Archives par mot-clé : violence

« The Dark » : lorsque l’horreur guérit d’elle-même

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Hélène Lavoyer

Pour son premier long-métrage, Justin P. Lange nous emmène dans les bois maudits de Devil’s Den (« La tanière du diable »), où réside un monstre. The Dark est une épopée morbide du processus de guérison, touchant à des thèmes d’une réalité que l’on ne peut ignorer.

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« Number 37 » : beaucoup de sang pour pas grand-chose

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Hélène Lavoyer

Hier matin matin était projeté au NIFFF le (très) long-métrage Number 37. Un thriller inspiré du Rear Window qui avait valu à son réalisateur, Alfred Hitchcock, quatre nominations aux Oscars. Dans cette version produite par Benjamin Overmeyer et Bradley Joshua, le cadre migre en Afrique du Sud dans un quartier pauvre où la seule loi valide est celle du plus violent, ou du plus chanceux.

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« Death Wish » ne nous aura donné envie de rien

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

«  – Qui êtes-vous ?

– Ton dernier client. »

Paul Keersey (Bruce Willis) est chirurgien urgentiste à Boston. Vivant entre le rythme effréné des opérations et l’harmonie de sa vie de famille aux côtés de sa femme et de sa fille, il mène une vie privilégiée, contrastant fortement avec celles des gangsters et autres miséreux de la ville. Repéré par le voiturier d’un restaurant qui photographiera son adresse afin de le cambrioler, celui qui s’est éloigné du déterminisme social dans lequel aurait pu le plonger la relation malsaine qu’il entretenait avec son père se voit un jour démuni.

Sa femme et sa fille sont agressée lors du vol organisé par le fameux voiturier, alors qu’il avait du se rendre précipitamment à l’hôpital. La première décèdera et la seconde restera plongée dans un profond coma, chaque jour amoindrissant un peu plus ses chances de survie. Seul face au deuil, hanté par l’inquiétude et la colère, il ne trouvera le sommeil que le jour où il se retrouve de façon impromptue au milieu d’une scène de vol de voiture. Sans sourciller, il utilise pour la première fois l’arme récupérée sur l’un de ses patients et assassine l’un des malfrats. Continuer la lecture de « Death Wish » ne nous aura donné envie de rien

« Seule la terre », ou l’homosexualité dans un contexte paysan

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Johnny (Josh O’Connor) est fils de fermiers, dans le Yorkshire. Tout repose sur lui à présent, son père n’arrivant plus à se déplacer convenablement. S’occuper d’une ferme sous les reproches du paternel et sans vraiment de reconnaissance, ce n’est pas la joie. De plus, les amis de Johnny sont partis pour faire des études ; il est le seul à être resté au village. L’arrivée à la ferme d’un saisonnier roumain (Alec Secareanu) va alors tout chambouler. Continuer la lecture de « Seule la terre », ou l’homosexualité dans un contexte paysan

Le monde va-t-il aussi mal qu’on le pense ?

Le Regard Libre N° 33 – Clément Guntern

Il existe chez l’homme actuel une propension à penser que le monde, la société dans laquelle il vit, va au plus mal. Ce qu’il voit autour de lui ne le laisse guère accepter le contraire ; les guerres, les famines et la violence sont omniprésentes.

Il n’est pas nécessaire d’aller au bistrot pour l’entendre. Ce discours, si répandu dans les médias ou en politique, dépeint un monde empli de dangers et de catastrophes. Des intellectuels se mêlent aussi au concert des alarmistes se lamentant sur le monde dans lequel nous vivons. Des personnalité dont nous attendrions d’avoir la capacité d’analyser les problèmes contemporains se laissent dicter leurs propos par les sentiments du moment, tel l’ancien chef d’état-major des armées des États-Unis qui parlait il y a trois ans d’un monde qui n’avait « jamais été aussi dangereux qu’aujourd’hui ».

Peut-on effectivement dire que notre Terre n’a jamais si mal tourné ? Nous allons tenter d’apporter quelques éléments de réponse à cette grande question, en observant à cette fin quelques facteurs-clés sur l’état du monde. Nous nous baserons sur plusieurs mesures telles que les guerres, la pauvreté, la démocratie ou la violence, pour dresser un bilan sommaire de notre époque.

Nous n’avons jamais eu si peu de violence

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« Jigsaw » – Le tueur au puzzle serait-il de retour ?

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

La saga Saw continue. Après le septième volet de la sangolinante série de films, pourtant sous-titré « Chapitre final », voilà qu’éclôt sur les écrans un huitième épisode, basé sur le méchant de l’histoire… pourtant mort il y a dix ans. Contre toute attente, Jigsaw, le tueur au puzzle, semble être de retour, à en juger par sa voix que la police détecte dans de nouveaux enregistrements audio et par son sang que les scientifiques retrouvent sur une victime.

