Rubrique: Arts visuels
Le dessin et les coutures de l’image

Le dessin et les coutures de l’image

ARTICLE LONG FORMAT, Vinciane Vuilleumier | Les œuvres sur papier exercent toujours sur moi une fascination particulière. Peut-être est-ce dû au fait que le support est toujours présent et joue un rôle actif dans l’image – il est l’espace négatif qu’on utilise pour faire jaillir la lumière, après tout. Sur une toile, une couche picturale lisse et unifiée laisse l’illusion qu’on est face à une image, seulement – la technique est si parfaite qu’elle masque l’objet et la création sous l’apparence d’une scène. Sur une feuille, les traces font émerger le dessin mais la surface marquée reste visible – son grain, sa teinte, les marques du temps et de l’usure, elle prête sa matière à la composition.
La beauté comme émotion

La beauté comme émotion

ARTICLE LONG FORMAT, Vinciane Vuilleumier | Les tableaux nous apprennent à voir. Ils exercent notre sensibilité: par les tableaux, le pays deviendra paysage. Alain Roger parle de l’artialisation in visu: les productions culturelles, artistiques ou littéraires, constituent dynamiquement des régimes de vision en nous montrant comme voir esthétiquement des portions du réel qu’on survolait jusqu’alors. Le premier pays a être devenu paysage, c’est la campagne, puis il y a eu le bord de mer, l’immensité de l’océan, le spectacle grandiose des Alpes. A force d’avoir vu de si belles représentations, on porte un œil neuf et sensible sur le réel lorsqu’il se présente dans ces formes contemplées ailleurs.
La carte postale, rencontre furtive avec l’art

La carte postale, rencontre furtive avec l’art

Vinciane Vuilleumier, peintre | On l’accroche au mur, on la colle dans un carnet, on la glisse dans un livre, on l’envoie à un proche, on la garde précieusement dans un coffret en bois avec le reste de la collection: la carte postale est partout. Il n’y a rien de plus vif, comme sentiment, que de retrouver dans un livre de seconde main une carte postale qui ne fut pas la nôtre et qui porte les signes d’un échange ou d’un souvenir qui nous échappe.
L’œuvre comme lieu de mémoire

L’œuvre comme lieu de mémoire

ARTICLE LONG FORMAT, Vinciane Vuilleumier | La mémoire est élastique: on peut la configurer à volonté – et volonté il faut. Cela exige un certain ascétisme, bien sûr, car dans le nombre les reliefs se perdent: choisir, c’est renoncer, disait André Gide. Et c’est bien ça, la clef: réduire la quantité des contenus qui traversent notre conscience, prêter notre attention avec discernement, pour que certains contenus, alors, s’élèvent au rang de nœuds – ceux d’un réseau mémoriel qu’on cisèle comme une œuvre d’art.
Quand la poésie de Monique Rey épouse la photographie de René Bersier

Quand la poésie de Monique Rey épouse la photographie de René Bersier

ENTRETIEN, Loris S. Musumeci | Nous sommes face à deux grands personnages, en dépit de leur humilité et de leur discrétion. Monique Rey consacre sa vie à la transmission de la culture et la création poétique; René Bersier est un photographe dont le travail contribue fortement au paysage artistique helvétique. La rencontre de ces deux passionnés remonte à bien des années. Ce qui les a menés à réaliser des livres alliant la poésie de l’une à la photographie de l’autre pour offrir au lecteur – ou peut-être au spectateur – des ouvrages de grande qualité, dont la promenades entre les pages émeut qui sait s’y immerger.