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« Les Grandes Traversées », du cancer au grand passage

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Le cancer c’est… un mot insupportable »

Françoise Maye vit sa phase terminale. Son fils, David, l’accompagne dans la traversée caméra sur l’épaule, par un documentaire sans prétentions. Alors qu’une existence en est à son crépuscule, une autre voit le jour. La sœur de David met au monde une petite-fille, qui comble de bonheur les derniers mois de vie de la grand-mère. Le mari de Françoise, quant à lui, s’attèle à la restructuration de la cuisine.

Le petit film de soixante-six minutes pourrait faire penser à une vidéo d’amateur, publiée en guise de témoignage. En réalité, même si la forme reste des plus sobres, le réalisateur devenu orphelin de sa mère raconte non seulement l’union d’une famille toute entière face à la maladie, mais aussi le bilan d’une vie simple qui s’éteint dégustant aux souvenirs ineffaçables par des photographies.

Les plans figés sur les ceps en différentes saisons montrent de manière poétique le temps qui passe, les dégénérescences qu’il apporte, et finalement les vendanges consacrant le vin sur la table familiale. En outre, les relations entre les générations donnent à voir le chemin de la vie qui continue. Une des scènes les plus belles figure en effet la grand-mère et sa petite-fille jouant sur la terrasse.

« Tu t’es toujours montré comme un professionnel des grandes traversées, mais au fond, on ne sait rien du passage. »

Ecrire à l’auteur : loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo : © cinergy.ch

« La Planète des singes : Suprématie »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 2 octobre 2017, 20h30 – 21h00

« Je t’ai offert la paix, et tu as tué ma famille. »

Après les deux premiers épisodes des Origines et de l’Affrontement, César vit au cœur d’une forêt reculée avec sa tribu de singes. Malgré l’isolement de ces derniers, le colonel McCullough et sa milice indépendante voient toujours en eux une menace pour l’humanité. Une nuit, ils leur lancent une attaque secrète pour imposer l’autorité des hommes. La lutte, bien que brève, provoque la mort tragique de nombreux singes, dont celle l’épouse et de l’aîné de César.

Le chef du clan avait offert la paix au colonel, mais suite aux événements, l’heure des représailles arrive. Submergé par la haine, César s’aventure à sa recherche. Il est accompagné dans la quête assoiffée de vengeance par trois sages et vaillants compagnons de diverses races simiennes : Maurice, Rocket et Luca. La route est longue, dure, douteuse. Elle ne manque pas de surprises, qui finissent par mener le singe face à l’ennemi ; dans des conditions terribles, vers des révélations inattendues.

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« Le désert… c’est comme l’idée de l’éternité », mars 1970 – août 1979

Le Regard Libre N° 27 – Loris S. Musumeci

Jours fastes (6/6)

Riches et profondément attachants que ces Jours fastes s’étendant de 1942 à 1979. La correspondance des deux époux écrivains Corinna Bille et Maurice Chappaz s’achève dans les parfums d’Afrique et les couleurs d’Asie par le cinquième chapitre : « Le désert… c’est comme l’idée de l’éternité » (1970 à 1979).

L’Afrique post-familiale

« Mais le désert, Maurice, le désert… c’est comme l’idée de l’éternité qu’on ne peut comprendre avant de la vivre. »

Telle est la première impression marquante du voyage de Corinna vers l’Afrique. Le désert. Contemplé dans l’éternité d’un regard ébloui au hublot. L’aventurière n’est pas au bout de ses surprises. Elle a encore tout à découvrir du nègre continent. De plus, les retrouvailles avec son fils Blaise, établi à Abidjan pour le travail, ne sont qu’un prétexte trop heureux. Lire la suite « Le désert… c’est comme l’idée de l’éternité », mars 1970 – août 1979

« Je suis capable de créer une oeuvre très belle », avril 1950 – octobre 1957

Le Regard Libre N° 25 – Loris S. Musumeci

Jours fastes (4/6)

La famille s’agrandit par l’arrivée de Marie-Noëlle, la petite dernière. Et ce n’est pas tout. « Je suis capable de créer une œuvre très belle », le troisième chapitre de Jours fastes, rendant compte du courrier de 1950 à 1957, ouvre la porte à de nouveaux joyaux littéraires. Corinna Bille et Maurice Chappaz échangent toujours davantage sur leurs lectures. Aussi, ils entament une sublime correspondance voyageuse. A savourer sans retenue ; en laissant place aux paroles mêmes des deux écrivains.

