Le français au collège

 Le Regard Libre N° 1 – V. Sirine

Le présent article ne vise aucun professeur, ni qui que ce soit. S’il cherchait à le faire, il se limiterait à une bordée d’injures bien senties. Est-il besoin de justifier à un maraud fieffé la bastonnade qu’il mérite ? Non. Bats-le. Si tu ne sais pas pourquoi, lui le saura.

Le présent article ne tend guère plus, malgré les apparences – qui ne sont que celles de l’art à la petite semaine –, à exciter un troupeau d’étudiants (professionnels, s’entend) à une vindicte sanglante, qui n’aurait pas sa place dans un article aussi bienveillant.

Quelque chose mériterait cependant qu’on lui témoigne plus d’égards. Il s’agit d’une branche dont le nom, bien usé avec ses comparses de cellule derrière les grilles rouillées de nos horaires, ne semble guère briller d’un légitime éclat tricolore, sinon fleurdelisé : le français. L’enseignement de cette branche ne fait plus rêver que les demoiselles Bovary. Continuer la lecture de Le français au collège

«Le docteur Jivago» de David Lean, un film monumental

Le Regard Libre N° 1 – Sébastien Oreiller

Récompensé par l’Oscar du Meilleur Film, Le Docteur Jivago, réalisé par David Lean et produit par Carlo Ponti, est une adaptation du roman de Boris Pasternark (1890-1960), sorti en salles cinq ans après la mort de l’auteur, en pleine guerre froide. Censuré par le gouvernement soviétique, le roman, dont l’action s’étend sur près de trente ans, dresse le portrait de la Russie depuis la Révolution d’Octobre jusqu’à la période stalinienne.

Le film s’ouvre sur la rencontre, en plein chantier soviétique, du général Yevgraf Jivago, et d’une jeune ouvrière qui ne serait autre que sa nièce, la fille du poète Youri Jivago et de son amante Larissa. Devant la perplexité de la jeune femme, le général lui raconte l’histoire du docteur Jivago, né en Sibérie avant d’être recueilli à la mort de sa mère par des amis issus de la bourgeoisie moscovite. C’est dans cette cité qu’il étudie la médecine avant d’épouser son amie de longue date, Tonia.

Parallèlement, le spectateur découvre l’existence de Larissa, jeune fille issue de la classe commerçante mais mariée à un bolchevik. Youri et Larissa finissent par se rencontrer, sans que rien ne laisse présager de leur future romance. Ce n’est que bien des années plus tard, lorsque les Jivago emménagent en Sibérie après les expropriations du régime soviétique, que Youri et Lara se retrouvent et deviennent amants, alors que Tonia est enceinte. Malheureusement, Youri est enrôlé de force dans l’armée blanche pendant plusieurs mois, et découvre à son retour que sa femme et son fils ont fui vers l’Europe. Lara et Youri décident de quitter la Russie, mais se trouvent séparés une ultime fois. Jivago meurt plusieurs années plus tard à Moscou, sans avoir retrouvé Larissa.

Le Docteur Jivago est un film monumental, tant par sa qualité cinématographique que son fond historique. Il parvient, en trois heures, à retracer trente ans d’une Russie troublée par les révolutions, la guerre civile, et les ravages du stalinisme. L’atmosphère bouillonnante du pays au crépuscule de la Première Guerre mondiale est rendue à merveille de par les tensions entre deux milieux opposés, celui de la bourgeoisie incarnée par la famille de Tonia, et le prolétariat exaspéré à travers le personnage de Pachka, mari de Larissa. En tant que médecin, Youri Jivago est amené à combattre les sévices de la guerre et de la pauvreté, ce qui fait de lui un personnage ambivalent entre les deux classes sociales, sous le regard glacial de la Sibérie.

En ce qui concerne la production elle-même, tous les ingrédients d’un chef d’œuvre cinématographique sont réunis dans ce film, les acteurs d’abord, puis le cadre. Certains des plus grands noms du cinéma sont présents, parmi lesquels Omar Sharif, qui incarne le docteur Jivago, Géraldine Chaplin dans le rôle de sa femme, Alec Guinness dans celui du général Yevgraf Jivago, et Klaus Kinski, qui fait une brève apparition dans la scène du train. Le décor, grandiose, offre des paysages à couper le souffle, à si méprendre avec les vraies montagnes russes – le film, évidemment, n’a pas été tourné en Russie, pays où il ne sera autorisé qu’en 1994. Toutefois, plus que tous les grands acteurs au monde, c’est surtout la mélodie de Maurice Jarre, célèbre compositeur de musique de films, qui fait le charme intemporel de ce film, bercé par le son de la balalaïka.

Le Docteur Jivago est donc un long-métrage qui demeure l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, auréolé d’un succès intemporel. Si trois heures de projection ne suffisent pas à combler soif d’évasion et passion poétique, le roman de Pasternark fournira sans doute une mine de nouvelles perspectives non seulement sur Youri et Lara, mais aussi sur la grande Russie qui ne cesse aujourd’hui de renouveler à travers des séries télévisées et des comédies musicales sa fascination pour une œuvre injustement censurée.

