Archives par mot-clé : racisme

De Niro et Machiavel dans: «Il était une fois le Bronx»

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Les gangsters au cinéma – Antoine Bernhard

Après presque trente ans d’expérience comme acteur, De Niro endosse en 1993, pour la première fois de sa carrière, le rôle de réalisateur. Dans Il était une fois le Bronx, il pousse la prouesse jusqu’au bout, et assume l’un des trois rôles principaux de son propre film. La performance est remarquable, le film l’est tout autant. Penchons-nous sur l’un des deux seuls films réalisés par un géant d’Hollywood.

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«La Planète des singes», une histoire racontée par sa musique et ses bruits angoissants

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: La coronarétrospective du cinéma d’anticipation – Loris S. Musumeci

La Planète des singes est devenu une véritable planète. Autour de laquelle gravitent différentes productions cinématographiques en plusieurs séries, des bandes dessinées, des études, des commentaires, en somme toute une littérature, une culture. Mais tout est parti du roman à succès de Pierre Boulle, sorti en 1963. Dès lors, Hollywood s’est emparé de l’histoire en l’adaptant tout d’abord librement, mais sobrement. Pour l’exploiter ensuite toujours plus, en lui donnant des suites et des origines. Et ce, grâce au triomphe dans les salles du premier film de la saga. La Planète des singes (1968) réalisé par Franklin Schaffner.

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«La Voie de la justice», une voix trop manichéenne

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Des violons un peu insistants sur le début, mais sans que cela gêne trop l’ensemble. Des acteurs qui touchent juste, sans pour autant sortir de l’ordinaire. On ne comprend pas bien l’histoire du premier coup; tout va trop vite, et en même temps trop lentement. C’est dans une ambiance cinématographique en demi-teinte que se passe le début de La Voie de la justice, un film sur la peine de mort et le racisme institutionnel en Alabama – tous deux encore actuels. Des dialogues vont cependant vite capter l’attention et l’émotion du spectateur. «Un nègre est responsable, et si c’est pas toi, tu paies pour tes potes.» On comprend vite la violence de cette injustice qui consiste en un simple «deux poids, deux mesures» basé sur la couleur de peau.

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«Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu» pour mériter ça?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«J’en peux plus de la France; il n’y a plus que des fainéants et des jaloux.»

La fameuse famille qui a accumulé les mariages mixtes est de retour. S’il a fallu que les Verneuil, bons bourgeois catholiques provinciaux un poil racistes, acceptent dans Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu les conjoints étrangers de leurs quatre filles, à savoir un Algérien musulman, un Juif séfarade, un Chinois et un Ivoirien, ils doivent désormais les convaincre de rester en France. Chacun d’eux veut en effet quitter le pays pour rejoindre sa terre d’origine. La France et ses stéréotypes ethniques les ont lassés. 

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«Green Book: Sur les routes du Sud»

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Les Noirs adorent le poulet frit.»

Tony travaille comme videur dans un cabaret; sa carrure est on ne peut plus adaptée au métier. Mais voilà que l’établissement va fermer ses portes. Réputé pour s’arranger en toute situation – parce que c’est un baratineur et surtout parce que c’est un vrai rital – il est recommandé au pianiste virtuose Don Shirley. Il faut à ce musicien noir non seulement un chauffeur pour sa tournée dans le Sud, mais également quelqu’un qui veille sur lui. Nous sommes en 1962, et le racisme est plus que présent. Un rital et un négro sur les routes du Sud, est-ce possible? Il faut croire que oui, puisque Green Book: Sur les routes du sud ne raconte rien d’autre qu’une histoire vraie. 

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Agassiz, censurer le passé?

Le Regard Libre N° 44 – Jonas Follonier

Au bord du lac de Neuchâtel, aux pieds des Jeunes Rives, se niche la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université, sise à l’Espace Louis Agassiz. Cet espace porte le nom d’un grand scientifique américano-suisse du XIXe siècle, Jean Louis Rodolphe Agassiz, devenu professeur à l’académie de Neuchâtel, qui allait devenir ce que les modernes appellent l’UniNE.

Seulement voilà, c’était sans compter les bien-pensants qui peuplent les différentes ramifications étatiques. Louis Agassiz était un raciste, voyez-vous, il fallait donc, d’urgence, ôter son nom de cet espace et le remplacer par celui, plus politiquement correct, de Tilo Frey, qui a – pardonnez mon sarcasme – la triple compétence d’être une femme, une métisse et une «pionnière de l’égalité». La proposition a été formulée par le Conseil général de la Ville de Neuchâtel et s’est vue validée par le rectorat de l’Université.

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«L’Art de perdre»: l’art de réussir à créer des liens

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«Qu’est-ce que vous croyez qu’elles font vos filles dans les grandes villes? Elles disent qu’elles partent pour leurs études. Mais regardez-les: elles portent des pantalons, elles fument, elles boivent, elles se conduisent comme des putes. Elles ont oublié d’où elles viennent.»

Naïma est l’héritière d’une histoire familiale chargée de l’Histoire. Sa famille, d’origine kabyle, est arrivée en France durant l’été 62. Date maudite selon son père Hamid, qui n’a quasiment jamais parlé de l’Algérie à ses filles. Date maudite aussi pour son propre père, Ali, qui avait suggéré aux siens de ne jamais préciser la date de leur arrivée en France, surtout en présence d’autres ressortissants algériens. L’été 62 est en effet le moment où sont arrivés les «harkis», ces Algériens qui ont choisi la France face au FLN.

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«BlacKkKlansman»: l’art comme arme

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

Le spectateur de BlacKkKlansman : j’ai infiltré le Ku Klux Klan quitte la salle de cinéma avec la sensation particulière de n’avoir pas uniquement assisté à la projection d’un film, mais d’avoir participé à un événement qui risque de marquer l’histoire du cinéma. Nous avons donc le sentiment qu’il serait judicieux d’analyser la dernière œuvre de Spike Lee sous deux angles, l’un plus formel et l’autre en appréhendant BlacKkKlansman en tant qu’objet socio-politique engagé.

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«American Nightmare 4 : Les Origines»

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Depuis 2013, James De Monaco a surpris avec sa saga American Nightmare qui consiste en une purge annuelle devant réguler la criminalité et le taux de chômage des Etats-Unis. C’est durant une nuit par année que les citoyens américains ont le droit de commettre tous les crimes et exprimer toute leur négativité. Une fois les douze heures passées, les crimes survenus durant la purge ne seront pas poursuivis et la vie reprendra son cours normal. Dans ce quatrième film, le réalisateur Gerard McMurray nous présente l’origine de cette tradition meurtrière qui a eu lieu dans une ville sur une île isolée des Etats-Unis.

Le film de trop

Les « Nouveaux Pères Fondateurs » sont parvenus à la tête des Etats-Unis et décident de mettre en place un projet expérimental visant à baisser le taux de criminalité. Ce nouveau concept vient de la sociologue May Updale et ses idées ont très vite intéressées le nouveau gouvernement des Etats-Unis. Seul problème, Dr. Updale et le gouvernement n’ont pas le même point de vue sur cette expérience qui ne représente qu’un test psycho-social pour la sociologue alors que les politiciens y voient un intérêt économique pour le pays.

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