Archives par mot-clé : mensonge

Les fake news: une fake news?

Le Regard Libre N° 64 – Jonas Follonier

Les fausses nouvelles ont toujours existé. Tout le monde connaît d’ailleurs le sens du mot «faux» et celui du mot «nouvelle», il est donc parfaitement clair ce que c’est qu’une fausse nouvelle. Et sans doute chacun sera-t-il d’accord avec moi pour dire qu’on peut annoncer une nouvelle en la croyant vraie, alors qu’en fait elle est fausse. Si nous disions tous la vérité en permanence, si nous étions omniscients, cela se saurait.

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Un «Pinocchio» dans la continuité, mais raté

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Matteo Garrone revient. Roberto Benigni aussi. Et évidemment la fable de Pinocchio (1881) de Carlo Collodi, déjà tant de fois portée à l’écran. L’événement s’annonce donc par la réunion de ces trois retours. Dogman (2018), véritable chef-d’œuvre à mes yeux, a confirmé Garrone, déjà remarqué à Cannes pour Gomorra (2008), en cinéaste brillant dont les sorties sont attendues avec impatience par le public. Benigni, l’éternel père sacrifié de l’immense La vie est belle (1997), fait un retour encore plus attendu sur le grand écran après huit années consacrées à la scène. Et Pinocchio, ça reste Pinocchio, à chaque nouvelle adaptation. Tantôt plus libre, tantôt fidèle, toute adaptation prouve que les années ne passent pas pour les fables. Elles demeurent; parlant à chaque époque, à tout le monde.

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«Si l’on tient à la liberté d’expression, on tient aussi à l’incertitude»

Jonas Follonier était l’un des invités du grand débat de «Forum» le 29 mai 2020 sur RTS2 et la radio La 1ère au sujet du « fact checking » sur les réseaux sociaux, à l’occasion du duel Trump/Twitter:

Comment te dire «Adieu»?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Ce n’est pas le cancer qui tue, c’est la peur.» 

Comment dire adieu à une personne qui est sur le point de prendre la route pour une destination dont elle ne reviendra jamais? Comment dire adieu à sa grand-mère à qui on a diagnostiqué un cancer en phase terminale, et qui se croit malgré tout en parfaite santé? L’Adieu (The Farewell) raconte les adieux de toute une famille à sa matriache, entre les rires et les larmes.

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Un zeste de Bruel et un soupçon de Luchini

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans Le meilleur reste à venir, actuellement sur les écrans, Fabrice Luchini et Patrick Bruel campent deux personnages qui leur ressemblent un brin. Par leur jeu naturel, mais précis, ils célèbrent l’amitié sous fond de maladie et de mensonge. A ne pas manquer.

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Que se cache-t-il derrière les rides d’une ville ?

Le Regard Libre N° 50 – Giovanni F. Ryffel

La beauté est promise par les agences touristiques comme un baume qui apaise les névroses d’une vie de bureaux frénétiques, de repas rapides et de stress. Les vacances sont alors la seule lumière qui pointille la vie contemporaine: elles sont presque la goutte exiguë que demande le riche fini en enfer. Mais ce divertissement que l’on promet lorsqu’on visite Porto, Split ou Venise nous permet-il de véritablement goûter la beauté espérée? Et si nous nous désaltérons avec cette eau, que va-t-on laisser à ceux qui ont grandi auprès de cette source?

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«Une intime conviction»: le mensonge peut-il être au service de la vérité?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Madame, il y a des moments de vérité dans la vie.» 

Suzanne Viguier a disparu le 27 février 2000. Premier soupçon: Jacques Viguier, son mari. Le couple était en phase de séparation. Ce qui pousse l’amant de Suzanne, Olivier Durandet, à accuser Jacques. Après un premier emprisonnement de neuf mois, le mari soupçonné est relâché. Neuf ans plus tard, l’heure est au procès. C’est sur cette période-là que le film se concentre. Loin d’être un simple procès-verbal de l’affaire, Une intime conviction met en scène une star du barreau, Eric Dupont-Moretti, qui avait repris le cas, une femme obstinée, une famille déchirée, des témoignages douteux. Un procès kafkaïen, dans les affres de la justice. 

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«Action ou vérité», telle est la question

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Le jeu nous a suivis.»

Ola le Mexique! Une bande de potes arrive pour des vacances de folie! Selfies à gogo, beuveries, rires, interminables soirées, coucheries sans lendemains: le rêve pour des étudiants en dernière année à l’université. Au dernier soir du séjour au Mexique, l’intelligente et sérieuse Olivia (Lucy Hale) rencontre un charmant jeune homme. Il dit s’appeler Carter (Landon Liboiron). Assurément, il est beau gosse; et il lui en faut peu pour séduire la vacancière. Le bar festif ferme, mais hors de question de s’arrêter là pour une dernière nuit qui doit demeurer inoubliable.

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Carter propose donc à Olivia et ses amis de continuer à s’amuser dans un lieu «génial», dit-il. Légèrement éméchés, les jeunes se rendent dans un ancien monastère sur une colline au bord de l’eau, malgré la stricte interdiction de pénétrer le domaine. Tout est vieux. Tout est cassé. Tout est sombre. Mais il y a des chaises et des bouteilles. Pourquoi ne pas jouer à action ou vérité sous la proposition de Carter? Et le paranormal commence…  discrètement. La soirée se conclut dans la dispute, sans rien de trop choquant. De retour à l’université, tout prend cependant une autre tournure. Le jeu a suivi les étudiants. Il s’impose à eux. Il est démoniaque. Et n’a en fait plus rien d’un jeu.

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« L’adversaire »

Le Regard Libre N° 9 – Loris S. Musumeci

« Qu’il ne joue pas la comédie pour les autres, j’en suis sûr, mais est-ce que le menteur qui est en lui ne la lui joue pas ? Quand le Christ vient dans son cœur, quand la certitude d’être aimé malgré tout fait couler sur ces joues des larmes de joie, est-ce que ce n’est pas encore l’Adversaire qui le trompe ?
J’ai pensé qu’écrire cette histoire ne pouvait être qu’un crime ou une prière.
Paris, janvier 1999 »

Jean-Claude Romand : Père de famille idéal, fils consciencieux, grand médecin à succès… et menteur, assassin, fou.

Son histoire est celle d’un homme banal, qui pendant dix-huit ans a menti sur tout à tout le monde. Et tout éclate le 9 janvier 1993, lorsqu’il tue sa femme, ses enfants, ses parents et tente, sans succès, de se suicider. On découvre alors qu’il n’était pas médecin à l’OMS comme il le prétendait. Il n’était rien. Durant toutes ces années, sans l’ombre d’un doute, sa famille, ses amis le crurent dans ce mensonge d’une vie, mais au moment où la vérité s’apprêta à déchirer le voile de l’imposture pour ressurgir à la lumière, Jean-Claude Romand ne trouva d’autre issue que d’assassiner « ceux qu’il aimait », ceux qui eussent été meurtris par cette vérité étouffée, si vieille et nouvelle à la fois. Continuer la lecture de « L’adversaire »