Archives par mot-clé : critique cinéma

«Douleur et gloire»: le premier désir de Pedro Almodòvar

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Salvador Mallo a connu la gloire. Il connaît désormais la douleur. Asthme, maux de dos, maux de tête. Dépression aussi. Le grand cinéaste n’est plus en état de créer. Il se renferme sur lui-même. Des retrouvailles auxquels il ne s’attendait pas et la rediffusion de son succès des années quatre-vingt, Sabor, provoquent cependant un tournant dans sa vie. Celui de d’aller au-delà de la douleur pour retrouver son chemin de gloire. Celui de recommencer à poser sur le clavier un scénario qui raconte son histoire et son mal-être, pour guérir de ses blessures. Pour guérir de son passé.

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«Pokémon: Détective Pikachu»: électrifiant de nostalgie

Les mercredis du cinéma – Melisa Oriol

Bien que l’histoire du film ne soit pas celle que l’on connaît avec Sasha, Pierre et Ondine, Rob Letterman réussit avec douceur et humour à nous renvoyer à nos plus jeunes années dans un univers rempli de Pokémons.

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«Santiago, Italia»

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Je suis certain que mon sacrifice n’aura pas été vain.»

11 septembre 1973, les militaires chiliens s’emparent du pouvoir par un coup d’état. La politique du président socialiste Allende n’est pas de leur goût. Elle est dangereuse. Trop sociale. Trop idéologique. Populiste. Le pays est au bord du gouffre, parce que divisé. Sans manichéisme, il faut bien se rendre compte que d’un côté il y a le peuple, ouvriers et paysans, marxistes et catholiques, de l’autre il y a la haute bourgeoisie, de droite. Elle possède les usines et les privilèges. La politique d’Allende bloque les prix des produits essentiels au peuple; ce qui ne convient pas aux grands patrons, qui ne peuvent plus augmenter les prix au gré de leurs calculs intéressés.

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«Nous finirons ensemble»: la bande d’amis du Cap Ferret

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Putain, j’étouffe!»

Ils sont venus, ils sont tous là: toute l’équipe des Petits mouchoirs est de retour. Et autant le dire tout suite: les neuf ans qui se sont écoulés depuis le premier film n’ont pas fait du bien à tout le monde. Chacun a vieilli, bien sûr, mais chacun a accumulé déceptions et bouleversements.

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«Mid90s» et l’art de ne rien dire, pour tout dire

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

T-shirt Street Fighter, console de Super Nintendo dans les mains, poster à l’effigie du logo du groupe de rap Wu-Tang, couverture Tortues Ninjas et tentative d’échange d’une planche de skateboard contre un disc man, pas de doute, nous voilà bien en 1995. Alors qu’on les pensait plutôt ringardes, faisant pâle figure entre les flamboyantes eighties et l’entrée dans le nouveau millénaire, force est de constater que les années nonante ont aujourd’hui, plus que jamais, la cote.

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«Duelles», entre satisfaction sensorielle et frustration intellectuelle

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

Sur le plan formel, le dernier film d’Olivier Masset-Depasse est un chef-d’œuvre. Lumière, bande-son orchestrale, univers rétro, jeux de caméra techniques et maîtrisés, performance des acteurs, il jouit de qualités esthétiques nombreuses, indéniables. On peine pourtant à se laisser porter et si on sort de la salle les sens satisfaits, on ne se défait pas du goût, certes subtil, mais désagréable qui reste en bouche. Décryptage.

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«After», un avant et un après la passion

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Toi et moi on pourra jamais être juste des amis.»

Tessa est mignonne et gentille. Elle a toujours écouté sa maman et son petit copain Noah. Parce que lui aussi il est tout mignon et tout gentil. En plus, il lui donne plein de bons conseils; il ne veut que son bien. Et des conseils, elle en a besoin pour son nouveau départ. Tessa quitte sa petite ville pour aller à la fac’, à Atlanta. Or le changement n’est pas que géographique, il est radical. Nouvelle école, nouvelle vie. Et nouvelles rencontres. Dont celle de Hardin; un bad boy tout de noir vêtu qui, après résistance, va lui faire tourner la tête, lui faire perdre son sang-froid. Son manège à elle c’est lui! Mais tout n’est pas si simple: la passion a ses raisons que la raison ignore.

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«Boy Erased» et la réorientation sexuelle

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Le diable te tentera sans cesse.» 

Jared Eamons est sage et pieux. Un vrai petit américain qui travaille bien à l’école, qui obéit à ses parents avec lesquels il discute beaucoup, qui donne un coup de main au garage Ford de son papa, et qui ne manque pas un dimanche à l’église. Le père est pasteur, donc normal. Jared a des amis qui sont de braves gars, et il a même une petite copine. Lorsqu’il quitte le foyer familial pour aller étudier à l’université, il se découvre – ou s’avoue – un penchant pour les garçons; de plus en plus imposant. Les circonstances font que ses parents sont avertis par l’université. Inadmissible. Il faut corriger le jeune, le remettre sur le droit chemin. Heureusement, l’institut Love in Action est spécialisé dans la réorientation sexuelle. Quitte à utiliser des méthodes quelque peu douteuses. L’histoire de Jared est une histoire vraie.

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«Grâce à Dieu» et aux paroles creuses

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Au fond, je savais; on savait tous, et on n’a rien dit.» 

Les faits sont désormais bien connus. Pour l’affaire Preynat, comme pour d’autres affaires de pédophilie concernant l’Eglise catholique à travers le monde. Un film au cœur de l’actualité, donc. François Ozon a pour autant voulu rester dans la fiction, plutôt que de se diriger vers le documentaire. Inspirée directement et étroitement de la réalité, l’histoire d’Alexandre, et celle d’autres victimes d’abus sexuels lorsqu’elles étaient scouts dans le diocèse de Lyon, est portée à l’écran pour provoquer le choc nécessaire à faire bouger les choses. A «libérer la parole».

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«Une intime conviction»: le mensonge peut-il être au service de la vérité?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Madame, il y a des moments de vérité dans la vie.» 

Suzanne Viguier a disparu le 27 février 2000. Premier soupçon: Jacques Viguier, son mari. Le couple était en phase de séparation. Ce qui pousse l’amant de Suzanne, Olivier Durandet, à accuser Jacques. Après un premier emprisonnement de neuf mois, le mari soupçonné est relâché. Neuf ans plus tard, l’heure est au procès. C’est sur cette période-là que le film se concentre. Loin d’être un simple procès-verbal de l’affaire, Une intime conviction met en scène une star du barreau, Eric Dupont-Moretti, qui avait repris le cas, une femme obstinée, une famille déchirée, des témoignages douteux. Un procès kafkaïen, dans les affres de la justice. 

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