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« La Passion Van Gogh », la première peinture animée de l’histoire du cinéma

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Pour la première fois dans l’histoire du cinéma, un film d’animation voit le jour sur la base de peintures, et non d’images. Des peintures produites à la main, se voulant le plus proche possible du style de Vincent Van Gogh. La Passion Van Gogh raconte l’histoire d’Armand Roulin, fils du facteur qui transmettait les nombreuses lettres du peintre. Le facteur a demandé à son fils de remettre la dernière lettre de Vincent, désormais mort, destinée à son frère, Theo Van Gogh.

Apprenant que ce dernier est lui aussi décédé, Armand Roulin va mener l’enquête sur la mort de l’artiste. Ce sont des personnages peints par Van Gogh lui-même qui se succèdent sur l’écran, pour le plus grand bonheur de l’esthète comme du cinéphile. Ensuite, c’est un travail colossal : plus de soixante mille peintures réalisées manuellement pour l’occasion, numérisées et animées par les technologies modernes, pour leur offrir un mouvement perpétuel. C’est tout l’univers de Van Gogh que nous retrouvons, les champs de blé, le village d’Anvers, la nuit étoilée, les corbeaux, l’ivrogne assoupi.

Quelques bémols

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« Dalida », le grand film biographique de la décennie

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Io ti chiedo, io ti prego
Un po’ d’amore, un po’ d’amore per me »

(« Je te le demande, je t’en prie
Un peu d’amour, un peu d’amour pour moi »)

Le texte de Pace sur la musique d’Hayward ouvre le grand film biographique de l’année, voire de la décennie. « Un peu d’amour », c’est ce qu’a demandé Dalida, toute sa vie durant.

Celle-ci, chacun la connaît approximativement. Iolanda Gigliotti est née au Caire en 1933 d’une famille de migrants italiens. En 1954, elle s’envole pour Paris. D’un cabaret à l’autre, elle est rapidement repérée, jusqu’à atterrir sur la scène de l’Olympia en 1956. Une légende est née. Les succès s’accumulent, le cœur s’émerveille connaissant l’approche d’un premier amour. D’un deuxième amour. D’un troisième amour. Et ainsi de suite. Etoile de la chanson, elle est profondément malheureuse. Ses amants passent et se meurent dans l’abîme d’un passé regretté. En 1987, Dalida se suicide ne supportant plus sa vie tragique. Lire la suite « Dalida », le grand film biographique de la décennie

Exit, un joyeux suicide

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

Il y a aujourd’hui dix nuits de cela, Monsieur « O. » se donnait la mort, dans la solitude de son domicile. Il se sentait « fatigué de vivre », disait-il. Le suicide est sombre et dramatique. Il n’est rien de plus horrible que de perdre son corps en le regardant ridé et marqué d’une vie qui n’a encore jamais cessé. C’est toujours la première fois que l’on meurt. Assister au dernier instant de l’existence, sa propre existence, donne le frisson de la nouveauté, de la grandeur, de la fin. L’ultime frisson : inutile, oublié, mort.

Monsieur O. fut toutefois victime. Ses hostiles frères, Bernard et Claude, ainsi que l’injuste justice genevoise s’étaient opposés à son envie de partir paisiblement. Alors même que l’association Exit avait proposé la solution idéale : un joyeux suicide accompagné. Qu’y avait-il de mal à respecter le choix individuel d’un homme simple et normal ? On en appelle sans cesse à la très sainte liberté pour mener une vie heureuse. Dès qu’il s’agit cependant d’expirer, une bonne fois pour toutes, le souffle des douleurs et du mal-être, la liberté n’est plus prise en considération. Pis encore lorsqu’une telle corruption prend sa source tragique au sein de la justice et de la famille. Apparaît là un second suicide, celui de la compassion. Lire la suite Exit, un joyeux suicide

Albert Camus, ou la tragédie du bonheur

Le Regard Libre N° 10 – SoΦiamica

« Le bonheur après tout, est une activité originale aujourd’hui. La preuve est qu’on a tendance à se cacher pour l’exercer. Pour le bonheur aujourd’hui c’est comme pour le crime de droit commun : n’avouez jamais. Ne dites pas, comme ça, sans penser à mal, ingénument : « Je suis heureux ». Car aussitôt, vous verriez autour de vous, sur des lèvres retroussées, votre condamnation : « Ah ! vous êtes heureux, mon garçon ? Et que faites-vous des orphelins du Cachemire, ou des lépreux de la Nouvelle-Zélande, qui ne sont pas heureux, eux ? » Et aussitôt, nous voilà tristes comme des cure-dents. Pourtant moi, j’ai plutôt l’impression qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur. »

Albert Camus

La philosophie de Camus est très proche de l’existence qu’il mena. Il naît en 1913 à Mondovi (Algérie) d’une famille pauvre et analphabète ; les siens déménagent très tôt à Alger (suite au décès du père, à la guerre) et permettent ainsi la rencontre du petit Camus et de l’instituteur Louis Germain, qui verra du talent en lui et convaincra sa famille à l’inscrire au lycée malgré leur pauvreté. Sa première lutte sera celle du langage : il s’est voulu le porte-parole de tous ceux qui, démunis ou n’ayant pas pu aller à l’école, ne pouvaient pas parler. Il découvrira à la même période les inégalités dues à la pauvreté, et étonnement le football pour les contrer ! Gardien de but, on le décrira comme « solitaire dans sa cage, mais solidaire dans l’équipe ». Il se lance plus tard dans des études de philosophie.

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« L’adversaire »

Le Regard Libre N° 9 – Loris S. Musumeci

« Qu’il ne joue pas la comédie pour les autres, j’en suis sûr, mais est-ce que le menteur qui est en lui ne la lui joue pas ? Quand le Christ vient dans son cœur, quand la certitude d’être aimé malgré tout fait couler sur ces joues des larmes de joie, est-ce que ce n’est pas encore l’Adversaire qui le trompe ?
J’ai pensé qu’écrire cette histoire ne pouvait être qu’un crime ou une prière.
Paris, janvier 1999 »

Jean-Claude Romand : Père de famille idéal, fils consciencieux, grand médecin à succès… et menteur, assassin, fou.

Son histoire est celle d’un homme banal, qui pendant dix-huit ans a menti sur tout à tout le monde. Et tout éclate le 9 janvier 1993, lorsqu’il tue sa femme, ses enfants, ses parents et tente, sans succès, de se suicider. On découvre alors qu’il n’était pas médecin à l’OMS comme il le prétendait. Il n’était rien. Durant toutes ces années, sans l’ombre d’un doute, sa famille, ses amis le crurent dans ce mensonge d’une vie, mais au moment où la vérité s’apprêta à déchirer le voile de l’imposture pour ressurgir à la lumière, Jean-Claude Romand ne trouva d’autre issue que d’assassiner « ceux qu’il aimait », ceux qui eussent été meurtris par cette vérité étouffée, si vieille et nouvelle à la fois. Lire la suite « L’adversaire »