Archives par mot-clé : suicide

«A Couteaux tirés», comme un Cluedo

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Les preuves racontent parfois des histoires que la raison contredit.»

Au lendemain de son quatre-vingt-cinquième anniversaire, Harlan Thrombey (Christopher Plummer) est retrouvé mort dans sa chambre. Situation cocasse qui voit un auteur à succès de romans policiers devenir le protagoniste réel d’un meurtre mystérieux. Meurtre ou suicide? Telle est la question. Tel est le soupçon que la police et le détective Blanc (Daniel Craig) – qui a plus que jamais la classe! – doivent lever pour élucider cette enquête.

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Les chansons calmes de feu Nino Ferrer

Et la fichue mémoire sélective du public

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«Avec toutes mes sympathies»: un Renaudot de l’essai en recherche

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #2

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

On l’adore. Sa voix douce et son sens de la nuance illuminent nos dimanches soirs à l’écoute de l’émission radio Le Masque et la Plume sur France Inter. Olivia de Lamberterie, une critique littéraire de renom qui prend la plume pour écrire à son tour. Pas un roman, mais un essai, recueil de souvenirs et de pensées, qui raconte le suicide de son frère Alex, le 14 octobre 2015 à Montréal.

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« Trois visages », quand les mots simples d’un paysan iranien mènent au prix du scénario à Cannes

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Et si c’était un canular, Monsieur Panahi ? »

Une vidéo amateur est adressée à l’actrice Behnaz Jafari, dans son propre rôle. « Bonjour Madame Jafari, je suis Marziyeh », salue la jeune fille qui se filme en selfie. Elle annonce ensuite gravement qu’elle est sur le point de se suicider parce que sa famille l’empêche de devenir actrice. Celle qui, pour le coup, est actrice reçoit ces images l’interpellant et vit la panique. Elle se sent responsable, d’autant plus si Marziyeh s’est vraiment donné la mort. Elle part donc contrôler sur place ce qu’il en est vraiment avec le réalisateur Jafar Panahi, lui aussi dans son propre rôle.

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Philosophie punk et renouveau d’un style

Le Regard Libre N° 37 – Hélène Lavoyer

A l’érosion du mouvement hippie qui avait déjà rejeté la société consumériste, les valeurs traditionnelles ainsi que les nombreux tabous et clôtures entre groupes sociaux, se dessine l’avènement d’un nouveau genre : le punk. Le mouvement qui naît à New York vers le milieu des années 1970 au travers de la scène musicale (The Ramones, Television, Suicide) se déploie ensuite au Royaume-Uni. Petite description de ce mouvement hors du temps et du monde.

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« After My Death », un drame noir profond

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Votre amie est de retour. »

Une étudiante coréenne a disparu. La police mène l’enquête. La mère est froide ; elle espère de manière irraisonnable mais légitime retrouver sa fille. Le père, quant à lui, a déjà perdu tout espoir. A l’école, les professeurs menés par le directeur ont peur pour la réputation de l’établissement. Les élèves, elles, vivent le choc en murmurant des petits secrets, cherchant à trouver le bouc-émissaire sur lequel charger l’affaire. La fille finit par être retrouvée, en cadavre. Gonflé par le fleuve dans lequel la suicidaire s’est jetée. L’enquête continue ; les interrogatoires s’amplifient. Un amour lesbien caché est à l’origine du drame.

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« Normandie Nue »

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Curieusement, à la sortie du cinéma Studio de Neuchâtel, sous la pluie presque normande, piquante et froide, les mots du poète belge Emile Verhaeren clapotaient dans la tête comme un rayon de soleil poétique réchauffant la gouille triste de l’arrêt de bus :

« Je marche avec l’orgueil d’aimer l’air et la terre »

Essentiel, simple et direct comme les thèmes qu’aborde Philippe Le Guay dans Normandie Nue. Ce vers du poème Un matin colle parfaitement au propos du film. Il fait assurément écho à l’amour qu’ont les habitants du village de Mêle-sur-Sarthe pour leurs contrées. Celui que le réalisateur – aussi de l’excellente comédie Les femmes du 6ème étage – a filmé entourant de son baume François Cluzet, interprétant le maire du village. Parce que oui ! certains agriculteurs qui apparaissent à l’écran, à l’image de la famille Roguet, ne sont point acteurs et exercent quotidiennement, avec fierté, le plus vieux métier du monde. Oui, il y en a un deuxième. Cette présence de vrais paysans au milieu des acteurs est inédite.

