« Les Heures sombres », de Joe Wright

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

10 mai 1940, Winston Churchill devient le Premier Ministre du Royaume-Uni. Mais il n’est pas le premier choix, et l’heure est grave, car l’Europe est en guerre. C’est un Gary Oldman métamorphosé qui a eu la tâche exigeante, mais très réussie, d’endosser le rôle de l’indomptable et déterminé Churchill. L’acteur rend un hommage inimaginable à cette figure à la fois forte, mais aussi en proie à des moments de faiblesse et de vulnérabilité que le film met en scène avec brio.

En effet, le réalisateur Joe Wright a su insister sur le fait que Churchill est aussi un homme qui demeure seul dans ses idées et ses actes. Personne ne le soutient en ce début mai 1940. Ces heures sombres sont esthétiquement présentes, la plupart des scènes politiques se déroule en intérieur, avec des lumières tamisées et dans des pièces étroites. Du côté privé, Churchill se trouve dans de grands espaces avec de hautes fenêtres qui laissent généreusement le soleil illuminer le visage de ses proches. Lire la suite « Les Heures sombres », de Joe Wright

« Brooklyn Yiddish », une photographie sublime épouse l’histoire d’un veuf

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Les rabbins ont-ils droit de regard sur tout ? »

Menashe a l’air perdu. Il marche dans son quartier sans sembler savoir où il va. Pourtant, il est en retard, comme d’habitude. A peine arrivé à l’épicerie kasher où il travaille, il reçoit une remarque de son supérieur. Par ailleurs, Menashe est veuf depuis une année. La garde de son fils unique, Rieven, a été confiée au frère de sa défunte épouse, jusqu’à ce qu’il ne se trouve une nouvelle femme. Seulement, il n’est pas très désireux de se marier. Ce qui compte pour lui, c’est son fils. Miséricordieux, le rabbin lui accorde de pouvoir reprendre Rieven chez lui pendant une semaine. Le père se donnera la plus grande peine pour prouver que lui et l’enfant peuvent être heureux.

Une histoire touchante

Joshua Z. Weinstein a plongé dans sa propre judéité pour donner un aperçu de la vie dans un quartier juif. Si Brooklyn Yiddish rend parfaitement compte de l’atmosphère régnant au sein de la communauté hassidique de Brooklyn, il offre en réalité beaucoup plus. L’histoire raconte l’amour aussi banal qu’immense de l’amour d’un père pour son fils. Le père est certes très maladroit, néanmoins le petit n’a d’yeux que pour lui.

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« Le Grand Jeu » et son grand ennui

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Le poker, c’est de l’habileté. »

Molly Bloom descend la piste avec force et détermination. Dès son plus âge, elle est poussée par son père à devenir une championne de ski de bosses. A douze ans, ses espoirs comme son dos se brisent. Pourtant, malgré la recommandation des médecins à cesser la pratique sportive de haut niveau, elle s’y relance à corps perdu un an après son opération. A deux doigts des jeux olympiques, un nouvel accident change sa vie. Désormais incapable de sport, elle part à Los Angeles pour des études de droit. Entretemps, le père autrefois adoré s’est détourné de sa fille, amer.

Nouvelle ville, nouvelle vie. L’ancienne skieuse gagne un peu d’argent dans un bar guindé. Elle y rencontre un pulsionnel homme d’affaire. Cupide de s’offrir une vie plus aisée, elle devient tant son assistante que sa servante. Là, elle est appelée à organiser les parties de poker de son patron, où se rend toute la jet set du jeu. Les rencontres foisonnent. De fil en aiguille, Molly Bloom, se fait un nom. Elle commence à organiser ses propres parties de poker illégales avec de richissimes joueurs. Le succès est grandissant, mais le malheur frappera.

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France Gall, l’interprète

Les lundis de l’actualité – Jonas Follonier

Janvier 1986. Daniel Balavoine s’éteint dans un accident d’avion. Michel Berger, qui était proche de l’artiste, écrit alors une chanson hommage interprétée par son épouse, France Gall : Evidemment.

