Vivre seul en réaction à une société que l’on n’aime pas ?

Le Regard Libre N° 2 – SoΦiamica

Je suis en ce moment-même sur la terrasse d’un café à Lausanne : deux vieilles dames discutent « du bon temps » à ma droite ; deux jeunes filles se plaignent de leur situation amoureuse à ma gauche ; une autre encore, à peine assise, se met à appeler quelqu’un « pour discuter », en attendant son véritable rendez-vous. Lire la suite Vivre seul en réaction à une société que l’on n’aime pas ?

Vivent les langues mortes ! – Conversation avec Albert Praz

Le Regard Libre N° 2 – Jonas Follonier

L’enseignement du latin et du grec ancien est de plus en plus menacé. Il y a cinquante ans, le latin était un sentier emprunté par la majorité des collégiens, et une bonne partie d’entre eux faisaient du grec. Aujourd’hui, au Lycée-Collège des Creusets, à Sion, il n’y a en principe qu’une classe de latinistes par degré de la deuxième à la cinquième année, et la moitié d’entre eux étudient le grec ancien – soit une cinquantaine d’élèves en tout.

Pour discuter de ce sujet qui nous tient à cœur et qui nous concerne personnellement, Sarah D’Andrès et moi-même sommes allés voir la personnalité, l’expérience incarnée, l’homme aux mille anecdotes : notre ancien professeur de grec, aujourd’hui à la retraite, Albert Praz. Lire la suite Vivent les langues mortes ! – Conversation avec Albert Praz

Le monde du journalisme face au changement

Le Regard Libre N° 2 – Jonas Follonier

Le journalisme est en phase de changement ; circonstances obligent. Le développement fulgurant des nouvelles technologies et des réseaux sociaux engendre la multiplication des informations, la rapidité de leur transmission et l’accès immédiat à l’actualité internationale.

Corollaire : la majorité de nos contemporains sont déjà au courant de l’actualité du jour une fois le soir venu. Que dire alors au journal télévisé ? Et, par-dessus cela encore, qu’écrire dans le journal du lendemain ?

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Un jour l’allemand disparaîtra-t-il du LCC ?

Le Regard Libre N° 1 – Florent Aymon 

L’allemand, cette langue considérée par beaucoup, et à tort, comme barbare et inutile, est critiquée ouvertement dans la partie francophone de la Suisse. Qu’en est-il de cette dernière, à ce jour, dans notre collège ?

L’allemand est très, trop, critiqué dans notre établissement. En effet, il n’est pas rare de voir des élèves s’exclamer par exemple : « Oh non, j’ai encore deux heures d’allemand cet après-midi, dont une heure de grammaire et une heure de littérature ! » On peut bien admettre que la littérature allemande n’est pas la branche favorite de la majorité des élèves ; mais de là à imaginer carrément sa suppression dans le programme gymnasial d’ici dix ans, cela est impensable ! Et pour plusieurs raisons : premièrement, le collège étant une école censée apporter une culture générale et non spécifique, comment pourrait-on étayer nos connaissances de la culture germanique sans cet apport nécessaire que donne la littérature ? Deuxièmement, l’Allemagne est trop souvent considérée uniquement comme un pays ayant déclenché et perdu les deux guerres, mais non comme porteuse de ces célèbres écrivains ou compositeurs, à l’instar de Goethe, Schiller ou Beethoven, qui ne méritent que d’être connus. Et – soit dit en passant – c’est elle aujourd’hui qui sauve l’Europe financièrement. Lire la suite Un jour l’allemand disparaîtra-t-il du LCC ?

Le français au collège

 Le Regard Libre N° 1 – V. Sirine

Le présent article ne vise aucun professeur, ni qui que ce soit. S’il cherchait à le faire, il se limiterait à une bordée d’injures bien senties. Est-il besoin de justifier à un maraud fieffé la bastonnade qu’il mérite ? Non. Bats-le. Si tu ne sais pas pourquoi, lui le saura.

Le présent article ne tend guère plus, malgré les apparences – qui ne sont que celles de l’art à la petite semaine –, à exciter un troupeau d’étudiants (professionnels, s’entend) à une vindicte sanglante, qui n’aurait pas sa place dans un article aussi bienveillant.

Quelque chose mériterait cependant qu’on lui témoigne plus d’égards. Il s’agit d’une branche dont le nom, bien usé avec ses comparses de cellule derrière les grilles rouillées de nos horaires, ne semble guère briller d’un légitime éclat tricolore, sinon fleurdelisé : le français. L’enseignement de cette branche ne fait plus rêver que les demoiselles Bovary. Lire la suite Le français au collège

« Le docteur Jivago » de David Lean

Le Regard Libre N° 1 – Sébastien Oreiller

Récompensé par l’Oscar du Meilleur Film, Le Docteur Jivago, réalisé par David Lean et produit par Carlo Ponti, est une adaptation du roman de Boris Pasternark (1890-1960), sorti en salles cinq ans après la mort de l’auteur, en pleine guerre froide. Censuré par le gouvernement soviétique, le roman, dont l’action s’étend sur près de trente ans, dresse le portrait de la Russie depuis la Révolution d’Octobre jusqu’à la période stalinienne.

Le film s’ouvre sur la rencontre, en plein chantier soviétique, du général Yevgraf Jivago, et d’une jeune ouvrière qui ne serait autre que sa nièce, la fille du poète Youri Jivago et de son amante Larissa. Devant la perplexité de la jeune femme, le général lui raconte l’histoire du docteur Jivago, né en Sibérie avant d’être recueilli à la mort de sa mère par des amis issus de la bourgeoisie moscovite. C’est dans cette cité qu’il étudie la médecine avant d’épouser son amie de longue date, Tonia. Lire la suite « Le docteur Jivago » de David Lean

La philosophie a-t-elle encore une place dans notre société ?

Le Regard Libre N° 1 – SoΦiamica

Platon, il y a quelques millénaires de cela, disait avec brio : « la philosophie commence avec l’étonnement ». Il comprenait ainsi qu’en observant le monde qui nous entoure, l’homme, par nature avide de savoir, se mettait à philosopher, ou en d’autres termes à réfléchir sur la vie.

Et pourtant, environ vingt-cinq siècles plus tard, son idéologie semble avoir totalement disparu : l’homme est tout simplement blasé par son quotidien et a perdu l’étincelle d’admiration qui animait ses yeux. Chaque matin, il se lève, il se rend à son travail, passe difficilement sa journée en gémissant face au labeur, rentre chez lui et s’endort finalement, fatigué par une désolante habitude. De plus, il a plongé dans un rationalisme extrême : le dernier courant de pensées en date n’est autre que la philosophie analytique, soit un affreux dédale absurde de logique pure, de calculs et de fonctions, qui a pour différentes variables et inconnues des sentiments ou des passions, eux-mêmes par définition irrationnels. La caricature peut paraître forte, mais elle retranscrit hélas assez fidèlement la mentalité actuelle. Lire la suite La philosophie a-t-elle encore une place dans notre société ?

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