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« La Passion Van Gogh », la première peinture animée de l’histoire du cinéma

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Pour la première fois dans l’histoire du cinéma, un film d’animation voit le jour sur la base de peintures, et non d’images. Des peintures produites à la main, se voulant le plus proche possible du style de Vincent Van Gogh. La Passion Van Gogh raconte l’histoire d’Armand Roulin, fils du facteur qui transmettait les nombreuses lettres du peintre. Le facteur a demandé à son fils de remettre la dernière lettre de Vincent, désormais mort, destinée à son frère, Theo Van Gogh.

Apprenant que ce dernier est lui aussi décédé, Armand Roulin va mener l’enquête sur la mort de l’artiste. Ce sont des personnages peints par Van Gogh lui-même qui se succèdent sur l’écran, pour le plus grand bonheur de l’esthète comme du cinéphile. Ensuite, c’est un travail colossal : plus de soixante mille peintures réalisées manuellement pour l’occasion, numérisées et animées par les technologies modernes, pour leur offrir un mouvement perpétuel. C’est tout l’univers de Van Gogh que nous retrouvons, les champs de blé, le village d’Anvers, la nuit étoilée, les corbeaux, l’ivrogne assoupi.

Quelques bémols

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« Dalida », le grand film biographique de la décennie

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Io ti chiedo, io ti prego
Un po’ d’amore, un po’ d’amore per me »

(« Je te le demande, je t’en prie
Un peu d’amour, un peu d’amour pour moi »)

Le texte de Pace sur la musique d’Hayward ouvre le grand film biographique de l’année, voire de la décennie. « Un peu d’amour », c’est ce qu’a demandé Dalida, toute sa vie durant.

Celle-ci, chacun la connaît approximativement. Iolanda Gigliotti est née au Caire en 1933 d’une famille de migrants italiens. En 1954, elle s’envole pour Paris. D’un cabaret à l’autre, elle est rapidement repérée, jusqu’à atterrir sur la scène de l’Olympia en 1956. Une légende est née. Les succès s’accumulent, le cœur s’émerveille connaissant l’approche d’un premier amour. D’un deuxième amour. D’un troisième amour. Et ainsi de suite. Etoile de la chanson, elle est profondément malheureuse. Ses amants passent et se meurent dans l’abîme d’un passé regretté. En 1987, Dalida se suicide ne supportant plus sa vie tragique. Continuer la lecture de « Dalida », le grand film biographique de la décennie

Exit, un joyeux suicide

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

Il y a aujourd’hui dix nuits de cela, Monsieur « O. » se donnait la mort, dans la solitude de son domicile. Il se sentait « fatigué de vivre », disait-il. Le suicide est sombre et dramatique. Il n’est rien de plus horrible que de perdre son corps en le regardant ridé et marqué d’une vie qui n’a encore jamais cessé. C’est toujours la première fois que l’on meurt. Assister au dernier instant de l’existence, sa propre existence, donne le frisson de la nouveauté, de la grandeur, de la fin. L’ultime frisson : inutile, oublié, mort.

Monsieur O. fut toutefois victime. Ses hostiles frères, Bernard et Claude, ainsi que l’injuste justice genevoise s’étaient opposés à son envie de partir paisiblement. Alors même que l’association Exit avait proposé la solution idéale : un joyeux suicide accompagné. Qu’y avait-il de mal à respecter le choix individuel d’un homme simple et normal ? On en appelle sans cesse à la très sainte liberté pour mener une vie heureuse. Dès qu’il s’agit cependant d’expirer, une bonne fois pour toutes, le souffle des douleurs et du mal-être, la liberté n’est plus prise en considération. Pis encore lorsqu’une telle corruption prend sa source tragique au sein de la justice et de la famille. Apparaît là un second suicide, celui de la compassion. Continuer la lecture de Exit, un joyeux suicide