La philosophie a-t-elle encore une place dans notre société?

Le Regard Libre N° 1 – SoΦiamica

Platon, il y a quelques millénaires de cela, disait avec brio: «la philosophie commence avec l’étonnement». Il comprenait ainsi qu’en observant le monde qui nous entoure, l’homme, par nature avide de savoir, se mettait à philosopher, ou en d’autres termes à réfléchir sur la vie.

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Réflexions d’un historien sur l’immigration

Le Regard Libre N° 1 – Jonas Follonier

Patrick Willisch est professeur au Lycée-Collège des Creusets, à Sion (VS). Il s’est spécialisé dans l’étude des migrations et a écrit sa thèse de doctorat sur l’octroi du droit de bourgeoisie aux apatrides dans le canton du Valais. Nous l’avons interrogé sur l’immigration en Suisse ainsi que sur l’initiative «contre l’immigration de masse» lancée par l’UDC.

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Le Regard Libre, vision d’avenir

Le Regard Libre N° 1 – Jonas Follonier

L’année 2013 a pris fin. Les vacances de Noël sont révolues, la semaine d’épreuves déjà presque oubliée. La période du don d’organes et du don du sang est déjà lointaine, et, surtout, l’action en faveur d’Emmaüs appartient au passé. Place maintenant à de nouvelles résolutions, à de nouveaux événements, à de nouveaux projets. L’un d’entre eux voit aujourd’hui le jour: la création d’un journal de points de vue mensuel réalisé par des étudiants du Lycée-Collège des Creusets, à Sion.

Dans cette société qui laisse la majorité décider de ce qui est bon, juste, branché, moral ou encore nécessaire, et à l’heure où les égalités insensées prennent le dessus sur les différences, nous aspirons à oublier l’originalité, la diversité. Tout le monde pense comme le monde; on veut que l’individu se fonde dans la ronde, que les masses effacent les faces. C’est pourquoi face au regard des autres, nous proposons Le Regard Libre.

Si un Journal du LCC existe déjà, ce magazine ne veut pas en être une copie ni une concurrence; en traitant de points de vue sur des domaines tels que la philosophie, la musique, la littérature ou encore la politique, nous souhaitons au contraire proposer une gazette complémentaire au journal annuel qui, lui, fait l’objet d’articles portant essentiellement sur des activités du collège.

Nous tenons à remercier la Direction, sans qui nous n’aurions pas pu réaliser ce projet.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo: © Le Regard Libre

« Affaire privée », une drôle d’affaire…

Le Regard Libre N° 1 – Jonas Follonier

Le 9 février prochain, le peuple suisse devra se prononcer sur un sujet sensible : l’avortement. Si l’initiative lancée par des milieux religieux conservateurs – notamment le parti évangélique et certains membres du PDC – ne vise pas à le rendre illégal, elle a néanmoins pour but que l’avortement, qu’il soit un choix ou une nécessité médicale, ne soit plus remboursé par l’assurance-maladie. Leur principal argument : il est scandaleux que des personnes contribuent contre leur conscience au financement d’avortements par le biais de l’assurance obligatoire.

Or, n’est-ce pas le principe même du bien commun, de la participation à la société, que de cofinancer des actes, ici médicaux, dont certains sont effectués contre notre volonté ? Si l’on va jusqu’au bout de cette optique adverse, alors pourquoi financer l’hospitalisation d’un homme qui s’est blessé dans un accident dû à sa coupable inattention ? Pourquoi contribuer au traitement de la cirrhose d’un alcoolique ? Continuer la lecture de « Affaire privée », une drôle d’affaire…

Qui de nous a pleuré ?

Le Regard Libre N° 1 – Loris S. Musumeci

Lampedusa, 3 octobre 2013, le naufrage d’un bateau d’émigrants fait plus de 300 morts sur un total de 500 passagers. Ce fut la plus grande catastrophe en mer Méditerranée de notre siècle. Une véritable tragédie! Plusieurs naufrages avaient déjà eu lieu auparavant, et le drame continue ; régulièrement, des bateaux d’âmes désespérées sombrent au large de la petite île sicilienne. Si bien que nous comptons, depuis les quatre dernières années, presque 2000 morts rien qu’en ces belles mais tristes côtes de Lampedusa.

Ce voyage de l’espérance s’est malheureusement transformé en voyage de la mort pour beaucoup (trop) d’hommes, de femmes et d’enfants, qui n’avaient pour seul désir qu’une vie plus sûre, loin des guerres, des famines et des pleurs.

Cependant, au bout de ce tunnel si sombre et qui semble sans fin, apparaît une légère lumière. C’est la lumière de l’espérance, que le Pape François nous a livrée lors de sa célébration pour les défunts de Lampedusa, le 8 juillet dernier, en visite sur les lieux mêmes du drame. Continuer la lecture de Qui de nous a pleuré ?

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