Evidemment, cette chanson est magnifique. Et nous pourrions en citer une dizaine d’autres qui font indéniablement partie du patrimoine musical de la seconde moitié du XXe siècle. Il jouait du piano debout, La Déclaration d’amourElla, elle l’a, Diego libre dans sa tête, … Toutes montrent que France Gall était fondamentalement une très bonne interprète et que sa voix transcendait les mélodies de son mari. Lire la suite France Gall, l’interprète

Rencontre avec Philippe Manœuvre : « Je me bats pour la musique sans arrêt ! »

Le Regard Libre N° 35 – Jonas Follonier

Le plus célèbre spécialiste du rock en France, Philippe Manœuvre, est aussi un personnage médiatique hors pair : ancien rédacteur en chef du magazine Rock & Folk, animateur radio depuis les années quatre-vingt, il s’est fait connaître par un nouveau public en faisant partie du jury de la « Nouvelle Star » de 2008 à 2010. Aujourd’hui, il est l’un des chroniqueurs de l’émission « Les Grosses Têtes » animée par Laurent Ruquier et dirige Radio Perfecto, webradio consacrée au classic rock qu’il a fondée l’été dernier. Quelques jours après la mort de son ami Johnny Hallyday, nous l’avons rencontré à Lausanne où il est venu dédicacer son nouveau livre.

« La Discothèque secrète de Philippe Manœuvre »
« La Discothèque secrète de Philippe Manœuvre, 111 trésors cachés du rock », disponible aux Editions Hugo Desinge

Jonas Follonier : Vous sortez un nouvel ouvrage intitulé La discothèque secrète de Philippe Manœuvre, 111 trésors cachés du rock, publié aux Editions Hugo Desinge, où vous présentez des albums collectors isssus de votre discothèque personnelle. Vous êtes également venu dédicacer votre livre co-écrit avec JoeyStarr. Où trouvez-vous le temps pour écrire à côté de vos nombreuses activités médiatiques ?

Philippe Manœuvre : J’ai quitté mon poste de rédacteur en chef à Rock & Folk en février dernier car je suis parti à la retraite. Même si je continue à contribuer à ce magazine, ce départ m’a offert un temps précieux. Maintenant, je me lève le matin pour écrire des livres, et non plus écrire pour le journal. Le reste du temps, je travaille surtout pour Radio Perfecto, mais ça se déroule de façon naturelle. Nous avons lancé la webradio en juin, et nous travaillons quotidiennement avec Fred Marc pour l’améliorer. Lire la suite Rencontre avec Philippe Manœuvre : « Je me bats pour la musique sans arrêt ! »

« Maria by Callas »

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Où cesse la parole, commence la musique, a dit l’admirable Hoffman. Et vraiment la musique est une chose trop grande pour pouvoir en parler mais, en revanche, on peut toujours la servir et toujours la respecter avec Humilité ; chanter pour moi n’est pas un acte d’Orgueil mais seulement une tentative d’élévation vers ces cieux où tout est harmonie. »

C’est en janvier 2013, seul dans sa chambre d’hôtel, que Tom Volf découvre Maria Callas, grande soprano du XXe siècle. A peine introduit à l’univers de l’opéra à ce moment-là, une véritable passion pour la chanteuse naît, lui inspirant un projet gargantuesque : faire parler « la » Callas, avec ses propres mots, et ouvrir au public la personne qu’il découvrit, différente à bien des égards de celle décrite par les médias de l’époque.

Après des années de recherches, récoltant des archives aux quatre coins de la planète, Tom Volf devient l’un des plus grands spécialistes de Maria Callas. Peu prompts à parler aux journalistes, les membres de la famille s’ouvrent pourtant à lui et lui confient des documents privés tels que lettres, photos ou films.

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« Momo » : mauvais, mauvais…

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans la comédie Momo, à l’affiche depuis le 27 décembre, Christian Clavier endosse une fois de plus le rôle d’un bourgeois français, bohème ou bourru, peu importe. Oui, car on connaît la chanson. Après un Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? d’une grande qualité qui tournait en dérision les mariages cosmopolites et un A bras ouverts moyennement apprécié où le jardin de Clavier se faisait envahir par des Roms, le nouveau fond de commerce du célèbre interprète de Jacquouille semble suivre une pente de la mort.

A présent, place à l’arrivée d’un sourd dans la vie du riche. Un sourd ridicule que personne ne comprend et qui apparaîtra bien vite comme le fruit d’une des relations extra-conjugales de Clavier. On peine à rire devant cette énième comédie franchouillarde ne reposant sur rien d’autre que l’adage « on peut rire de tout ». Certes, tout objet est un sujet risible en puissance, mais encore faut-il qu’il soit servi avec goût, surtout au cinéma. Les chefs-d’œuvre Le dîner de cons ou La soupe aux choux ont beau être des comédies françaises à la sauce beauf, elles ne peuvent cependant pas être vues comme de simples copies de brèves de comptoir. Il y a un art de la beaufitude. Lire la suite « Momo » : mauvais, mauvais…

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