continuer la lecture de « L’Amant double », du sexe aux tourments

Albert Camus, ou la tragédie du bonheur

Le Regard Libre N° 10 – SoΦiamica

«Le bonheur après tout, est une activité originale aujourd’hui. La preuve est qu’on a tendance à se cacher pour l’exercer. Pour le bonheur aujourd’hui c’est comme pour le crime de droit commun: n’avouez jamais. Ne dites pas, comme ça, sans penser à mal, ingénument: «Je suis heureux». Car aussitôt, vous verriez autour de vous, sur des lèvres retroussées, votre condamnation: «Ah! vous êtes heureux, mon garçon? Et que faites-vous des orphelins du Cachemire, ou des lépreux de la Nouvelle-Zélande, qui ne sont pas heureux, eux?» Et aussitôt, nous voilà tristes comme des cure-dents. Pourtant moi, j’ai plutôt l’impression qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur.» – Albert Camus

La philosophie de Camus est très proche de l’existence qu’il mena. Il naît en 1913 à Mondovi (Algérie) d’une famille pauvre et analphabète; les siens déménagent très tôt à Alger (suite au décès du père, à la guerre) et permettent ainsi la rencontre du petit Camus et de l’instituteur Louis Germain, qui verra du talent en lui et convaincra sa famille à l’inscrire au lycée malgré leur pauvreté. Sa première lutte sera celle du langage: il s’est voulu le porte-parole de tous ceux qui, démunis ou n’ayant pas pu aller à l’école, ne pouvaient pas parler. Il découvrira à la même période les inégalités dues à la pauvreté, et étonnement le football pour les contrer! Gardien de but, on le décrira comme «solitaire dans sa cage, mais solidaire dans l’équipe». Il se lance plus tard dans des études de philosophie.

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