Si la Suisse a emprunté aux Etats-Unis son système fédéraliste, l’essor de la démocratie directe outre-Atlantique a été stimulé par le modèle helvétique. Histoire du destin commun de ces deux pays, qui ne s’est pas seulement joué dans leurs capitales.
Le débat sur le seuil de signatures requises pour soumettre au vote des Suisses une initiative populaire soulève une question essentielle: faut-il revoir leur nombre… ou exiger plus d’efforts des signataires?
L’initiative populaire permet aux citoyens suisses de proposer des modifications constitutionnelles. Cependant, malgré la fréquence de leur lancement, ces textes aboutissent rarement. Faut-il augmenter le nombre de signatures requises?
Avec son territoire hostile, la Suisse a dû trouver une autre recette pour réussir. Elle a alors développé un contre-modèle. Dans son essai «L’identité suisse au défi», l’ex-diplomate Paul Widmer s’intéresse aux ingrédients du succès helvétique, pour mieux le perpétuer.
Accusés depuis Rousseau de souiller les mécanismes d’une authentique démocratie, les groupes de pression en constituent pourtant un rouage essentiel. Siégeant parmi les «corps intermédiaires» chers à Tocqueville, ils permettent aux opinions de se forger.
Le système dit de milice est critiqué loin à la ronde. Cependant, ses pourfendeurs passent à côté de sa logique propre, qui participe avec le fédéralisme et la démocratie directe de la construction institutionnelle, et ainsi identitaire, de la Suisse.
La récolte rémunérée de signatures a le défaut de favoriser les acteurs qui ont le plus de moyens. Or interdire cette pratique aurait des conséquences encore pires qui éloigneraient davantage la démocratie directe à la suisse de son esprit originel.
Système de milice, productivité, neutralité… Dans son essai «La Suisse n’existe plus», le responsable de projets à l’Institut libéral Nicolas Jutzet montre que l’idée qu’on se fait de ce modèle démocratique et économique ne reflète plus vraiment la réalité.
Président de l’Institut des Libertés, un think tank libéral-conservateur parisien, l’entrepreneur, financier et essayiste Charles Gave présentait dans une émission diffusée sur YouTube en décembre dernier sa vision de la réussite économique suisse. Compte-rendu.