Archives par mot-clé : famille

«Venise n’est pas en Italie», elle est dans la tendresse

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Encore une comédie dramatique française dans les mercredis du cinéma? En plus, traitée très positivement par un critique pas très critique et un brin monothématique? Oui, désolé. Parce que Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac est un film réussi sur tous les plans.

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«Damien veut changer le monde» et s’y essaie par le rire

Les mercredis du cinéma – Lauriane Pipoz

Les parents de Damien sont des manifestants de gauche très actifs. Ils s’engagent pour toute une série de causes telles que la maltraitance animale ou le statut des sans-papiers. Mais lorsque la mère de Damien meurt subitement, l’engagement social de la famille est dissout et chacun prend une route différente. A l’âge adulte, devenu «pion» dans une école, le personnage principal décide de reconnaître un enfant syrien pour qu’il reste scolarisé en France. Le fils de manifestants renoue ainsi avec ses racines. Mais il se retrouve vite dépassé par son envie d’aider son prochain après avoir entraîné d’autres «pères» dans son aventure. 

«Les enfants ne sont ni échangeables, ni remboursables»

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«Us», c’est nous

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Eh bien! – ainsi parle le Seigneur – je vais faire venir sur eux un malheur dont ils ne pourront se tirer. Ils m’appelleront à l’aide, mais je ne les écouterai pas.» Jérémie 11:11

Une petite fille regarde la télévision. Nous sommes en 1986. L’action Hands Across America bat son plein pour plus de solidarité aux Etats-Unis. Une publicité parmi tant d’autres à la télévision qui devrait laisser une enfant indifférente. Coupure. On retrouve la petite fille, avec son papa et sa maman sur la plage de Santa Cruz à la fête foraine. L’angoisse est palpable, alors que les rires et les jeux sont dominants. Un instant a suffi à ce que son père détourne le regard pour que la petite fille s’éloigne. Elle est perdue pendant un petit quart d’heure. Traumatisme. Ses parents la retrouvent et elle ne parle plus.

De nos jours. La situation semble s’être nettement arrangée pour l’enfant qui est devenue désormais une femme, Adelaïde. Elle est mère à son tour. En famille, ils reviennent à Santa Cruz pour les vacances d’été. Mais trop de coïncidences rappellent à la protagoniste le choc de son enfance. Peur prémonitoire car la suite n’a rien de joyeux. Panne de courant. «Y a une famille dans notre allée», remarque Jason, le fils. Et la famille en question n’est pas prête à s’en aller. Ils s’avancent vers la maison, et je vous passe la suite. 

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Rencontre avec Mikhaël Hers, réalisateur d’«Amanda»

Le Regard Libre N° 45 – Loris S. Musumeci

Mikhaël Hers en est à son troisième long-métrage. Déjà très apprécié, il est promis à une carrière toujours plus florissante dans le septième art. Aujourd’hui, le cinéaste nous présente Amanda, qui place son action dans un Paris victime d’un horrible attentat, actualité de ces dernières années oblige. David, vingt-quatre ans, y perd sa sœur, et se voit soudain en père improvisé de sa nièce, la petite Amanda. La situation est loin d’être facile, et pourtant les deux vont apprendre à vivre ensemble, comme père et fille. En somme, le film est simplement beau et bouleversant. Rencontre avec son réalisateur.

Loris S. Musumeci: Comment en êtes-vous venu à faire du cinéma?

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«Une affaire de famille», un grand film malgré l’ennui

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une affaire de famille, c’est une histoire de famille, une histoire de vols, une histoire de tendresse, une histoire de secrets. Osamu est à la tête d’une famille défavorisée de cinq personnes qui vit dans une pièce aux allures de trou à rat. En honnête homme, non seulement il travaille au quotidien à des cambriolages mesurés, mais il forme aussi son fils à cette activité. 

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«Los Fantasmas Del Caribe» ou l’identité fragmentée

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Le passé fait que le présent est différent. Quelque part entre deux temps verbaux, deux époques, deux réalités, l’identité trouve malgré tout un fil fragile sur lequel progresser en équilibriste.

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«Jean-Christophe et Winnie»: enfance et quête de soi

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

«Jean-Christophe, quel jour on est?
Aujourd’hui, Winnie.
Oh! mon jour préféré!»

Un samedi après-midi pluvieux, la salle de cinéma est remplie d’enfants qui courent et jouent à cache-cache entre les rangées de sièges. Parents et grands-parents, armés de véritables seaux de pop-corn et autres friandises, ont amené leurs fratries, accompagnées de petits copains d’école, voir les (nouvelles) aventures des célèbres peluches Disney. Quelles peluches? Mais les amis de Winnie voyons! Le petit ours jaune au T-shirt rouge trop court et au cerveau trop petit. Mais ces enfants savent-ils encore de qui il s’agit? Connaissent-ils tous les habitants de la Forêt des Rêves bleus? On en douterait à voir leurs réactions…

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«Portnoy et son complexe»

Le Regard Libre N° 43 – Jonas Follonier

Dossier spécial Philip Roth (4/4)

Un petit livre incontournable que Portnoy et son complexe, roman de 1969 ayant valu à l’Américain Philip Roth sa sulfureuse notoriété. L’auteur avait déjà publié un recueil de nouvelles dix ans plus tôt, Goodbye, Columbus, qui n’avait pas obtenu le succès. Néanmoins, les thèmes obsessionnels de Roth étaient déjà présents, à commencer bien sûr par la judéité. Obsessionnel, cet écrivain l’est assurément, comme tous les génies. Imaginez un Tarantino qui ne fût pas obsessionnel, de même qu’un Proust, un Polnareff, un Flaubert ou un Kubrick. Et il est une obsession qui parcourt tout Portnoy et son complexe: celle du sexe.

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L’«Indignation» de Philip Roth

Le Regard Libre N° 43 – Alexandre Wälti

Dossier spécial Philip Roth (3/4)

Mourir bêtement d’un coup de baïonnette par refus de subordination à n’importe quel ordre moral. Finir déchiqueté sur le champ de bataille comme un bout de viande parce qu’on a refusé l’inculcation d’une quelconque tradition. Est-ce que cela en vaut la peine? La question fait écho au terme «indignation» – le sentiment de colère qui soulève une action qui heurte la conscience morale, le sentiment de la justice – titre du roman de feu Philip Roth.

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«Pastorale américaine», un ouvrage qui dit tout

Le Regard Libre N° 43 – Loris S. Musumeci

Dossier spécial Philip Roth (2/4)

«Deux cent cinquante millions de personnes mangent une dinde unique et colossale, qui nourrit tout le pays. On met entre parenthèses les mets bizarres, les pratiques bizarres et les particularismes religieux, entre parenthèses la nostalgie trimillénaire des Juifs, et chez les chrétiens le Christ, sa croix et sa crucifixion ; chacun, dans le New Jersey et ailleurs, met son irrationalité en veilleuse mieux que tout le reste de l’année. On met entre parenthèses griefs et ressentiments, et pas seulement les Dwyer et les Levov, mais tous ceux qui, en Amérique, soupçonnent leur voisin. C’est la pastorale américaine par excellence ; cela dure vingt-quatre heures.»

Pastorale américaine (1997) est une révélation. Elle est une révélation de Philip Roth pour ceux qui, comme moi, n’avaient jamais lu l’auteur auparavant. Elle est aussi la révélation d’un roman on ne peut plus complet dans ses thèmes et où le style parle vrai. Elle est par là la révélation d’une œuvre d’art, qui s’érige indéniablement en authentique chef-d’œuvre de la littérature.

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