Archives par mot-clé : peinture

Les «Arpèges» d’une amitié, entre lettres et couleurs

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Arpèges est la réunion de la peinture et du verbe. Publié chez Slatkine suite au décès de Jocelyne Gagliardi, qui fut professeur de littérature et d’histoire de l’art en Valais, cet ouvrage célèbre l’amitié de cette femme avec la peintre Isabelle Tabin-Darbellay. Par une sélection de lettres qu’elle lui a envoyées. Un véritable coup de cœur.

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« La Passion Van Gogh », la première peinture animée de l’histoire du cinéma

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Pour la première fois dans l’histoire du cinéma, un film d’animation voit le jour sur la base de peintures, et non d’images. Des peintures produites à la main, se voulant le plus proche possible du style de Vincent Van Gogh. La Passion Van Gogh raconte l’histoire d’Armand Roulin, fils du facteur qui transmettait les nombreuses lettres du peintre. Le facteur a demandé à son fils de remettre la dernière lettre de Vincent, désormais mort, destinée à son frère, Theo Van Gogh.

Apprenant que ce dernier est lui aussi décédé, Armand Roulin va mener l’enquête sur la mort de l’artiste. Ce sont des personnages peints par Van Gogh lui-même qui se succèdent sur l’écran, pour le plus grand bonheur de l’esthète comme du cinéphile. Ensuite, c’est un travail colossal : plus de soixante mille peintures réalisées manuellement pour l’occasion, numérisées et animées par les technologies modernes, pour leur offrir un mouvement perpétuel. C’est tout l’univers de Van Gogh que nous retrouvons, les champs de blé, le village d’Anvers, la nuit étoilée, les corbeaux, l’ivrogne assoupi.

Quelques bémols

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Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 31 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, en Valais, accueille une centaine d’œuvres du maître d’Aix. L’exposition se tient du 16 juin au 19 novembre. Se laissant apprécier pour ses tonalités variées, elle place à l’honneur autant les portraits que les natures mortes ou les paysages de Cézanne. Ces derniers gardent cependant un rôle particulier à jouer : ouvrez grand votre esprit, les terres du peintre se mettent à chanter.

Après un passage des impressionnistes Degas, Manet, Gauguin, Van Gogh, Morisot, Renoir et Monet, c’est Paul Cézanne qui habite les murs de la Fondation artistique. Il est d’ailleurs un emblème de ce mouvement. Père de la modernité picturale, il choqua par son style épais et tacheté. Il permit l’audacieuse innovation d’une lumière qui fait vivre autant les paysages que les visages. Cela ne se déploya pas sans un manque de reconnaissance à son époque, et une grande solitude.

Un titre symphonique

Daniel Marchesseau, commissaire de l’exposition, s’est tout naturellement inspiré de l’état d’âme du personnage pour le choix du titre : Le Chant de la Terre. C’est le nom d’une symphonie de Mahler, dont les liens à Cézanne paraissent parler d’eux-mêmes. Dans un entretien au Figaro, le commissaire expliquait : « Ce sentiment de terrien qui est celui de Cézanne, ce marcheur accroché à sa lande, à sa terre, mort après avoir peint des heures sous la pluie, m’a semblé en profonde résonnance avec Le Chant de la Terre de Mahler. J’ai réécouté cet ensemble de lieder écrit pour voix seule : Cézanne lui aussi est seul, et l’orchestration de ses coloris, de ses panoramas, de ses mondes intérieurs, donne à sa peinture une dimension symphonique. La rencontre avec Mahler m’a semblé naturelle. » Continuer la lecture de Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Marc Chagall, « L’Anniversaire »

Le Regard Libre N° 28 – Loris S. Musumeci

Regard vers le peintre-poète : Chagall (1/3)

Marc Chagall (1887-1985) est considéré comme l’un des plus grands peintres du XXe siècle. Trois épisodes lui sont consacrés pour caresser son œuvre qui n’est pas que peinture. Elle est aussi poésie. Vers d’un amour ailé et coloré qui se laissent contempler par L’Anniversaire (1915).

Des essais cubistes aux tentations de la violence fauviste, jusqu’au plongeon dans la lumière de l’orphisme, Chagall demeure inclassable. Il est un style, une manière à soi dans ses élans d’évolutions et variations. Son huile sur toile L’Anniversaire s’inscrit dans ce mouvement, bien qu’elle étonne au premier regard. Est-ce vraiment du Chagall ? Point de juif hassidique jouant du violon en louchant, point de chèvre, d’ange déchu ou de Christ. Mais l’amour d’un jeune couple, aussi léger et vivace que le décor de l’appartement. Continuer la lecture de Marc Chagall, « L’Anniversaire »

El Greco, « Entierro del Conde de Orgáz »

Le Regard Libre N° 20 – Loris S. Musumeci

Où va-t-on lors de la mort ? En enfer, au paradis, en décomposition organique ? Pour un pieux homme tel Gonzalo Ruiz, comte d’Orgaz, il est certain que c’est le ciel qui l’attend. C’est du moins ce qu’en dit Domenikos Theotokopoulos, connu sous le nom d’El Greco. Il l’exprime d’une froide et chaude délicatesse par son chef-d’œuvre pictural l’Entierro del conde de Orgáz – l’Enterrement du comte d’Orgaz.

A Tolède, la légende raconte qu’en l’an 1323, aux abords de l’église de San Tomé, l’âme du dévot notable monta dans les hauteurs divines. Cela, pendant que ce furent les saints Augustin et Etienne eux-mêmes qui ensevelirent le corps. Un tel événement ne fut pas complètement considéré comme mystérieux ; Don Gonzalo donna effectivement beaucoup de moyens pour construire l’église miraculeuse, mais surtout il priait sans cesse en vue du bien de tous. Conséquence : l’intervention sacrée. J’en conviens, cependant, que ce n’est pas affaire de tous les jours. Continuer la lecture de El Greco, « Entierro del Conde de Orgáz »