Voilà la trame d’un film qui n’a rien perdu du voyeurisme gore de ses grands frères. Une boucherie perpétuelle, mais variée dans ses modes de faire. C’est ce à quoi doit s’attendre le spectateur qui n’aurait pas assisté à ce phénomène du cinéma d’horreur de 2004 à 2010. Tués par balle, brûlés par l’acide, déchiquetés par des scies ou pendus, les participants au nouveau « jeu » de Jigsaw (ou de son successeur) sont voués aux pires ignominies, pourtant préparées avec talent et minutie.

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« Ça », un film sur la peur

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 2 octobre 2017, 20h30 – 21h00

« Ça connaît toutes les peurs et ça nous les montre. »

Après-midi de pluie sur la petite ville de Derry. Un doigt trace un sourire sur la vitre embuée ; une main s’applique à un minutieux pliage. Georgie a demandé à son grand frère Bill de lui fabriquer une frégate en papier. Maman joue du piano au salon. Vêtu d’un anorak jaune, Georgie sort, seul, pour courir après son jouet flottant. La musique mignonette se mêle au rire enthousiaste.

Après une chute, l’enfant remarque que son bateau glisse dans une bouche d’égout. Désespéré, il se précipite vers le trou du malheur. « Moi, je m’appelle Grippe-Sou, le clown dansant », annoncent d’un rauquement les yeux bleus cachés dans le noir sous-terrain. Quelques mots sont échangés entre Georgie et sa mystérieuse rencontre. Et lorsqu’il tend le bras pour récupérer la frégate, le voilà aussitôt agressé et traîné par le clown dans l’égout. Il ne reste qu’une flaque de sang sous les gouttes violentes de la tempête.

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Gérald de Palmas : histoire d’un style

Le Regard Libre N° 29 – Jonas Follonier

A quarante-neuf ans, l’auteur-compositeur-interprète se place parmi les vedettes de la pop française de qualité. Actuellement en pleine tournée, durant laquelle il défend les titres de son dernier album, Gérald de Palmas cultive un véritable style musical.

Une substantifique pop rock, un son légèrement urbain, des guitares omniprésentes, une voix nasillarde mais harmonieuse : nous avons affaire à du de Palmas. Plus que quiconque dans la vague des chanteurs français de sa génération, Gérald Gardrinier – on comprend qu’il ait choisi un nom de scène, emprunté à sa grand-mère maternelle – possède ce qu’on appelle une « patte ». Une patte que l’on reconnaît aussitôt à l’écoute d’un de ses morceaux. Continuer la lecture de Gérald de Palmas : histoire d’un style

« Wonder Woman»

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 3 juillet 2017, 20h30 – 21h00

« Tu as été mon plus grand amour ; aujourd’hui tu es mon plus grand désespoir. »

Diana (Gal Gadot), princesse de Themiscyra, court à travers une île peuplée uniquement de femmes charmantes, fortes et sveltes. Enfant déjà, elle rêve de se battre comme toutes les autres Amazones. Sa mère, la reine Hyppolite, s’y oppose. Cette petite, née de l’argile et du souffle de Zeus, ne doit pas être mêlée au monde de la guerre, dont les hommes sont responsables à cause d’Arès.

En conscience toutefois du danger que court la tribu de femmes entourée d’un monde perverti, Antiope, sœur de la reine, entraîne sa nièce plus durement que les autres guerrières. Diana a grandi tout en merveille. Elle aperçoit un jour un avion s’effondrer en mer. Habile, elle plonge au secours du pilote. Un espion américain.

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« Tu ne tueras point »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« En temps de paix, les fils enterrent leurs pères.
En temps de guerre, les pères enterrent leurs fils. »

La guerre. Des flammes aux cadavres, jusqu’aux cris éteints des soldats sans lendemain. Tu ne tueras point, c’est le champ de bataille, mais aussi le déchirement des familles et l’alcoolisme des traumatismes.

Desmond T. Doss (Andrew Garfield) est un jeune Américain de Virginie. Fort engagé en paroisse, dévoué pour son village, il n’a qu’une boussole guidant les pas de son existence : celle du service. Alors que monde brûle et saigne dans ces interminables années quarante, il décide de s’offrir à l’armée des Etats-Unis. Seul problème : les armes. Le néo-soldat est objecteur de conscience par ses croyances et son passé. Une telle posture ne plaît ni à ses pairs, ni à ses supérieurs. « Le soldat Doss est objecteur de conscience. Ne comptez donc pas sur lui pour vous aider sur le champ de bataille. » Partir à la guerre sans fusil ? Contre les farouches Nippons ? Continuer la lecture de « Tu ne tueras point »