Archives par mot-clé : pornographie

Zoom sur la pornographie avec Netflix

Le Netflix & chill du samedi – Loris S. Musumeci

Avec les deux documentaires des réalisatrices Jill Bauer, Ronna Gradus et Raschida Jones, qui a rejoint le duo après le premier film, Netflix nous donne l’occasion de poser un regard sur la pornographie. Plus qu’un regard, il s’agit d’un zoom. Un zoom cru, surtout dans le premier film, assez gênant, voire très embarrassant. Hot Girls Wanted (2015) et Hot Girls Wanted: Turned On (2017) s’immergent dans le monde du porno. Si le deuxième volet, Turned On, en propose une vision plus large en s’intéressant aussi au consommateur et à d’autres types de pornographie, le premier se focalise sur un aspect bien particulier celle-ci. Et c’est au premier film dont il est ici question de se consacrer pour profiter d’un zoom bien zoomé, très zoomé.

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Schamlos!, quand la pornographie rompt avec les stéréotypes

Hors catégorie – Amélie Wauthier

Ça fait un moment que je cherche un prétexte pour rédiger un article sur le féminisme, le genre, la culture du viol, tout ça. Quelque chose de subtil, histoire de ne pas braquer d’avance les éventuels lecteurs qui auraient quelques a priori sur le sujet – pour ceux qui rejettent catégoriquement tout ce qui sort du moule, désolée, ça ne va pas le faire! Du coup, quand on m’a parlé de Schamlos!, un festival de pornographie queer féministe, j’ai crié «Banko!».

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«The Grudge»: quel est l’intérêt des films d’horreur?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Quand quelqu’un meurt la rage au ventre, une malédiction advient.»

Classique dans ses caractéristiques, The Grudge est un vrai film d’horreur qui fonctionne comme un film d’horreur, avec les codes du film d’horreur. Nicolas Pesce donne d’ailleurs suite avec sa réalisation à la trilogie mythique du cinéma d’épouvante qui porte le même titre, qui elle-même est tirée du Grudge originelle venant du Japon. Cette série de cinq films est désormais devenue une tradition. Et ça marche toujours. Parce que vraiment, ça fait peur!

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Cinquante nuances de ridicule

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Pas de règles, pas de châtiments, plus de secrets. »

La vie d’Anastasia Steele (Dakota Johnson) a repris son cours. Elle sort avec ses amis, travaille dans une importante maison d’édition et loge dans un charmant petit appartement du centre-ville. Un soir, tout bascule. Lors d’une exposition photographique, le bellâtre Christian Grey (Jamie Dornan) vient retrouver son amour perdu : sa « soumise », la victime de ses pratiques sadomasochistes les plus torrides.

La jeune éditrice paraît vouloir se refuser à son irrésistible amant d’antan. Une parole de la voix grave du mâle, et elle cède. Plus tard, dans la même soirée, l’heure sera au retour de l’union des corps. Mais attention, les deux tourtereaux ont pris la ferme décision d’une relation saine, sans violence sexuelle. Y parviendront-ils, sachant que Christian garde des idées toujours aussi chaudes et qu’Anastasia n’a jamais oublié les douces fessées d’autrefois ?

Il est difficile d’en raconter davantage. L’histoire, si elle peut être nommée ainsi, est vide, totalement. Entre stéréotypes ridicules et schéma on ne peut plus répétitif, tout est révélé d’avance. Dès les premières minutes du film, le spectateur peut aisément quitter la salle de cinéma sans manquer un seul élément digne d’intérêt. Continuer la lecture de Cinquante nuances de ridicule

De l’érotisme

Le Regard Libre N° 17 – Loris S. Musumeci

Je voudrais accourir aux pieds de mademoiselle, l’embraser de mes bras de feu, sentir son cou parfumé de grâce, caresser ses seins onctueux couverts d’un fin tissu blanc qui lui sert de robe, découvrir ses lèvres fines et souples, mais je me contente de la regarder, belle qu’elle est, manifestant son être à mes yeux. Pourquoi ce désir brûle-t-il en moi ? Parce qu’Eros l’a insufflé en moi, et il l’a insufflé en chaque homme, en chaque femme. Il y a donc quelque chose de naturel en moi qui accélère le rythme dansant de mon cœur, serre ma gorge et déstabilise mon corps entier par un léger tremblement de jambes lorsque face à moi se révèle, fascinante, la douce colombe.

Si c’est bel et bien Eros qui m’a fait cadeau du désir, il s’agit de le penser par l’érotisme, objet de la présente réflexion. Avant tout, il ne faut pas confondre érotisme et pornographie. Le premier fait délicatement émaner la chaleur de la chair, la seconde crache la froideur de la femme-objet, une poupée dans tous les sens du terme. Le premier chante sotto-voce un léger orgasme, la seconde hurle de douleur. Le premier disparaît, la seconde tue le premier et se déploie malicieusement partout. A l’heure où la pornographie, discrètement escamotée, se trouve à deux « clics » de ma main, soumise au triste voyeurisme, il est essentiel d’établir une nette et rigide distinction avec l’érotisme pour le comprendre. Continuer la lecture de De l’érotisme