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« The Florida Project », un contraste entre la joie des enfants et la réalité sociale américaine

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Je vois quand les adultes ont envie de pleurer. »

C’est l’été. Moonee et Scooty, deux enfants espiègles, courent, s’appellent de loin en criant et rient de bon cœur. Ils vivent au Magic Castle Motel, à proximité du Disney World en Floride. Le décor donne plutôt à rêver : le ciel est bleu, les bâtiments pastel. Mais voici que les enfants commencent à parler et surgit une vulgarité aussi drôle qu’étonnante. Les « fuck » rythment les phrases de la petite fille de six ans, et son ami ne semble point troublé à la suivre dans ce langage. Ils aperçoivent une voiture bleue au Futureland, le motel voisin. L’occasion est idéale pour faire comprendre au nouveau locataire que les enfants veulent s’amuser, sans limites. Ils crachent aux gros mollards sur l’auto.

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Western et mélancolie : « Lucky »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Jamais aucun film n’avait réussi à capter cette atmosphère-là. En un tour de force admirable, John Carroll Lynch signe un long-métrage qui restera comme la première trace d’un nouveau genre, mais aussi la dernière. Lucky est une œuvre complète et réunit tous les ingrédients pour allier western et mélancolie. Notre article grand format.

Lucky est la première réalisation de John Carroll Lynch, un acteur déjà confirmé dans le cinéma américain, qui a tourné auprès des plus grands, à l’instar de Clint Eastwood. Avec ce premier long-métrage s’inscrivant dans le cinéma indépendant, Lynch s’empare d’un genre qu’il est tant difficile de renouveler, défi qu’il relève néanmoins avec succès : le western.

Il y a un fait qu’on ne peut pas négliger. L’acteur nonagénaire se trouvant au centre de Lucky, portant d’ailleurs le même nom, qui est son sujet comme son objet, est décédé le 15 septembre, entre la fin du tournage et la sortie du film. Moi-même, je ne le savais pas au moment de la projection. Mais à l’écriture de cette critique, cette dimension funèbre prend tout son sens et son importance, car nous avons bien affaire à un film hommage. Lire la suite Western et mélancolie : « Lucky »

Kurdistan irakien, l’indépendance impossible

Regard sur l’actualité – Clément Guntern

Le 25 septembre dernier, le Kurdistan irakien organisait un référendum sur une indépendance éventuelle vis-à-vis de l’Etat irakien. Le résultat du vote s’annonçait joué d’avance tant on connaît la volonté du peuple kurde de vivre sous ses propres lois, bien que la région jouisse d’une grande autonomie depuis l’entrée en vigueur de la constitution de 2005. Ce vote, du point de vue kurde, n’est que l’aboutissement logique des événements qui ont suivi la montée de l’organisation « Etat islamique » en Irak et en Syrie et contre laquelle les forces kurdes ont activement mené de violents combats.

Le Kurdistan irakien et ses combattants peshmergas se sont battus aux côtés du gouvernement fédéral ainsi que de la coalition menée par les Etats-Unis et ont réussi à repousser les forces islamistes hors d’Irak au prix de nombreuses victimes. Après avoir été l’une des pièces maîtresses de la libération du pays et s’être considérablement renforcé en tant que région, le Kurdistan irakien, par son président, a trouvé assez de légitimité pour lancer un référendum sur l’indépendance. C’était sans compter sur les jeux entre puissances au Proche et Moyen-Orient. En effet, tous les pays de la région, de même que les Occidentaux et la Russie, se sont opposés à ce vote pour des motifs différents. Pourtant, le scrutin a eu lieu et Bagdad a immédiatement pris des mesures contre la région autonome, tout en ne fermant pas la porte à des discussions. Lire la suite Kurdistan irakien, l’indépendance impossible

La Chine, première puissance mondiale

Le Regard Libre N° 31 – Clément Guntern

Depuis une dizaine d’années, la croissance chinoise ininterrompue a fait émerger le pays sur la scène internationale. A tel point que la Chine a dépassé partiellement les États-Unis. Ce changement dans le rang des puissances va-t-il avoir des conséquences ?