La famille, des soucis aux douceurs

« Quel adorable compagnon cet Achille. Pas un instant, il m’embête. Il dort, il mange, il joue, c’est un rêve. Il est toujours content de tout. Aujourd’hui, je l’ai promené le long du bisse jusqu’à Plan-Praz. Quelle joie pour lui de taper dans l’eau avec un bâton, de jeter des petits cailloux, de toucher les réservoirs – Je m’asseyais sur l’herbe et je regardais les touffes bleues de gentianes. Mais sois tranquille, je ne perds pas de l’œil Achille, même si je travaille à côté. Ne t’inquiète pas. »

Après Blaise, l’aîné, la progéniture continue par la naissance d’Achille, en 1948. Ce dernier est accueilli avec moins d’angoisse que le premier. Corinna est désormais rodée. Elle réussit à concilier, avec plus ou moins d’aisance, maternité et écriture. Lire la suite « Je suis capable de créer une oeuvre très belle », avril 1950 – octobre 1957

Le congé paternité de deux semaines est enterré

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

La polémique de la semaine nous vient de Berne, où « l’affreuse » majorité bourgeoise du Conseil National a définitivement recalé un projet de congé paternité de deux semaines. Pour rappel, celui-ci avait déjà été refusé par le Conseil des Etats en novembre 2015.

S’ensuivit l’habituelle pluie de remontrances et les accusations lancées par les autoproclamés « progressistes » aux abominables « conservateurs ». On les accuse de promouvoir, en 2016, au XXIème siècle (rendez-vous compte !), un modèle de société dépassé, dans lequel la femme s’occupe des enfants pendant que le mari assure la sécurité financière du ménage. C’est évidemment faux, du moins pour la grande majorité. En face, on rétorque que la famille est une affaire privée, que l’Etat n’a pas à s’immiscer dans la politique familiale. Lire la suite Le congé paternité de deux semaines est enterré

L’adversaire

Le Regard Libre N° 9 – Loris S. Musumeci

« Qu’il ne joue pas la comédie pour les autres, j’en suis sûr, mais est-ce que le menteur qui est en lui ne la lui joue pas ? Quand le Christ vient dans son cœur, quand la certitude d’être aimé malgré tout fait couler sur ces joues des larmes de joie, est-ce que ce n’est pas encore l’Adversaire qui le trompe ?
J’ai pensé qu’écrire cette histoire ne pouvait être qu’un crime ou une prière.
Paris, janvier 1999 »

Jean-Claude Romand : Père de famille idéal, fils consciencieux, grand médecin à succès… et menteur, assassin, fou.

Son histoire est celle d’un homme banal, qui pendant dix-huit ans a menti sur tout à tout le monde. Et tout éclate le 9 janvier 1993, lorsqu’il tue sa femme, ses enfants, ses parents et tente, sans succès, de se suicider. On découvre alors qu’il n’était pas médecin à l’OMS comme il le prétendait. Il n’était rien. Durant toutes ces années, sans l’ombre d’un doute, sa famille, ses amis le crurent dans ce mensonge d’une vie, mais au moment où la vérité s’apprêta à déchirer le voile de l’imposture pour ressurgir à la lumière, Jean-Claude Romand ne trouva d’autre issue que d’assassiner « ceux qu’il aimait », ceux qui eussent été meurtris par cette vérité étouffée, si vieille et nouvelle à la fois.

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L’amitié chez les antiques philosophes

Le Regard Libre N° 4 – SOΦIAMICA

« Ami » ou « amitié », des termes que nous utilisons quotidiennement sans toutefois avoir conscience de l’immensité que cela peut représenter : qui de nous en a-t-il déjà ressenti la profondeur ? Lire la suite L’amitié chez les antiques philosophes