«Mission impossible: Fallout»

Les mercredis du cinéma – Nicolas Jutzet

Dans la même veine que les James Bond, la tâche principale pour un réalisateur d’un « Mission impossible » c’est, avec ce sixième opus, de parvenir à convaincre sans lasser. Sans jamais dénaturer l’héritage. De peur de fâcher les puristes. Cette mission est loin d’effrayer Christopher McQuarrie, le réalisateur, qui se joue parfaitement des obstacles et signe une œuvre réussie dans laquelle Tom Cruise, dans la fleur de l’âge, excelle.

Un scénario captivant

C’est l’histoire d’un échec. Ethan Hunt, habituellement toujours en réussite, se plante. Tel un vulgaire débutant. Une sorte de péché originel pour le monstre d’égotisme et d’efficience qu’il est (ou qu’il était ?), du moins sur le papier. Souhaitant protéger un coéquipier, il oublie, quelques secondes durant, de surveiller son trésor. Une fois ses esprits repris, il est trop tard. Bien trop tard. La cargaison s’est envolée, et ses voleurs avec lui. Or, à l’image du reste de ses missions dans les épisodes précédents, le protagoniste ne fait jamais les choses à moitié.

Quand il fait fausse route, il met non pas son humble destin d’aventurier téméraire en danger, mais bien celui de l’humanité toute entière. Il vient de se faire subtiliser trois charges de plutonium. Avec celles-ci, un groupe terroriste que les spectateurs de Mission impossible ont bien en tête, connu sous le nom du « Syndicat », veut mettre la planète à feu et à sang. Pour rappel, dans l’épisode cinq, « Rogue Nation », l’équipe de l’IMF (Impossible Missions Force) l’avait démantelé en arrêtant la tête pensante, Solomon Lane. Désormais emprisonné. Sur les cendres de ce groupuscule voit le jour un nouveau groupe terroriste, « Les Apôtres », non moins dangereux et ô combien déterminé. Ils veulent purifier l’humanité, pour mieux la voir revivre.

Il ne peut y avoir de paix, sans d’abord une grande souffrance. Plus la souffrance est grande, plus la paix est grande. Solomon Lane

Paris, voir la Veuve Blanche et mourir

Chahuté et contesté suite à sa mésaventure initiale, Ethan Hunt se voit obligé d’accepter, sous la pression inflexible de la glaciale d’Erica Sloane, la directrice de la CIA, un homme carré qui répond au doux nom d’August Walker. Problème, il semble encore plus mufle que notre cher Ethan. La cohabitation s’annonce tendue. D’autant plus que le nouveau venu est connu pour son approche… brusque.

Le but commun qui les unit, soit simplement sauver l’humanité du mal que souhaite répandre l’association terroriste, permet de passer outre certaines animosités. Focus sur l’objectif. Après avoir perdu les charges à Berlin, c’est dans une autre capitale européenne que se déroule la suite du plan. Bienvenue à Paris. Il y rencontre, non sans peine et dégâts, une intermédiaire au regard foudroyant, la Veuve blanche. Bien évidement, rien ne se passera comme prévu et le héros devra se faire violence pour tirer son épingle du jeu. Pour y parvenir, il tirera plus souvent qu’à son tour. Les nombreuses courses poursuites, l’escalade des toits et autres affrontements corps à corps permettent de (re)voir Paris. La ville lumière et ses joyaux apportent leur lot de douceurs au milieu de cette violence qui, avouons-le, vire parfois au sommaire, voir au primaire.

Le dénouement se passe toutefois dans un tout autre décor, dans une région non moins magnifique, mais bien plus isolée. Le calme avant la tempête. Le Cachemire, région montagneuse du sous-continent indien. C’est ici que se joue l’avenir de l’humanité, rien de moins. Ethan et sa fine équipe parviendront-ils à remettre la main sur le magot égaré ? Ou Solomon Lane parviendra-t-il à prendre sa revanche ? A vous de le découvrir…

Ecrire à l’auteur : nicolas.jutzet@lereregardlibre.com

Crédit photo : © Paramount Pictures

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