La transition de pouvoir décrit un phénomène récurrent dans l’Histoire : la puissance d’un pays augmente, ce qui fait accroître ses prétentions territoriales, militaires et économiques. Face à cette menace montante, le pays le plus puissant se sentira menacé et entrera en conflit avec son rival. La description de ce mécanisme date de l’Antiquité, notamment de Thucydide dans La Guerre du Péloponnèse affirmant que la puissance montante d’Athènes devait s’opposer à celle bien établie de Sparte dans une guerre. Ainsi, au terme de la guerre, soit la puissance montante est remise dans son rôle de seconde puissance, soit elle prend à son tour le rôle d’hégémon.

L’autre exemple classique de cette théorie est l’Empire allemand fraîchement réunifié par Bismarck. Celui-ci montait et s’opposait de plus en plus à la puissance britannique par une grande croissance économique et militaire ainsi que de plus en plus de revendications territoriales. La tension en Europe a dû être résolue par la Première Guerre mondiale. Cette conception a été reprise par le mouvement réaliste dans les relations internationales, qui n’explique les interactions étatiques que par des rapports de pouvoir. Lire la suite La Chine, première puissance mondiale

Charlottesville : et si Donald Trump avait raison ?

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

Le 12 août dernier, en Virginie, une femme de 32 ans est décédée après avoir été renversée par une voiture fonçant volontairement dans la foule de manifestants anti-racistes parmi lesquels elle se trouvait. Ce groupe était venu montrer son opposition au rassemblement de plusieurs organismes de la droite dure américaine, dont les néonazis, les suprématistes blancs et le Ku Klux Klan.

Ces derniers s’étaient donné rendez-vous pour manifester contre le projet de démontage d’une statue à Charlottesville : celle d’un général sudiste défendant l’esclavage de la Guerre de Sécession. Que l’on soutienne ou pas la présence d’une telle statue, l’action de ces groupuscules n’avait rien d’illégal, pas même le port de leurs armes, permis en Virginie. Ce qu’il y a d’inacceptable, c’est leur violence, qui a mené à la mort de cette femme.

Une réaction trumpienne qui scandalise

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Washington, Pyongyang et le téléphone rouge

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

La tension est montée en un rien de temps. Après les lancés de missiles nord-coréens du 4, 8 et 28 juillet derniers, Donald Trump n’a pas laissé planer le doute quant à la posture qu’il comptait tenir face à Kim Jong-un. Il a promis mardi à son ennemi, dans un élan d’improviste, « un feu et une fureur que le monde n’a jamais vus jusqu’à présent ». Ce point culminant des appels belliqueux ne fut pas sans rappeler la rhétorique de Harry Truman en 1945, déclarant aux Japonais qu’allait s’abattre sur eux « une pluie de destruction venant des airs comme on n’en a jamais vue sur cette Terre ».

Subitement, le chef de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a menacé en premier lieu l’île de Guam. Toujours dans un registre apocalyptique, il a condamné ce territoire américain en proximité de la péninsule à être « enveloppé par le feu ». Concernant les USA, sans trop de surprise de vocabulaire, ils deviendraient « un océan de feu ». C’est là tout l’enjeu des missiles intercontinentaux.

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« Le Cercle », un mauvais scénario pour une bonne thématique

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 7 août 2017, 20h30 – 21h00

Mae (la belle Emma Watson) vie une existence plutôt malheureuse. Son travail d’opératrice de « call center » dans une compagnie d’assurances se joint à la pitié qu’elle a pour son père atteint de scléroses en plaque. Tout s’illumine soudain lorsqu’une amie lui décroche un entretien pour un poste au sein d’une grande multinationale. Elle se fait embaucher.

Commence alors un flot de scènes montrant l’étendue du campus, l’ambiance et les codes qui y règnent. Mae découvre le charisme de Bailey (Tom Hanks), le directeur de The Circle, et se prend au jeu de la communauté, jusqu’à devenir la cobaye la plus dévouée de l’entreprise. Mais les velléités apparemment démocratiques de ce géant américain de la technologie tournent bientôt au cauchemar totalitaire. Lire la suite « Le Cercle », un mauvais scénario pour une bonne thématique